Danemark été 2010
                                                                                                 Dimanche 4 juillet 
 
Le départ était prévu ce matin pour ne pas trop souffrir de la chaleur mais un incident avec la Boule, comprenez la C3 !, a retardé nos projets. La voisine, en faisant une marche arrière a embouti tout le côté gauche et la voiture est bonne pour un stage chez le carrossier ! Pas grave mais des désagréments en prévision... 
Nous partons donc après le repas de midi. 
L’autoroute allemande est bien chargée et nous avalons les kilomètres les uns après les autres jusqu’à Bad Herzfeld où nous avons repéré une aire de service. Nous venons de faire 370 km et sommes dans la région de la Hesse. 
Située en face de la piscine, l’aire offre une vingtaine de places. Le paiement de la nuitée s’effectue dans le parc voisin mais à notre arrivée, il n’y a plus personne. Tant pis … 
Petite promenade aux alentours avant de revenir dîner à l’extérieur du CC. La chaleur faiblit agréablement. 
Au moment de nous coucher, nous assistons au retour d’une horde de jeunes répartis dans deux cars. Retour aussi bruyant que festif ! 
La nuit, fraîche, est calme. 
 
                                                                                                    Lundi 5 juillet 
 
Le réveil est matinal. Dès 6h, des jardiniers viennent débroussailler les abords de la piscine. Pour une grasse matinée, c’est loupé mais nous somnolons néanmoins jusqu’à 8h. C’est quand même plus académique comme heure de lever! 
 
Bad Herzfeld est connu pour les ruines de son abbaye que nous tentons de repérer en quittant l’aire de service. Pas une indication routière ; nous reprenons donc la route vers le Danemark. 
500 km d’autoroute nous attendent encore jusqu’à la frontière. 
La température est nettement moins élevée et il fait gris. A la circulation dense des voitures d’hier s’est rajoutée celle de nombreux camions. 
Juste avant Hambourg, apparaissent les premières gouttes de pluie. Nous passons sous l’Elbe par un tunnel. 
 
Je teste la prise de photos en roulant. Mais il aurait peut-être fallu nettoyer le pare-brise ! On verra bien le résultat ! 
Après 477 kilomètres, nous nous arrêtons à Rendsburg, dans le Schleswig Holstein. L’aire de service est située dans une zone de verdure entre la rivière et un lac. C’est le royaume des lapins de garenne et cela met les chiennes en joie ! Comme à l’accoutumée, nous allons à la découverte de la ville qui nous accueille. Nous ne sommes pas très loin du centre mais la plupart des magasins sont sur le point de fermer leur porte car il est pratiquement 18h. Nous flânons dans la zone piétonne. Il y a quelques maisons originales, la plupart construites en briquettes rouges. Les rues sont propres, bien organisées. L’ancien hôtel de ville qui date de 1566 possède une belle porte peinte et sur la façade qui donne sur la place, un jeu de carillons. De nombreuses vitrines font référence au Mondial qui a lieu en ce moment. Beaucoup de voitures arborent d’ailleurs un ou plusieurs drapeaux de l’équipe nationale. 
 
Ce soir, pas question de manger à l’extérieur du CC. Il fait plutôt friquet. Seules les chiennes veillent durant un bon moment. 
 
                                                                                          Mardi 6 juillet hautt 
 
Nous avons passé une nuit parfaitement calme et malgré la présence des lapins autour de Cigalon, les chiennes n’ont pas bronché. 
 
Il y a du soleil à notre réveil. 
 
Nous prenons notre temps pour lever l’ancre et il est pratiquement 11 heures lorsque nous quittons l’aire. Les nuages ont fait leur apparition et déjà quelques gouttes maculent le pare-brise. La pluie ici a un air breton. Fine et rapide, elle tombe par vagues successives et ne dure pas très longtemps. 
 
Au fur et à mesure de notre avancée, les champs d’éoliennes deviennent plus nombreux. 
 
Nous nous arrêtons pour déjeuner juste avant la frontière danoise, sur un autohof. L’endroit est très fréquenté par les Danois qui sortent du supermarché avec une cargaison de bouteilles et de canettes. Il est possible de se connecter en wifi au Burger King mais il faut entrer dans le restaurant. Moins pratique que le Mac Do quand même. 
 
Il est 13H28 lorsque nous franchissons la frontière ! 
 
En quittant l’autoroute, nous découvrons un dépôt de pales d’éolienne. Il y a de quoi faire ! 
 
Pour notre première visite, nous avons repéré dans le guide le moulin de Dybbol, situé tout près de Padborg. Celui-ci a été le témoin des affrontements sanglants entre les troupes austro-hongroises envoyées par Bismarck en 1864 et le peuple danois. 
Nous tournons un moment ; aucune indication, ni sur notre carte routière, ni sur les panneaux indicateurs. Même July refuse de nous guider dans ce coin là ! Par contre, elle voudrait tant nous emmener à Sønderborg, à une trentaine de kilomètres de là !! 
 
Nous finissons par arriver inopinément sur l’ancien camp d’internement de Frøslev. Cela n’est pas sans nous rappeler notre entrée en Hongrie en 2OO5. Alors à la recherche d’une place au bord du Einsiedelsee, nous avions abouti tout à fait par hasard sur le lieu du pique-nique paneuropéen, là où les frontières du rideau de fer se sont ouvertes un jour de l’été 1989. 
 
Le camp de Frøslev a été aménagé en musée national dont l’entrée est payante ; les autres expositions sont gratuites. Les baraquements rouges ont tous été restaurés ; certains abritent des organisations caritatives comme Amnistie internationale, d’autres sont occupés par un internat d’une centaine d’élèves. 
 
Afin d’éviter la déportation des Danois en Allemagne lors de la seconde guerre mondiale, les autorités danoises ont proposé de créer un camp internement sur leur territoire. C’est ainsi que le camp de Frøslev a vu le jour en août 1944. Durant ses 9 mois d’existence, 12.000 prisonniers, résistants, prisonniers politiques et communistes ont transité dans le camp où la vie était supportable. Mais les Allemands n’ont pas tenu leur promesse et ont fini par déporter les prisonniers dans les camps de concentration allemands 
 
Le camp était gardé par cinq miradors. Même en sachant que ce n’est plus qu’un musée, cela reste impressionnant lorsque l’on en franchit le seuil. 
 
L’un des baraquements a été réorganisé comme à l’origine. 
 
Deux responsables de baraquement étaient nommés. Ils étaient chargés de maintenir la paix et l’ordre entre les prisonniers. Ils occupaient chacun une petite pièce individuelle alors que les prisonniers se partageaient une chambre à 15. Ce nombre a même été doublé lorsqu’au printemps 1945, le camp abritait plus de 5000 personnes à la fois. 
 
Les prisonniers étaient occupés au tressage de tapis et de corbeilles. Les femmes habitaient des baraquements séparés entourés de barbelés. 
 
Un peu plus loin une exposition sur la nature intéresse tout particulièrement Douchka qui flaire avec minutie les animaux empaillés ! Un peu plus et elle s’attaquait à un renard ! 
 
Le dernier baraquement que nous visitons est celui de la protection civile, présente à tous les moments-clef de l’histoire danoise. 
 
J’en profite pour aller glaner les infos pour nous rendre au moulin de Dybbol et je découvre qu’en fait July avait raison. Le moulin est bien du côté de Sønderborg ! Une erreur du guide ! Grrrrrrrrr !!! 
 
La distance jusqu’à Dybbol (prononcez dubbeul) est vite parcourue car les routes pour la plupart sont rectilignes. Sur place, il ne nous suffit plus qu’à nous fier à notre flair…. Et notre flair nous dit qu’il faut aller chercher l’édifice sur une colline … Bingo ! Le moulin tout blanc et luisant au soleil apparait enfin ! Il est malheureusement fermé et nous nous contentons d’en faire le tour. L’endroit a été le témoin d’affrontements violents lors de la guerre entre Prussiens et Danois. Une stèle a été érigée et un musée construit. Pas de problème pour stationner mais passer la nuit sur un parking étant interdit au Danemark, nous allons au camping de Sønderborg situé sur l’Ile d’Als. En baragouinant un mélange d’allemand et d’anglais, nous finissons par nous faire comprendre. L’emplacement est légèrement en pente et nous sommes obligés de caler. 
 
Il fait à nouveau frisquet ce soir et nous dînons à l’intérieur du camping car tout en observant un lapereau qui broute l’herbe pas loin de nous. 
 
Nous détectons un réseau internet ouvert et pouvons ainsi tout à loisir gérer notre courrier, chater et « forumer ». 
 
