Lundi 19 juillet
La nuit a été aussi calme que d’habitude mais ce matin, il fait gris. Quelques photos à travers le pare-brise.
Nous consultons notre guide pour définir nos prochaines étapes. Ce sera dans un premier temps Saeby.
Nous nous garons au port de plaisance. Les places ne manquent pas. Nous avons remarqué que les Danois ne se déplacent pas tellement le matin. On les voit « émerger » sur les coups de 13H.
Statue Fru Fra Haven (Dame de la mer), créée en 2001 par la sculptrice norvégienne Marit Benthe Norheim pour commémorer ainsi un bref passage d’Henrik Ibsen à Saeby en 1887.
La sculpture fait référence au personnage principal de la pièce de théâtre «La Dame de la mer».
La statue a deux visages, l’un regardant vers la mer, l’autre vers la terre.
Les céramiques incrustées dans la pierre et ornant la cape ont été imaginées par les enfants et les jeunes de Saeby à qui l’on avait demandé de réfléchir à une situation dangereuse et de fabriquer leurs propres symboles de protection en céramique et en verre.
Depuis le port, nous rejoignons rapidement l’Ulgade bordée de coquettes maisons basses du début du XVIIIème siècle. Certaines sont adorables avec leurs roses trémières.
Les unes sont peintes dans la couleur ocre typique de cette côte du nord est, d’autres sont des maisons à colombages, d’autres enfin sont construites en briquettes rouges.
L'église de Sæby, construite en 1450, a d'abord été l’église paroissiale du lieu, dédiée à la Vierge Marie. A la fin du XVème siècle, elle devient la chapelle d’un couvent de carmélites. De l’extérieur, avec sa couleur blanche, elle ressemble à toutes les autres églises danoises.
Mais l’intérieur est différent ! En s’intégrant au monastère, l’église s’est alors embellie et agrandie. La nef s’est allongée vers l’Est et un nouveau chœur s’est construit, la voûte s’est élevée et devient une voûte à croisées d’ogives.
On peut avoir un aperçu de la hauteur de la précédente voûte grâce à une fresque située sur le mur nord qui date d’avant la transformation de l’église paroissiale en abbatiale.
Le transept et le clocher furent également ajoutés à cette époque, l’église étant achevée autour de 1520.
Les murs et le plafond sont recouverts de nombreuses fresques représentant des passages de l'Ancien et du Nouveau testament. Peu de temps après l’achèvement des transformations de l’église, en 1536, le Danemark adopte la Réforme et les monastères sont fermés. Outre l’église qui est conservée, les bâtiments du monastère de Sæby sont détruits. Les fresques, alors recouvertes, n’ont été remises au jour et restaurées qu’au début du XXème siècle (1905-1906).
La chaire, en bois peint, est magnifique.
Les stalles vieilles de 600 ans, en chêne foncé, sont curieusement marquées de dessins gravés. Les carmélites s’ennuyaient-elle durant les célébrations et passaient alors le temps en gravant le bois ? Les bancs sont ornés de miséricordes
Un retable surmonte le maître autel.
Belle tribune d’orgue avec des peintures représentant les 4 évangélistes.
Bateaux suspendus au plafond (n’oublions pas que nous sommes dans un port)
En ressortant, dans le narthex, je repère un miroir accroché au mur. Ce n’est pas la première fois que je vois cela. Cette fois le miroir est complété par un lavabo….
L’Ulgade mène tout droit à la zone piétonne.
Rien de bien particulier si ce n’est le monde qui s’y promène et les étals à l’extérieur des boutiques. A croire que le Danemark est «en soldes permanentes» !
Quelques maisons sont occupées par des artisans qui proposent de beaux objets de décoration. Il faut bien orner les tablettes de leurs fenêtres .…
Repérant une librairie, j’en profite pour acheter toutes les cartes postales qu’il nous faut. Un réel budget ... comparable à une nuit de camping ! Rien que 8,5 DK pour un timbre, c'est-à-dire 1,19 euros, c’est tout dire ! Mais tout est acheté et il ne reste plus qu’à les écrire avant de rentrer en France !
Nous revenons éreintés au camping-car. La promenade prévue d’une demi-heure s’est transformée en balade de plus de deux heures.
Pour déjeuner, nous déplaçons Cigalon sur l’arrière du parking, près de la digue. Un essai de connexion aboutit et je peux ainsi mettre en ligne le compte-rendu d’hier ainsi que les photos. Une bonne chose de faite ! Je suis à jour !
Nous prenons l’autoroute en direction du château de Voergård. Mais à notre arrivée, il est trop tard pour la visite qui ne peut être que guidée. Il faudra revenir demain. Autour du château se tient un marché médiéval et il y a énormément de monde.
Retour sur l’autoroute direction Nørresundby. C’est là que se trouve la plus ancienne nécropole du Danemark : Lindholm Højer qui se composait d'habitations, d'un cimetière et de champs cultivés.
Le site a été magnifiquement préservé par le sable qui l’a recouvert au Xème siècle. Les premières pierres ont été découvertes à la fin du XIXème siècle mais ce n’est qu’après la seconde guerre mondiale que les fouilles ont réellement commencé et ont laissé apparaître plus de 700 sépultures dont la plupart sont des tombes à crémations entourées de pierres. Leur forme dépendait du sexe du mort : des cercles, des triangles et même des bateaux vikings. Le site est en accès libre tandis que le musée est payant et qu’il ferme à 17H.
Les Danois ont installé sur le site un troupeau de moutons pour tondre l’herbe. « Voilà une idée qu’elle est bonne » surtout que ces petites bêtes ont l’air d’apprécier la présence des visiteurs et continuent inlassablement leur tâche.
Alors qu’il y a des campings à Aalboorg, nous décidons néanmoins de nous éloigner de la ville et de nous diriger vers le Limenfjorden, bras de mer peu profond (maximum 24 m), d’environ 180 km de long, qui sépare l'île de Vendsyssel-Thy du reste de la péninsule du Jutland. Nous avons été sur la rive opposée la semaine dernière.
Nous nous arrêtons à Nibe dans un camping bien occupé déjà. Il reste des emplacements au bord de l’eau et ce sera très bien. Il y a une piscine mais la température extérieure ne nous encourage guère à y aller. Par contre la wifi est bien utilisée durant la soirée et nous profitons d’un beau coucher de soleil.