Normandie 2006 Chantilly
                                                                                                          Samedi 09 juillet 
 
 Aujourd'hui, nous prenons la route pour Chantilly. Cigalon traverse d'abord une région de cultures, le Valois, avant d'aborder une région boisée. 
 
Le château tel qu'il nous apparaît aujourd'hui est le fruit des transformations opérées par Anne de Montmorency, connétable de François Ier. Il a transformé le bâtiment existant au sommet d'un piton rocheux en véritable château Renaissance. Il fait ériger par Jean Bullant tout d'abord un petit château vers 1560 dans un style de gothique tardif.
La dynastie des Condés agrandit le domaine, fait aménager les jardins par Le Nôtre puis construire les grandes écuries. Héritier du dernier Condé, le Duc d’Aumale Henri d'Orléans (fils de Louis Philippe) réaménage le château et l'agrandit pour y installer ses collections de tableaux, livres, mobilier. À sa mort en 1897, sans héritier, il lègue le domaine à l'Institut de France.
Nous débutons par les grandes écuries. Édifié au XVIIIème siècle par Louis-Henri d’Orléans, 7ème prince de Condé, c'est un véritable palais pour les chevaux.
La famille d'Orléans crée l'hippodrome en 1834.
Actuellement les grandes écuries abritent encore 32 chevaux, 10 poneys, 3 ânes. 1000 fers sont posés par an, 40 kg de fumier par cheval par jour sont ôtés, 4kg de foin, 6 litres de granules, 50 litres d'eau sont nécessaires quotidiennement par cheval.
Les grandes écuries abritent aussi le musée du cheval inauguré en 2013 et que nous visitons d'autant plus volontiers que les 15 salles qui le composent sont disposées tout autour de la cour des remises, abritant à l'origine calèches et carrosses, et nous permettent d'être à l’ombre !
Entrons dans le musée
Charrette sicilienne de 1857 
La tradition de peintre les charrettes en Sicile est apparu au XIXème siècle. Les charrettes de couleur rouge sont souvent ornées de scènes de guerre
Coupes en cristal
L'exposition se termine par des chevaux de carrousel en bois peint. Destinés aux enfants, ils ont existé sous diverses formes depuis l’époque byzantine (environ 500 av JC) et sont actionnés par des ânes ou des chevaux.
Lapin de carrousel, bois sculpté et peint, environ 1905, manufacture de Willie Dentze
Girafe en bois sculpté et peint, vers 1900, manufacture de Willie
Zèbre avec des têtes de singe sculptées dans la selle, bois sculpté et peint environ 1900, E. Joy Morris Caroussel compagny 
Petite balade au manège
Voiture-wagonnette Moët et Chandon (environ 1890)
Landau royal peint aux armes de la famille Wittelsbach, fin du XIXème siècle
Brougham, vers 1880
À 14h30, nous assistons à une démonstration de dressage dans la cour des chenils. C'est ici que logeaient les meutes de chiens. 
Après la démonstration sans grand intérêt à nos yeux, il est temps de découvrir le château.
La visite débute par les grands appartements privés de Condé au XVIIIème siècle. Les petits appartements, habités par le Duc d’Aumale, se visitent uniquement avec un guide. 
 
L'antichambre du XIXème siècle évoque le décor de Chantilly au XVIIIème siècle comme le meuble minéralogique de Haupt fabriqué dans différents bois et offert en 1774 par Gustave III, roi de Suède, au prince de Condé pour le cabinet d’histoire naturelle de Chantilly.
La salle des gardes datant de la même période a été construite pour relier le grand château à l’ancien petit château. Elle est consacrée aux souvenirs militaires des différents propriétaires. Au dessus de la cheminée, une mosaïque antique représentant L’Enlèvement d’Europe métamorphosé en taureau, provient de la région de Pompéi.
Dans la chambre de Monsieur le Prince, les boiseries blanc et or ont été réalisées vers 1720 pour Louis-Henri, duc de Bourbon, prince de Condé (1692- 1740), ministre de Louis XV et à l’origine des Grandes écuries. 
Le mobilier ayant disparu à la Révolution, le Duc d’Aumale la fit décorer après 1876 avec du mobilier du XVIIIème siècle.
Pendule d’époque Louis XIV - Bureau plat,début du XVIIIème -Grande commode en marqueterie. 
 
C’est dans le grand cabinet qu’au XVIIIème siècle, le duc de Bourbon recevait les audiences. De son bureau, il pouvait voir les Grandes Écuries. 

La grande singerie résulte du goût pour les décors asiatiques qui se développe aux XVII/XVIIIème siècles sous Louis XIV et Louis V. Le décor permettait de railler ses contemporains représentés sous les traits de singes. Le décor représente les 4 parties du monde et les 5 sens.
Le grand Condé a commandé à Sauveur le Conte, une série de 11 toiles représentant ses principales actions militaires. Ces toiles sont installées dans la galerie des batailles. Il mourut en 1686 sans les avoir vu toutes 
en place.
Portrait du grand condé
Sur la cheminée, biscuit et terre cuite du Grand Condé à la bataille de Fribourg (1644), lançant son bâton de maréchal au-delà des lignes ennemies pour inciter ses troupes à aller le rechercher.  
Le salon de musique porte ce nom à cause de la grande harpe anglaise su XIXème qui aurait appartenu à la duchesse d’Aumale, épouse du duc mais c’était au XVIIIème siècle un cabinet de physique contenant de nombreux instruments scientifiques.
Le cabinet des livres a été aménagé en 1876/77 pour accueillir les 130 000 volumes du duc d’Aumale dont 15 000 manuscrits.
Au fond de la chapelle dédiée à St-Louis se trouve un monument érigé en mémoire du prince Henri II de Condé, commandé en 1648 pr le grand-Condé au sculpteur Jacques Sarazin pour l’église St-Paul-St-Louis de Paris dans le but d’abriter le coeur de son père.
Dans la colonne portant l’urne sont conservés les coeurs des princes de la maison de Condé. Le dernier coeur est celui du fils aîné du Duc d’Aumale, Louis d’Orléans, prince de Condé, mort à 21 ans en 1866 à Sidney. 
A gauche de la colonne, La Prudence en Minerve tenant une lance où s’enroule un serpent, recevant le coeur d’un enfant symbolisant l’amour divin. A droite, la religion, tenant un coeur, avec un enfant en pleurs et une cigogne.
Nous passons rapidement dans la Galerie de Peinture conçue par le duc d’Aumale pour émerveiller ses hôtes par la richesse des 85 œuvres exposées et l’accrochage typique de son époque.  
Conformément à son testament, la présentation des œuvres n’a pas été modifiée. 
A l’extrémité de la galerie, se trouve une Rotonde qui présente les chefs-d’œuvre de la Renaissance italienne, avec notamment la Madone de Lorette de Raphaël et la Simonetta Vespucci de Piero di Cosimo.
Ce n'est pas notre période picturale préférée mais surtout nous sommes cuits par notre promenade aux écuries  
Un dernier regard sur le bel escalier qui mène à la sortie.
Nous écourtons d'ailleurs notre balade dans les jardins très peu fleuris. Il fait trop chaud.
Nous retournons au camping-car où Douchka une fois de plus nous attend sagement.