 
                                                                                            mercredi 7 juillet haut 
 
 
Très beau temps au réveil. Nous paressons jusqu’à 10h30. Le programme d’aujourd’hui, c’est de découvrir l’Ile d’Als. 
 
Première visite de la journée : Sønderborg située à la fois sur le continent et sur l’ile. Nous trouvons facilement à nous garer sur le parking de l’église Ste Marie qui domine le port. Le stationnement est libre mais limité à quatre heures. Il faut mettre le disque. 
 
Pendant que Gabriel sort la ménagerie de la niche, j’en profite pour faire un petit tour à l’intérieur de l’église. La majorité des Danois sont de confession luthérienne. L’église est dépouillée sauf les tableaux sculptés accrochés aux murs. Le temps de prendre quelques photos et par la même occasion le frais et la visite de Sønderborg peut commencer ! 
 
Notre première mission c’est de trouver une librairie pour acheter un dictionnaire français-danois et une carte routière régionale. Mission doublement difficile puisque nos rudiments d’anglais ne vont vraisemblablement pas suffire et de plus il faut s’adonner à des conversions permanentes pour connaitre le prix des choses. Pourtant ce n’est pas bien compliqué puisque 10 couronnes (krone) valent 1,40 euros. 
 
Finalement, mission très vite accomplie … en allemand … mais porte-monnaie délesté de quelques 200 couronnes … On savait le Danemark cher ; cela se confirme. 
 
Sønderborg est une jolie ville vraisemblablement reconstruite après la guerre comme beaucoup de lieux dans cette zone frontière. La plupart des maisons sont basses ; certaines ont des vitres bombées comme dans le nord de l’Alsace. 
 
A l’office du tourisme, on nous confirme qu’il n’y a aucune interdiction de stationnement de jour mais uniquement de nuit. 
 
Nous retrouvons un moulin identique à celui d’hier. D’ailleurs les deux semblent se regarder et se répondre. 
 
Nous avons vu dans le guide qu’il y a un château du XIIème siècle. Nous le trouvons au bord de l’eau. Rien de bien intéressant si ce n’est qu’il s’agit d’un bâtiment rectangulaire en briquettes rouges. 
 
Par contre le parking du château convient très bien pour déjeuner. Nous récupérons Cigalon et nous nous installons face à l’eau, en plein soleil. Il fait chaud ! Le rêve !! 
 
Un bateau de pirates promène les touristes. 
 
Pendant que je poursuis mon compte-rendu, Gabriel promène les chiens et découvre un nombre impressionnant de méduses. Et me voilà à pied d’œuvre pour photographier ces vilaines bêtes. Ce sont les premières que je vois et leur apparence n’est pas désagréable et plutôt gracieuse. Elles semblent se mouvoir en un ballet aérien, s’ouvrant et se refermant au son d’une musique uniquement audible par elles. On distingue très précisément leurs cils. 
 
L’étape suivante est Augustenborg. Je comprends enfin que le « borg » est le château ! Ici le château baroque de 1770 a été transformé en hospice. Notre guide indique qu’on peut visiter le parc arboré d’une abondante floraison. 
 
L’endroit est certes agréable et nous faisons une belle promenade avec les chiens mais abondante floraison n’est pas vraiment le terme adéquat. 
 
Il fait chaud cette après-midi, 30°, et heureusement qu’il y a du vent marin. Cela rend la température supportable. 
 
Avant de quitter l’île d’Als, nous nous arrêtons à Egen où l’on trouve une église dont le clocher en bois est séparé de l’édifice et posé à côté. 
 
Sur l’île de nombreuses maisons sont recouvertes de toits de chaume. Une pièce de bois tient le tout en place sur le fait. 
 
Une curiosité … mais curieux aussi le cimetière où les tombes ressemblent à de petits jardins. 
 
En quittant l’île, nous nous dirigeons vers Gråsten où se trouve la résidence d’été de la reine Margrethe. Nous empruntons la route n° 8, appelée aussi la route marguerite, qui sillonne le Jutland. 
 
Le château, tout blanc et trônant au milieu d’un énorme parc, entouré d’eau et de forêt, ne se visite pas mais l’accès au parc est libre. Une notice explicative en danois, anglais et allemand attend même le visiteur. Aucune interdiction … 
 
La marguerite dont la reine porte le nom occupe une place de choix au milieu des roses et autres fleurs. D’immenses arbres apportent un peu d’ombre à ce grand espace de verdure. 
 
Nous choisissons un camping près de Kollund de manière à pouvoir nous diriger demain vers l’ouest du Jutland. 
 
Notre emplacement permet de voir la mer ce soir. Comme hier, avec la nuit, l’air se rafraîchit. La nuit d’ailleurs a du mal à venir et il faut attendre pratiquement 23h pour avoir une nuit complète. Ici pas de wifi gratuit pas la possibilité de se connecter à un hotspot DCU moyennant finances. Environ 3 euros les 4 heures. C’est correct et largement suffisant pour diffuser le compte-rendu et envoyer les photos sur picasa! 
 
                                                                                               Jeudi 8 juillet haut 
 
Il fait gris au réveil. Le temps de déjeuner, de faire les services et hop nous voilà repartis ! Sur la route, nous remarquons que beaucoup de maisons sont équipées de mats pour hisser le drapeau danois. A quelle occasion ? Pour l’instant, rien au bout … 
Ces derniers jours les camping-cars se faisaient rares mais ce matin, nous croisons quelques camping-cars, des Allemands, des Danois, des Suédois et des Norvégiens. Pas de Français ! 
 
Notre route traverse des champs tirés au cordeau : des céréales, des pommes de terre. De temps à autre à l’entrée d’une propriété, on voit de grosses caisses. Elles contiennent des fruits et des légumes à vendre. Il suffit de choisir et de laisser son obole. 
 
Notre première étape est Tonder. Un grand parking nous accueille et nous pouvons déjeuner tranquillement. Il fait beau et chaud. Dommage que le stationnement nocturne soit interdit au Danemark car les BTS ne manquent pas et vu le nombre de camping-cars qui circulent, il ne risque pas d’y avoir de concentration ! 
 
Après le repas, nous partons à la découverte de Tonder. Le château d’eau construit en 1902 et rénové en 1995 a été intégré dans un complexe de musées d’art. 
 
Nous abordons notre visite par la rue principale où de nombreux commerçants ont sorti leurs bancs. Ce sont les soldes. Rien de bien différent de chez nous si ce ne sont les prix affichés en couronnes qui nous obligent à faire de perpétuelles conversions ! Je vais devenir championne de calcul mental car Gabriel a complètement renoncé à se lancer dans ce genre d’exercice ! J’ai fini par trouver la technique : multiplier par 1,5 et retrancher un chiffre à droite ! Sûrement pas très académique mais cela fonctionne à merveille. 
 
Nous passons à l’OT acheter une horloge de parking. Jusqu’à présent, nous nous sommes débrouillés avec notre carte de zone. La plupart des parkings offrent un stationnement à durée limitée plus ou moins longue selon sa position par rapport au centre ville. 
 
Derrière l’OT, nous entrons dans le béguinage. Le silence y est si présent que Gabriel avec ses chiens préfère emprunter un passage discret à la première occasion tandis que j’en profite pour flâner un peu à travers les carrés d’herbe d’où la vue s’échappe sur le clocher de l’église. Rien de comparable avec le béguinage d’Amsterdam mais cela reste quand même un lieu empreint de sérénité comme je les aime. 
 
Je débouche sur la Krist Kirche doté d’un curieux clocher hexagonal. Elle est ouverte et j’en profite pour la visiter. Pas vraiment à mon goût car la décoration intérieure est de style rococo ! Trop de fioritures, trop chargé, trop … Bref trop de tout sauf de couleurs car la plupart des boiseries sculptées le sont dans un bois sombre. 
Par contre l’architecture des maisons de la ville est beaucoup plus esthétique et je me régale avec mon appareil photo. Certains toits à redents rappellent le style néerlandais. 
 
Les façades en briquettes rouge ou peintes sont souvent ornées de rosiers grimpants. 
 
Aux fenêtres, pas de rideaux mais des objets de décoration hétéroclites ou rassemblés par thèmes. Certaines maisons ressemblent presque à un musée ou à une boutique d’objets de décoration. Et comme je n’arrive pas encore à comprendre ce qui est inscrit sur les plaques, je ne suis pas sûre qu’il s’agit toujours de maisons d’habitation. 
 
Certaines portes aussi sont remarquables ; elles sont loin des nôtres, stéréotypées et anonymes. 
 
Et partout le même soin ; c’est propre et rangé ! 
 
Nous terminons la visite par la plus vieille rue, l’Ulgade bordée par des maisons basses colorées et arborant des bow-windows. Le pavage de la rue vient d’être refait et une épaisse couche de sable le recouvre encore. C’est un quartier croquignolet dans lequel j’aurais pu rester de longues heures mais la fine pluie qui tombe par intermittence nous incite à retourner au camping-car avant d’avoir à affronter un déluge ! 
 
Auparavant, nous nous arrêtons à la boulangerie acheter notre goûter. Croyant prendre des escargots aux noisettes, je lis sur la caisse enregistreuse le mot « pizza ». Prise d’un doute, j’interroge la vendeuse qui me confirme qu’il s’agit bien d’une pâtisserie salée… Tiens, tiens on a déjà vu ceci ailleurs ! Mais cette fois-là, il a fallu attendre le petit déjeuner pour se rendre compte que les petits pains au chocolat étaient en fait des friands à la viande ! 
 
Une averse en effet nous surprend juste arrivés au camping-car et nous en profitons pour goûter. 
 
L’étape suivante n’est pas très éloignée. Il s’agit de Mogeltonder. Le soleil est revenir et n’a pas mis beaucoup de temps pour tout sécher ! 
 
Un grand parking à l’entrée du village accueille Cigalon. Nous prenons la rue centrale et ce qui nous est présenté dans notre guide est bien fade par rapport à ce que nous découvrons ! De chaque côté de la rue pavée s’élèvent des maisonnettes magnifiques. Bâties en briquettes de couleurs, peintes ou chaulées, certaines sont recouvertes de chaume. 
Là aussi, des rosiers poussent le long des façades. 
 
L’église St Nicolas du XIIème siècle, de style renaissance, est curieuse dans son agencement. On a bien du mal à reconnaître la nef unique, encombrée d’une tribune. La chaire est de style baroque et le retable date du XVIème siècle. 
 
Pendant que je visite l’église, Gabriel, s’installe dans le cimetière conçu comme un lieu de promenade. Il fait à nouveau chaud et une petite halte à l’ombre fait du bien. Heureusement que souffle toujours un petit vent, ce qui rend la chaleur supportable. Les chiennes ont soif et les vases coniques mis à disposition à côté des points d’eau font l’affaire, surtout pour Douchka qui boit à tous les râteliers. 
 
Avant de quitter Mogeltonder, nous allons voir le château de Schakenborg de la fin du XVIIème siècle, propriété depuis 1992, du fils cadet de la reine, le prince Joachim qui y réside avec son épouse Marie. 
 
Notre journée s’arrête à Ribe, un peu plus au nord, sur un des rares parkings danois autorisés aux camping-cars durant la nuit. L’eau et la vidange sont gratuites. Le parking est grand et à notre arrivée, il y a déjà beaucoup de véhicules. Nous choisissons une place au fond de manière à ne déranger personne avec nos chiens. 
 
Nous dînons rapidement car nous voulons suivre la promenade du veilleur de nuit à 20H. 
 
En moins de 10 mn, nous sommes sur le Torvet, la place centrale. Le garde, son fléau dans une main, sa lanterne dans l’autre, commence son circuit devant l’hôtel Dagmar. Son rôle à l’origine n’était pas de promener les touristes mais de faire régner l’ordre et le droit dans la cité. Il devait veiller également au feu, danger permanent pour les habitations en bois collées les unes aux autres. 
 
Nous le suivons donc. Il chante la chanson du veilleur et s’arrête régulièrement pour raconter l’histoire de la ville. En danois, nous ne comprenons rien, naturellement …mais nous comprenons à présent pourquoi les Suédois disent que les Danois toussent quand ils parlent ! Notre garde tousse d’ailleurs aussi lorsqu’il fait son commentaire en anglais si bien que nous ne comprenons absolument rien ! 
 
Nous quittons le cortège pour nous promener à notre guise dans la petite ville qui s’anime au fil de la soirée. Le soleil n’est toujours pas couché. 
 
Ayant laissé les chien dans le CC, nous en profitons pour aller manger une glace : une « giant » composée de deux boules de glace, d’une glace italienne, d’une boule choco et d’un nappage. Enorme et tout ça dans un cornet cuit sur place. Nous la dégustons à l’extérieur tout en suivant avec attention ce qui se passe dans la rue. Deux gamins, pieds nus, arrivent avec un seau. Ils viennent de pêcher une anguille qui cherche sans cesse à s’échapper. Les passants, autour d’eux, forment un attroupement ! 
 
En revenant au camping-car, j’essaie de capter les derniers rayons d’un soleil qui se couche. 
 
La journée d’aujourd’hui a été particulièrement dense et le nombre de photos à décharger s’en ressent ! 
 
Pas de connexion ce soir … je prépare donc mes dossiers. 
 
 
                                                                                      Vendredi 9 juillet haut 
 
Il fait chaud déjà ce matin. Heureusement de temps en temps un petit souffle nous permet de mieux supporter la chaleur. 
 
Nous retournons à Ribe qui est la plus vieille ville du Danemark puisqu’elle a été fondée aux environs de l’an 700. 
 
Nous reprenons le circuit du veilleur de nuit. L’hôtel Dagmar, en briques brunes, reconstruit en 1581 après le grand incendie de la ville un an plus tôt, jouxte l’OT. Nous allons glaner les infos qui nous manquent. Pas question de faire comme en France c'est-à-dire ramasser tous les prospectus. Seuls ceux traduits en allemand de préférence peuvent nous servir. L’hôtesse ne parle pas le français non plus. 
 
Avant d’aller visiter la cathédrale, nous passons devant l’hôtel Den Gamble arrest qui est en fait une ancienne prison. Les cellules ont été transformées en chambres ! Original ! 
 
L’entrée de la cathédrale est gratuite. Seule la montée à la tour est payante... Très peu pour moi… mon sciatique fait encore parler de lui. Et pour Gabriel, il n’en est même pas question. Les longues promenades des derniers jours lui ont rappelé son opération du genou ! 
 
La cathédrale, construite entre 1150 et 1250, mêle intimement le style roman et gothique. Elle allie le tuf germanique aux briquettes rouges de la région. A l’origine, elle était équipée de deux tours carrées. L’une s’est écroulée lors de la messe de Noël en 1283. 
 
Avant d’entrer dans l’édifice, il faut regarder les portes remarquables par la forme de leurs heurtoirs et poignées : un chat, une vache, un paon, une fillette flottant … un bas-relief en granit représente une des plus belles descentes de la croix du Danemark. 
 
L’intérieur comporte 5 nefs séparées par des piliers carrés. Les chapiteaux sont décorés par des petits bonhommes assis ou debout, à chaque fois différents, qui soutiennent eux aussi des colonnes peintes. 
 
Autour de l’autel, les accoudoirs des stalles représentent des têtes de chiens. 
 
La chaire, de style Renaissance, est en bois sculpté polychrome. Ses différents éléments sont soulignés d’or. 
 
Seule note moderne : les fresques en mosaïques dans le chœur, œuvre de Carl Henni Peterson. 
 
Nous poursuivons notre balade dans la ville. Presque chaque maison est digne d’être photographiée. Je ne m’en lasse pas …. Seul Gabriel s’impatiente : il a faim ! 
 
Petit arrêt à la Konditori pour l’achat de notre dessert. Ma compréhension écrite du danois devient meilleure. Je me fie à mon instinct pour la traduction car il y a beaucoup de similitudes avec l’allemand dans l’écriture. 
 
Mais il faut songer à déjeuner car nous voulons mettre l’après-midi à profit pour aller visiter le musée de plein-air viking. Il se situe à 2 km de Ribe mais avec la chaleur d’aujourd’hui, nous allons prendre Cigalon. 
 
Le parking en terre battue est grand mais sans ombre. Osiris et Douchka seront donc de la partie ! 
 
Trois « nornen » nous accueillent. C’est elles qui décident de la vie des dieux. La première représente le passé, la seconde le présent et la troisième le futur. Elles tiennent en main une corde sur laquelle chacun de nous peut lire sa vie. Moins il y a de nœuds sur la corde, plus légère sera notre vie. 
 
Le musée est une reconstitution d’un village viking. A notre arrivée, certains sont en train de faire à manger : du saumon sur le grill, de la soupe ... Partout on s’affaire mais de préférence à l’ombre car le soleil tape aujourd’hui. Et sans cesse on va remplir la cruche à la fontaine, en l’occurrence ici un simple robinet ! 
 
Les animaux se promènent en liberté dans le parc au plus grand plaisir des enfants. Les nôtres suivent en traînant la patte. Avec cette température, il ne fait pas bon mettre un chien dehors. En allant voir les archers, Douchka repère un petit cours d’eau et en moins de temps qu’il ne faut pour le dire, elle tire sur sa laisse et se retrouve dans l’eau. Son maître ne sait pas ce qui lui arrive ! Osiris réclame aussi sa baignade. 
 
Toutes les maisons sont couvertes de chaume. Certaines sont même enterrées. On y trouve une relative fraîcheur aujourd’hui. Elles sont meublées avec des imitations d’objets d’époque. 
 
Après le repas, les Vikings sommeillent à l’ombre. C’est ce qu’ils ont de mieux à faire ! Seuls les forgerons montrent un peu de courage en travaillant près du feu mais ils ont embauché un gamin pour manier le soufflet. A voir sa figure rouge écarlate, l’effort doit être surhumain ! 
 
On est Viking par passion et certains passent tout leur temps libre dans le parc. Il n’y a pas d’âge pour être Viking. Un Viking en couche-culotte, ça existe. On l’a vu ! 
 
Une halte à la taverne nous permet de nous rafraîchir un peu. Une bière comme tout bon Danois pour Gabriel tandis que moi, je savoure un jus de pomme bio bien frais. Les chiennes se sont largement abreuvées lors de leur baignade et profitent de ce petit moment de repos pour dormir! 
 
En sortant du parc, nous n’avons plus le courage de reprendre la route et c’est tout naturellement que Cigalon nous conduit à l’aire de service de Ribe ! Tant pis pour la connexion de ce soir. On fera relâche ! 
 
Nous reprenons notre place au fond du parking, ouvrons fenêtres et lanterneaux et attendons que la température veuille bien diminuer. 
 
Après le repas, nous retournons dans le bourg, une fois encore sans les chiens, avec l’idée de goûter une autre glace sur le port et d’attendre le coucher de soleil. 
A 20h 40, la tour carrée de la cathédrale est encore illuminée par le soleil. Fabuleux ! 
 
Ayant emprunté d’autres rues que le matin, nous découvrons d’autres maisons que je m’empresse de capturer avec mon objectif. Heureusement que nous sommes à l’ère du numérique ! 
 
Le soleil a bien du mal à se coucher et le ciel garde un bon moment ses reflets rougeoyants. Nous abandonnons notre attente pour rejoindre le camping-car car il se fait tard. 
En faisant notre toilette, nous découvrons tous les deux un joli collier rouge autour du cou et sur la nuque ! Il a bien dû faire chaud aujourd’hui !! 
 
 
                                                                                        Samedi 10 juillet haut 
 
Une fois de plus, le jour qui se lève à 4h40 nous réveille. Pour nous, c’est bien trop tôt, on change de côté et nous voilà repartis dans un nouveau cycle de sommeil qui se termine cette fois-ci à 8h40 ! 
Oups, nous avons loupé notre heure habituelle et les chiennes n’ont même pas bronché ! Il fait grand beau temps ! 
 
Après les services, nous nous arrêtons pour faire quelques courses au supermarché. Nous sommes effarés par les prix ! Nous comparons des produits que nous connaissons bien ; en l’occurrence le thé L. que nous payons 99cts la boite de 25 sachets ; ici elle coûte près du triple. Et encore … ce n’est qu’une boite de 20. 
 
Nous prenons la direction des plages de la mer du nord avec comme première étape Fovlet, juste après le port d’Esbjerg. Nous espérons parcourir aujourd’hui la digue de RingkØbing. Le beau temps s’y prête. 
 
Nous nous arrêtons côté mer, derrière les dunes car nous voulons photographier les 4 statues «Mennessket ved Havet» réalisées en 1996 par Svend Wiig Hansen… Les colosses haut de 9 mètres, en béton armé, éclatent de blancheur au soleil. 
 
Il est midi et les Danois piquent-niquent ou font bronzette sur la plage. Il fait chaud et beau. Heureusement qu’il y a du vent ! 
 
Après le repas, nous faisons une grande promenade entre dune et plage sur un sentier réalisé pour piétons et cyclistes, bordé par des buissons de rosa rugosa. Ces fleurs sont omniprésentes dans cette région, un peu comme les massifs d’hortensias en Bretagne. 
 
Quelques courageux se baignent ! Chez nous les seules courageuses seraient les chiennes mais comme Osiris ne peut pas s’empêcher de laper l’eau, la baignade dans la mer lui est interdite. Au loin, nous pouvons observer le va-et-vient des porte-conteneurs qui entrent et sortent du port. 
 
Depuis ce matin, nous naviguons sans GPS, les directions sont clairement indiquées. 
A Hjerting, nous visitons l’église ultra moderne. C’est la première que nous voyons de ce type. Jusqu’à présent, les édifices de forme traditionnelle étaient soit construits en briquettes rouges, soit peint en blanc. 
Celui-ci, de forme indéfinissable, est vaste et très clair. Derrière l’autel des sculptures modernes retiennent toute notre attention. Les personnages filiformes avec de grosses têtes sont l’œuvre de Robert Jacobsen et représentent des scènes bibliques. 
 
Le cimetière qui entoure l’église est un havre de paix et de fraîcheur. 
 
Avant de prendre la digue, une pancarte indiquant un port viking attire notre attention. Nous la suivons et découvrons un écomusée viking malheureusement fermé. Il n’est que 17h mais au Danemark, ce n’est pas étonnant de voir de telles heures de fermeture. Dommage … Et encore une belle place pour bivouaquer ! 
 
Nous avions peur de trouver de la circulation sur la digue de Ringkøbing. Il n’en est rien. Les Danois sont pour la plupart à la plage. D’ailleurs, il est à noter que leur conduite est tout à fait remarquable. Zen et courtois, ils respectent dans l’ensemble la vitesse autorisée. Ils n’ont jamais un mouvement d’humeur quand ils sont obligés de nous céder la place du fait de notre gabarit. Nous n’avons repéré qu’un seul radar sur l’autoroute. A l’entrée de chaque village un compteur indique notre vitesse. Si l’on dépasse la vitesse autorisée, deux feux orange clignotent. La prévention semble l’emporter sur la répression. Un modèle à suivre … 
 
L’environnement sur la digue est bien particulier. La route est bordée à droite par les dunes et à gauche par le fjord. Les villages se nichent dans le sable, souvent en-dessous du niveau de la route et vraisemblablement en dessous du niveau de la mer. De loin, on ne voit émerger que les toits. En se rapprochant, on distingue de mignonnes petites maisons avec des toits de chaume, de tuiles et de tôle. Elles ne sont pas toutes occupées et pourtant elles ne sont pas barricadées comme les nôtres lorsque qu’il n’y a personne. 
 
La surface de l’eau frémit sous le souffle du vent. C’est le royaume des oiseaux et leurs cris rappellent que la mer n’est pas loin. 
 
A Haurvig, nous nous arrêtons pour visiter une église plantée au bord du fjord. Elle est fermée mais cela nous permet de prendre encore quelques photos de ce paysage bien typique que nous ne connaissons pas en France. Une pancarte sur le parking indique «no camping » ! 
 
A Hvide Sande, nous sommes obligés de stopper Cigalon devant le pont qui franchit le canal reliant la mer au fjord pour permettre à un voilier de gagner la mer. Dans le passé, le fjord de Ringkøbing était ouvert sur la mer mais à présent, le seul passage possible est le canal de Hvide Sande. 
 
Un peu plus loin, nous en profitons pour prendre du gasoil. C’est notre premier plein au Danemark, c’est dire que nous progressons lentement. La pompe automatique fonctionne à la carte bancaire. Pas de difficultés car les instructions sont notées en allemand. Le gasoil est un peu plus cher que chez nous (1,23 euros) mais d’après ce que nous avons pu voir, il y a des différences de prix entre les stations. 
 
Sur les bas-côtés, ce ne sont plus des légumes et des fruits qui se vendent mais du bois. En plus le prix est indiqué également en euros ! Que demander de plus ? Sauf que nous n’avons pas besoin de bois ! 
 
A Norre Lyngvig, nous nous arrêtons un petit moment au phare. Pas question de grimper au sommet … Trop haut et trop tard ! 
 
Comme d’habitude, nous trouvons facilement à Sondervig le camping que nous avons sélectionné dans notre guide. Nous les choisissons de préférence avec une possibilité de connexion mais aussi selon le prix. Ils sont en général propres et bien équipés mais nous n’utilisons aucune des installations proposées sauf la connexion internet, le branchement électrique et les services pour camping-cars. Il est possible dans la plupart des campings de bénéficier de l’accueil « Quick stop », moins cher mais cela ne nous intéresse pas car l’arrivée se fait au plus tôt à 20h et le départ doit s’effectuer avant 10h. 
 
Nous bénéficions une fois encore d’un grand emplacement et nous profitons des rayons de soleil tardifs pour prendre l’apéritif à l’extérieur. 
 
Pendant que Gabriel regarde la petite finale du Mondial dans le CC, je pars à la recherche d’une connexion. La wifi est disponible dans la salle TV ! Pas de difficulté de connexion, le réseau est excellent. Par contre, impossible de faire partir les mails en instance … Ce qui fonctionnait hier, ne fonctionne plus aujourd’hui. Les mystères d’internet ! J’assiste malgré moi à la victoire des Allemands contre les Uruguayens. Les Danois repartent déçus vers leurs caravanes … visiblement certains souvenirs de la guerre n’ont pas encore été digérés. 
 
 
                                                                                     Dimanche 11 juillet haut 
 
Nous émergeons à 4h50, en même temps que le jour ! C’est l’orage qui gronde et la pluie qui tambourine sur le toit qui nous ont servi de réveil ! Le temps de fermer les lanterneaux et nous revoilà au lit… jusqu’à 8h. 
Après le petit-déjeuner, la pluie cesse, le ciel s’éclaircit un peu mais le soleil a du mal à pointer son nez. Quelle différence avec hier ! Point positif : il fait aussi moins chaud. 
 
N’ayant pas réussi à envoyer mon courrier hier soir, je vais régler la facture du camping puis je retourne à la salle de TV pour faire une nouvelle tentative pendant que Gabriel s’adonne consciencieusement à ses services. 
Pas plus de réussite ce matin ! Je règle donc le problème en utilisant mon adresse gmail. 
 
Notre premier arrêt se fait à un kilomètre du camping, à Sondervig. C’est une petite station balnéaire et nous voyons pour la première fois des touristes, essentiellement danois d’ailleurs. On retrouve un peu l’ambiance des lieux de villégiatures français avec leurs restaurants et magasins de souvenirs. Malgré le monde, nous n’avons pas de problème pour garer Cigalon. 
 
Un petit passage à l’OT où l’hôtesse essaie de dire quelques mots en français – c’est tellement rare qu’il faut le noter ! - nous permet de situer l’exposition des sculptures sur sable. Nous avons préféré laisser les chiens dans leur niche car avec la pluie récente, j’ose à peine imaginer leur état au retour de la promenade. Néanmoins comme presque partout au Danemark, ils ont droit d’entrer, tenus en laisse. Nous voyons d’ailleurs peu d’interdictions. Les Danois ont l’air de s’auto-discipliner. On peut être surpris du peu de papiers qui trainent au sol. Peut-être dû au grand nombre de poubelles installées un partout ? Pas de mégots non plus d’ailleurs … Propre … 
 
Les sculptures sur sable dont le thème de l’année 2010 est l’Egypte sont magnifiques. 
 
Un panneau explicatif à l’entrée indique comment ces sculptures prennent vie. 
 
Le sculpteur travaille par étapes : Avant même de commencer la sculpture, l’artiste doit fabriquer des caissons en bois dans lesquels, il met du sable et de l’eau qu’il compresse avec un patin vibrant. Il assemble les différentes formes puis se met à la sculpture proprement dite en commençant logiquement par le haut. On pourrait se poser la question si le sable ne se désagrège pas lorsqu’il pleut. Non, car l’eau se contente de s’infiltrer dans le sable qui est déjà humide. Les sculptures sont destinées à durer trois/quatre mois selon les conditions météorologiques (vent et pluie). 
Elles sont magnifiques dans leur réalisation mais aussi dans l’expression des thèmes, fouillée, aucun détail ne manque. 
 
Lorsque nous quittons le site, le soleil se pointe enfin; dommage pour les photos mais la faim se faisant sentir, je n’ai pas envie de recommencer le tour. 
 
Nous déjeunons sur place avant de reprendre la route. 
 
Aujourd’hui encore deux digues au programme ; celle de Stadil Fjord puis celle de Nissum Fjord. Les dunes se succèdent laissant apparaitre de-ci-delà quelques toits de maisons. 
 
A Usby nous nous arrêtons quelques instants pour faire le tour de l’église. Malheureusement comme bien des fois, elle est fermée. 
 
Le besoin de se dégourdir les pattes se faisant plus pressant, nous optons pour une grande promenade à Torsminde. Un des parkings est interdit aux CC mais ailleurs pas de soucis pour se garer. 
 
Torsminde est un port de pêche et les chalutiers sont déjà de retour aujourd’hui – à moins qu’ils ne sortent pas le dimanche ? – et il n’y a pas d’animation. 
 
Le village s’étend des deux côtés d’un canal creusé en 1870 qui relie la mer au Nissum Fjord. Son but est d’assécher le fjord mais cette première tentative échoue. Le canal et l’écluse sont améliorés en 1932 dans le but de protéger le fjord des inondations. A l’origine, l’eau s’écoulait du fjord dans la mer à travers différents bouches ans la digue. Mais celles-ci s’ensablaient régulièrement et l’eau ne pouvait plus passer provoquant ainsi des inondations des champs entourant le fjord. 
 
Nous commençons notre promenade par la digue. Elle nous permet de jeter un regard sur la plage de sable fin classée « pavillon bleu ». Malgré le vent, des gens se baignent ! A noter que même là les chiens tenus en laisse sont admis. 
 
Nous ne visitons pas le musée consacré au St Georg, bateau britannique qui a coulé au large de Torsminde en décembre 1811 lors d’un ouragan et préférons traverser le chenal en franchissant l’écluse et nous rendre au port de pêche. 
 
L’écluse a 12 petites portes et une grande permettant le passage des bateaux. Nous ne la voyons pas fonctionner. Peut-être parce que nous sommes dimanche ? 
 
La criée a été construite en 1967. La vente de poisson a lieu tous les matins de la semaine à 7h. Tout le monde peut y participer, y compris les touristes à condition de respecter le commerce et … naturellement de se lever tôt ! Pas de risque pour nous ! 
 
Dans le port est amarré aussi le bateau de sauvetage en mer rénové en 1990. Il est construit de manière à être insubmersible. A son bord trois sauveteurs de métier et 7 volontaires. 
 
Nous reprenons Cigalon et sur la route, ce ne sont plus des fruits, légumes ou buches de bois qui sont proposés aux automobilistes mais les habitants exposent toutes sortes d’objets… ce sont des vide-greniers à domicile ! 
 
Pour la première fois depuis notre entrée au Danemark, nous nous élevons quelque peu avant d’arriver à Humlum où nous avons sélectionné notre camping du jour. 
 
Accueil chaleureux d’autant plus lorsque l’hôtesse comprend que nous sommes Français et non pas Allemands. Les emplacements sont vastes et bien délimités pour ne pas être gêné par les voisins. D’ailleurs, nos voisins n’ont pas l’air d’être là. Nous sommes dans un coin où les caravanes sont vides ! 
 
Pour pouvoir se connecter, il faut se rendre près de l’accueil. Gabriel obtient une meilleure connexion que moi avec l’ordinateur portable. Bizarre, il va falloir que je voie le problème de près à notre retour et que je m’équipe éventuellement d’une antenne amplificatrice. 
Finalement en changeant de place, la connexion devient excellente et une partie de mes messages « à envoyer » file vers mes correspondants. Certains restent récalcitrants … Par contre personne à l’autre bout de google talk … les uns doivent se terrer dans leur cave pour échapper à la canicule, les autres regarder la finale du Mondial entre les Pays-Bas et l’Espagne. 
 
J’essaie de mener une conversation avec deux jeunes filles qui parlent un peu anglais. Pas vraiment évident … et cela me conforte dans l’idée qu’il faudra quand même que j’aille au cours d’anglais à la rentrée ! 
 
 
                                                                                         Lundi 12 juillet haut 
 
La nuit a été très calme. Il a dû pleuvoir un peu et au réveil, il ne faut franchement pas beau. 
 
Comme d’habitude, nous prenons notre temps avant de quitter le camping. 
 
Un petit passage par la salle internet se solde par un échec. Pourtant la connexion était excellente hier … Mystère, mystère … 
 
Au moment de payer, nous nous rendons compte que c’est le camping le moins cher depuis que nous sommes au Danemark. Et, ce qui ne gâte rien, c’était aussi le plus calme. La différence de prix provient sûrement des équipements mais comme nous ne les utilisons jamais, cela nous est bien égal. 
 
A Oddensund, nous traversons le fjord du Nissum Bredning et abordons la Presqu’île de Thy. Les plages ici sont caillouteuses. Quelques kilomètres plus loin, nous nous arrêtons au bord de la digue pour déjeuner. Le vent souffle mais nous avons une jolie vue sur le fjord. Soudain Gabriel repère un phoque qui s’amuse à plonger quelques instants devant nous. Mais le temps de réagir, de récupérer l’appareil photo et de sortir du CC, il est déjà trop loin pour une photo valable… Tant pis, c’est Vanessa qui va être déçue ! 
 
Nous poursuivons la route jusqu’à Vesterling où l’église renferme la tombe des amants maudits danois légendaires, Kirsten et Buris. Les deux parkings sont joliment pavés et construits sous le niveau de la route, derrière un monticule de terre de manière à être invisibles. 
Je ne visite pas l’église car j’ai tout simplement oublié le porte-monnaie dans le camping-car et le courage me manque pour rebrousser chemin et revenir. L’église de l’extérieur n’a rien de particulier et ressemble à toutes celles que nous avons déjà vues. 
 
En face, se dresse un moulin à tête pivotante. Voilà une « éolienne » bien plus jolie que celles qui décorent notre horizon depuis une semaine maintenant. Ce n’est pas le bon jour de visite et nous nous contentons d’en faire le tour et quelques photos. Dans le champ voisin pousse une graminée inconnue pour nous. Je prends une photo pour faire des recherches ultérieurement sur le net. 
 
Poursuivant sur la route 527, nous traversons à présent une région boisée. Il n’y a pas grand-chose à voir sinon essayer de repérer assez tôt une petite caisse avec des fraises. (jordbaer). Mais la plupart propose plutôt des pommes de terre (kartofler). Il faudra donc attendre demain ! 
 
Le paysage devient austère. La route sillonne entre les dunes claires et les tourbières rousses agitées par le vent. Peu d’habitations et lorsque nous arrivons au port d’Hanstholm, nous avons l’impression d’arriver au bout du monde. Par sa position Hanstholm a été un élément capital dans le verrou du mur de l’Atlantique. De la lande émergent des casemates. A présent, Hanstholm est devenu un port de pêche où il n’y a rien à voir ainsi qu’un port pour les ferries partant pour la Norvège, l’Angleterre et les Iles Féroé. 
 
Nous trouvons un magasin Aldi et décidons d’y faire quelques courses. A l’étranger, nous aimons faire nos achats dans cette enseigne car les produits ont souvent un étiquetage en allemand, ce qui facilite bien les choses et évite des achats erronés ! A la caisse, on peut payer en euros ou en couronnes norvégiennes. 
 
Nous achetons notre premier yaourt danois … une brique d’un litre. 
 
Au retour dans le camping-car, je m’empresse de le goûter… Verdict : excellent ! 
 
Comme le temps reste morose, nous choisissons notre camping du jour. Ce sera celui de Vilsund, juste avant de franchir le pont qui mène à l’ile de Mors. 
 
A la sortie d’Hanstholm, nous repérons un mini-camping au bord d’un étang mais nous voulons encore nous avancer un peu pour demain. 
 
Au camping, le propriétaire est en congé ; sa remplaçante ne parle pas l’allemand et ne comprend pas grand-chose en anglais. Difficile de compléter la fiche d’admission … Elle nous fait comprendre qu’elle est désolée de ne pas pouvoir nous parler. Nous nous installons donc à l’a-peu-près laissant les problèmes administratifs pour demain matin. 
 
La soirée se solde par une bonne averse et un orage. La nuit tombe encore plus tard ici, preuve que nous remontons peu à peu vers le nord. 
 
 
                                                                                          Mardi 13 juillet haut 
 
Toujours gris ce matin mais il ne pleut pas. Aujourd’hui, c’est une incursion sur l’Ile de Mors qui nous attend. L’île est rattachée à la terre par un pont levant qui enjambe le fjord. Le paysage change. A présent, se déroulent devant nous une succession de collines couvertes de cultures qui se terminent par des falaises tombant dans l’eau du Limfjord. Les fermes, disséminées ou regroupées en tout petits villages, n’ont plus le charme de celles rencontrées sur la digue de Ringkøbing. 
 
Une route étroite nous mène aux falaises de Hanklit. Heureusement que les Danois roulent lentement ! Un parking au bord du fjord accueille Cigalon et nous allons nous promener sur la grève au pied de la falaise de cendres volcaniques et de craie. Cela donne des « cailloux » bigarrés blancs et noirs. Nous en ramassons quelques uns pour ma collègue Claire. En cas de fort vent, le passage est inutilisable car l’eau monte. Aujourd’hui, l’eau est agitée d’un petit clapotis, peu dangereux. Un sentier raide et rendu glissant par la pluie nocturne mène au sommet. 
 
Pour déjeuner, nous nous arrêtons sur le petit parking au SalgjerhØj, point culminant de l’Ile. 77 mètres quand même ! Un pic … arrondi surmonté d’une pierre. Notre guide annonce qu’il est possible de voir les 24 clochers sur les 32 que compte l’île. Nous n’en voyons pas un seul … vraisemblablement dû à la grisaille du temps … quoique ! La vue s’étend quand même jusqu’au continent. 
 
Etape suivante : la falaise de Feggerklint, endroit où Hamlet a tué son oncle et son beau-père. Elle semble comme posée au bord de la digue qui mène au ferry. 
 
Pas de possibilités de parking mais il y a si peu de circulation que nous nous arrêtons à plusieurs reprises sur la route pour prendre des photos. La falaise, abrupte côté fjord ondule côté terre, comme façonnée par le vent. Les arbres qui la couronnent épousent la pente. 
 
Par la 581, nous rejoignons Nykøbing, principale ville de l’île. La moitié des îliens y résident. Pas de problème de stationnement et nous arrivons rapidement dans la rue principale. Ici aussi, c’est le grand déballage. La ville n’est pas aussi propre que toutes celles vues précédemment. Premier tag … Les passants mêmes n’ont pas la même allure que tous ceux rencontrés jusqu’à présent. A l’OT, située sur le port, l’hôtesse ne parle qu’anglais. Je récupère néanmoins un plan de la ville. Une affiche propose une demi-journée dans le fjord et sur l’ile de LivØ à la rencontre des phoques. Ma photo d’hier n’est donc pas un mirage ! 
 
La ville n’a pas grand charme. L’imposante église en briques rouges est quelconque. Le cloître de Dueholm édifié en 1371, a été détruit à la réforme. Seul le moulin à eau a été restauré et transformé en musée historique. 
 
Nous revenons au camping-car bien fatigués. Nykøbing ne sera pas notre meilleur souvenir du Danemark ! 
 
Le camping que nous choisissons à Sevel nous fait revenir sur le continent, sur la presqu’ile de Salling. C’est le grand luxe : piscine et connexion par hotspot. Super … du moins pour internet car pour la piscine, c’est loupé ! La température du jour avoisine les 16°. Frais par rapport à dimanche où nous avions 32° ! 
 
Nous passons la soirée à surfer et j’en profite pour créer un blog concernant notre voyage. Ce sera plus simple que d’envoyer notre compte-rendu par mail. Le fonctionnement de nos boîtes aux lettres reste toujours aléatoire. 
 
 
                                                                                    mercredi 14 juillet haut 
 
Une fois de plus nous passons une excellente nuit ; peut-être un peu courte à cause de notre surf d’hier soir … Nous nous habituons de ne pas être dans le noir complet. 
 
La journée s’annonce belle, belle pour visiter un écomusée. 
 
En allant payer le camping, nous avons la surprise d’une note tout à fait correcte par rapport aux prestations offertes. La gérante parle assez bien l’allemand et nous pouvons converser un petit moment. C’est au cours de tels échanges que l’on apprend à connaitre réellement un pays et ses habitants. 
 
L’écomusée de Hjerl Hedes n’est distant que de 2 km. Nous trouvons facilement de la place pour garer Cigalon. Les gens commencent à arriver équipés de glacières. Nous, nous arrivons avec nos deux chiens, pour qui l’entrée est gratuite. Nous payons 210 DK pour deux adultes. Pratiquement le prix de notre écomusée d’Alsace. Pour la glacière, on verra à l’intérieur ! 
 
Hjerl Hedes retrace l’évolution de l’habitat rural de l’âge de pierre au début du XXème siècle. 
 
Pour la visite complète de l’écomusée cf. l’album picasa ici : 
 
Il fait chaud et même s’il y a des passages nuageux, le soleil tape fort. Là encore, j’arrive à glaner des infos sur le pays. Le figurant qui fabrique des briques de tourbe parle bien l’allemand et même un peu le français. Il répond très gentiment à toutes les questions que je lui pose sur le Danemark. Il m’apprend entre autre que les voitures danoises n’ont pas les mêmes plaques d’immatriculation selon leur utilisation. Les voitures avec les plaques jaunes sont les voitures d’entreprise, moins taxées, les autres les voitures particulières. 
 
Nous pensions déjeuner sur place mais à part des hot dog et autres saucisses avec frites …. Nous nous contentons d’une tarte aux pommes avec chantilly. Pas très équilibré tout ça mais si bon ! 
 
C’est fourbus que nous ressortons du musée et n’aspirons qu’à un peu de fraîcheur et de repos. Les chiennes ne sont pas mécontentes de retrouver leur niche. 
 
Pour nous avancer un peu pour demain, nous roulons jusqu’à Ulbjerg où nous avons repéré un camping. 
 
Il est vaste et les places nombreuses. Il ne nous reste plus qu’à choisir la bonne ! Et plus le choix est vaste, plus Gabriel a du mal à poser Cigalon. Nos cales commencent à fatiguer et il faudra songer dans les prochains jours à nous arrêter chez un vendeur d’accesssoires. 
 
Nous profitons de la piscine et même si nous éprouvons quelques difficultés à nous immerger – l’eau étant à 24 ° et l’air plus qu’à 26° - la baignade nous rafraîchit bien. 
 
 
                                                                                                jeudi 15 juillet haut 
 
Ménage dans le camping-car avant de repartir. Par la route 533, nous longeons les côtes du Limfjorden en espérant toujours voir un phoque. Aujourd’hui, nous trouvons des cahutes dans lesquelles on peut acheter des fraises mais je n’ai pas de monnaie ! 
 
Nous quittons la route 533 pour nous arrêter à RØnbjerg. C’est d’ici que l’on peut aller sur l’ile de LivØ. A peine sommes-nous arrêtés qu’il tombe une forte pluie. Gabriel qui était parti avec les chiens n’a que le temps de revenir ! Soleil et pluie se succèdent ici à une allure folle … Et le vent mène la danse ! 
 
Après le repas, alors que je suis sur le point d’éteindre mon ordinateur, je remarque une connexion possible avec le bus qui est garé derrière Cigalon. Il n’en faut pas plus à Gabriel pour se précipiter sur son ordinateur en quête des résultats du tour de France. Mais au moment où il a trouve enfin ce qu’il cherche, le bus reprend sa tournée et ….. laisse Gabriel tout marri ! 
 
Nouvel arrêt à LØgstØr chez un vendeur de caravanes pour acheter une paire de cales. Nous découvrons un grill de camping à gaz comme celui que nous voulions acheter avant de partir. Peut-être pas moins cher qu’en France …. Aussitôt vu, aussitôt acheté ! 
 
Nous faisons aussi quelques courses alimentaires car le frigo commence à se vider. Seul le stock de viande est encore conséquent. Merci Maurice ! 
 
Nous nous arrêtons sur le front de mer pour une promenade. Aucune interdiction pour les camping-cars et de grands parkings. 
 
LØgstØr a accueilli en 2005 le festival des moules et de cette époque subsistent encore quelques sculptures déposées sur le port. Et perdue au milieu de toutes ces coquilles, une vache bariolée et son petit. C’est la cow-parade danoise !! 
 
Par le pont de Virksund, nous rejoignons notre halte de la journée, Arrtrup. Le camping se situe au « bout du monde », au beau milieu des champs. 
De la place, il y en a en pagaille comme dans tous les campings des derniers jours. Nous nous installons donc sur une grande place pour profiter de la douceur du soir. 
 
En promenant les chiens, Gabriel découvre qu’en fait le camping se situe à environ 500 m d’un petit port. 
 
Il ne m’en faut pas plus pour me remettre en route. C’est un petit port de plaisance mais qui constitue une promenade agréable. A côté du camping, je découvre une grill Hytter. Ce chalet dans un style suédois est magnifique. On ne peut même pas imaginer un tel équipement en libre service en France ! A l’intérieur, plusieurs tables et bancs entourent un barbecue. Et à côté de l’entrée même la caisse avec du bois est prévue … Incroyable ! Gabriel construirait bien une telle hutte au fond de son jardin… Il a des idées de bâtisseur en ce moment ! 
 
Un petit tour dans le village montre que nous sommes à la campagne. La désertification a fait des ravages ici aussi. Des maisons sont à vendre, d’autres sont en réfection. Nous sommes loin des maisons pimpantes de la région de Ribe ! Une petite photo encore pour Carine qui a un petit faible pour les paraboles triax et hop au lit! 
 
 
                                                                                           Vendredi 16 juillet haut 
 
Le vent a fait le ménage avec les nuages. Avant de reprendre la route, nous retournons au petit port pour prendre quelques photos avec le soleil. 
 
Arrêt aussi chez le boulanger pour le pain et le dessert de midi. Il vend du gâteau (Kage) « Toure de France » au centimètre ! A part cela son étal présente toutes sortes de gâteaux, de toutes les couleurs … bien loin de la pâtisserie française ! 
 
Nous traversons la campagne avant d’atteindre la «grande » route et par la route n° 11, nous nous dirigeons vers LØkken. Les aires de repos ne manquent pas mais nous avons envie de déjeuner au bord de l’eau. 
 
A Saltum, arrêt gasoil. Nous constatons que plus nous allons vers le nord, plus le prix du carburant augmente. Ici nous payons le litre 9,48 DK soit 1,32 euros. 
 
Nous nous arrêtons sur la plage de LØkken. Elle sert de parking et de route également pour relier plusieurs stations balnéaires du 15 mai au 15 septembre sur environ 15 km. 
 
Il fait chaud mais le vent rend la chaleur agréable. Il n’y a pas seulement des Danois Ici mais également des Allemands, des Norvégiens, des Suédois et des Néerlandais. Pas de Français … 
 
Malgré le monde, peu de baigneurs. On vient plus pour prendre des bains de soleil, jouer sur la plage, pique-niquer, prendre du bon temps. 
 
Entre dunes et plage de petites cabines de bain serrées les unes contre les autres forment un cordon blanc. Parallèlement, la mer vient s’écraser sur la plage en formant des crêtes d’écume. 
 
Ces petites cabines sont apparues à la fin du XIXème siècle. Au départ, propriété des hôtels, puis occupées par des particuliers depuis 1908, elles ont fleuri par centaines ce qui a nécessité une réglementation. En 1933, leur nombre a été limité à 485 et elles ne devaient plus être occupées de nuit. 
 
En hiver, elles sont remisées et peuvent être réinstallées sur la plage à partir du 15 mai. 
 
Nous ne nous attardons pas et une fois le repas terminé et les photos prises, nous reprenons la route. 
 
A NØrre Lyngby, nous nous arrêtons sur le parking de l’église pour prendre quelques photos avant de prendre la direction de Rubjerg Knude. 
 
L’accès pour un CC n’est pas très difficile même si sur une partie du trajet, on a du mal à se croiser. Si l’on craint ce passage, un grand parking avec bancs et tables accueille les visiteurs sur la grande route. D’ailleurs un Concorde y est stationné. 
 
Pour atteindre le haut de la dune, il ne faut pas avoir peur de grimper et de « patauger » dans le sable. Aucun aménagement ne mène au sommet. Et nous avons la bonne idée d’emmener les chiens avec nous. Avec leurs 4 pattes, ils ont plus de stabilité que nous et nous entraînent inexorablement vers le faîte. Pas évident quand même car de temps en temps l’envie les prend de prendre la tangente ! Un phare se profile à l’horizon. En 1900, les Danois ont inauguré le phare et de nos jours seul le sommet est encore visible. Le sable fait petit à petit son travail et recouvre l’édifice. De la demeure du gardien dont parle notre guide, il ne reste plus rien et les pierres servent à laisser des messages sur le sable. 
 
Le vent souffle fort et soulève des milliers de grains de sable. Je crains pour nos yeux. 
 
La descente est plus facile. Il suffit de trouver un endroit protégé du vent et se laisser glisser. 
 
Etape suivante : LØngstrup, petite station balnéaire. Nous en faisons un tour rapide avec une petite incursion sur la plage, juste pour voir les bateaux de pêcheurs couchés sur le sable. Comme il n’y a pas de port, les embarcations viennent s’échouer sur la grève et à la mauvaise saison, les pêcheurs les hissent hors de l’eau grâce à des treuils. 
 
Nous traversons une région boisée avec une végétation méditerranéenne avant d’arriver sur la presqu’île de Skagen. 
 
Comme tous les jours, en fin d’après-midi, nous avons sélectionné notre point de chute du jour. Aujourd’hui ce sera un camping le plus près possible de la pointe de Grenen, point le plus au nord du Danemark. 
 
Il y a beaucoup de circulation et nous croisons de nombreux CC. Sommes-nous en pleins départs de vacances ? Ou est-ce l’endroit le plus touristique du Danemark, hormis la capitale ? 
 
Nous découvrons un camping de plus de 400 emplacements et les places sont rares. Ce n’est pas le genre de camping que nous aimons en général mais malgré le nombre de campeurs, l’endroit se révèle charmant et calme. 
 
Nous passons la soirée à surfer et à mettre blog et courrier à jour. 
 
Alors que je m’étais imaginé que le jour tomberait encore plus tard, il n’en est rien. La latitude ? Ou tout simplement le fait que les jours décroissent ? Néanmoins, la nuit ne sera pas plus sombre que les jours précédents. 
 
 
                                                                                         Samedi 17 juillet haut 
 
Nuit très calme à part la musique de la pluie sur le toit du camping-car à plusieurs reprises. 
 
Le soleil a refait son apparition et nous quittons le camping plus tôt que d’habitude. Il ne s’agit pas de traîner si nous voulons avoir de la place sur le parking de Grenen. Il y a un parking réservé aux bus et aux CC. Super … 12 DK par heure dans l’horodateur et le tour est joué ! 
 
Pour voir la pointe de Grenen, il faut marcher 1,5 km ou emprunter le Sandormen. C’est cette seconde solution que nous adoptons pour ne pas laisser les chiennes trop longtemps seules dans le CC. 
 
Un wagon rouge, attelé à un tracteur, brinquebalant, nous mène à la pointe en une dizaine de minutes. Nous côtoyons des colonies d’oiseaux marins qui nichent dans les dunes. Avec ce cahotement, les photos sont difficiles ! 
 
Ici le Kattengat (comprenez mer baltique) et le Skagerrak (comprenez mer du nord) s’affrontent. Aujourd’hui les deux mers sont calmes et leur rencontre plutôt cordiale ne forme que de petites gerbes d’eau. Je n’ose m’imaginer leur rencontre lors d’une tempête d’hiver ! 
 
Il est quasi impossible de ne pas se plier à la traditionnelle séance photos comme le font tous les touristes. Entre mer du nord et mer baltique mon cœur balance … ou plus concrètement mes pieds cherchent leur place. Je ne sais pas qu’elle est celle des deux mers qui est la plus coquine mais en tout cas, l’une après l’autre se font la joie de mouiller mon pantacourt ! Ces photos contenteront, j’espère, ceux qui ne m’ont pas vue dans l’album picasa !!! 
 
Au retour, dans le sandormen, nous entendons parler pour la première fois le français depuis 15 jours. Ce n’est pas que nous sommes en manque mais c’est tout simplement surprenant. 
 
De retour sur le parking, nous déjeunons avant de revenir sur Skagen. 
 
Petit arrêt à l’entrée du port pour prendre quelques photos. Puis arrêt sur un petit parking près de l’une des entrées du cimetière. 12 DK par heure, comme ce matin. Nous ne nous plaignons pas car c’est la première fois depuis que nous sommes au Danemark qu’il faut payer le parking. Auparavant, nous nous sommes toujours garés gratuitement avec ou sans horloge de stationnement. 
 
Skagen est une petite ville portuaire sur la Baltique qui doit sa renommée à un groupe d’artistes qui a fréquenté les lieux à la fin du XIXème siècle. L’animation y est grande en ce samedi après-midi ensoleillé. Les Danois flânent ou font leurs emplettes. Le tour du centre ville est vite fait et avant de repartir, nous allons manger une glace italienne, appelée ici soft ice. Plongée dans du chocolat chaud et des noisettes, elle est encore meilleure. 
 
Alors que nous essayons de trouver le vieux Skagen (Gammel Skagen), un piéton nous fait signe de nous arrêter et nous indique un parking gratuit … C’est un camping-cariste girondin ! Jamais deux sans … ! 
Finalement pas d’arrêt à Gammel Skagen. Trop de monde à notre goût et pas vraiment un vieux village comme nous nous l’étions imaginé ! 
 
L’adage se réalise alors que nous revenons au camping-car après notre courte balade à la Tilsandene kirke, l’église ensablée, à quelques kilomètres de Skagen. Cette fois-ci, c’est un camping-car bas-rhinois, membre du forum rapido, garé à côté de nous. 
 
En fait il ne reste rien que le clocher ensablé de l’église Sk Laurentii du XIVème siècle. L’église a été détruite et seuls des piquets en bois la matérialise encore. L’ensablement de l’édifice date du début du XVIIIème siècle mais ce n’est qu’en 1795 que le roi a ordonné sa fermeture. Les dernières années de son fonctionnement, les fidèles devaient se frayer un passage dans le sable pour y accéder... 
Il est possible de monter dans ce qui reste du clocher mais nos jambes ont encore le souvenir de la dune d’hier ! 
 
En passant à quelques kilomètres de la Råbjerg Mile, nous décidons de faire le détour juste pour prendre quelques photos. C’est la dune du Pilat danoise … mais en miniature puis qu’elle ne s’élève que de 40 mètres. L’accès au vaste parking est facile. Gabriel qui en a plein les pattes reste dans le camping-car pendant que je m’approche d’un peu plus près de la plus grande dune mouvante du pays. Depuis 500 ans, elle s’avance en effet de d’environ 10 à 20 mètres par an. 
 
Par rapport à la Rubjerg Knude, elle est plus facile d’accès. Il suffit de suivre le long ruban noir qui forme un tapis. 
 
De temps en temps, l’on rencontre une paire de chaussures abandonnées … Les Danois n’ont pas peur de rentrer pieds nus. D’ailleurs, ils ne semblent pas craindre le vol en général. Ils laissent leurs vélos et les carrioles qu’ils tirent sans surveillance. De même certaines voitures ont le coffre ouvert pour permettre au chien d’avoir de l’air … A aucun moment d’ailleurs depuis notre arrivée, nous n’avons craint pour Cigalon même si nos vieux réflexes de camping-caristes font que nous emportons tous nos objets de valeur à chaque fois que nous quittons le véhicule. 
 
Finalement, en suivant le ruban noir, j’accède pratiquement au sommet de la dune sans aucun effort. Je photographie la vaste étendue de sable clair seulement piqueté par endroit par des bosquets d’oyats. Au loin, l’on aperçoit Cigalon … et Gabriel qui dort ! Même s’il le nie à mon retour, un zoom sur la photo le prouve ! 
 
Nous nous arrêtons à Sindal, à l’intérieur des terres. Pas la peine d’essayer ce soir de trouver un camping au bord de la mer ! 
 
Nous terminons la soirée par une bonne baignade dans la piscine – l’eau est des plus agréable - et par internet. Le propriétaire du camping nous offre la connexion du second ordinateur. 
 
 
                                                                                         Dimanche 18 juillet haut 
 
Beau temps au réveil mais beaucoup de vent. Nous prenons notre temps avant de prendre la route de Frederikshavn, port d’où partent les ferries pour la Norvège et la Suède. 
 
Petit arrêt tout d’abord au port où sont amarrés des deux et trois mâts anciens. La tour Krudttårne, ronde et blanchie à la chaux ne marque l’entrée du port que depuis 1974 car elle a été déplacée de son site originel pierre par pierre. Derrière elle émerge une belle église à double chœur. 
 
Nous déjeunons sur le petit port de RØnneren difficile à trouver mais qui offre une jolie vue sur le large et quelques petites iles. Même Osiris et Douchka semblent apprécier leur niche avec vue sur la mer ! 
 
Une promenade digestive avant de reprendre la route nous fait profiter du soleil. La plage « plantée » de palmiers en pots donne à l’ensemble un petit air « Côte d’Azur ». Après la plage, le port de plaisance avec ses maisonnettes rouges de pêcheurs. Lorsque l’une d’entre elles est ouverte, l’on aperçoit un intérieur minuscule mais coquet. Vraisemblablement des résidences de vacances à présent… 
 
Notre prochaine étape est le manoir de Bangsbo du XVIIIème siècle. Il est à peine 16h mais à notre arrivée, il est fermé ! Et le lundi itou ! Tant pis … 
 
En passant ce matin le long de la côte, nous avons vu qu’au port de plaisance de Frederikshaven, il semble y avoir une aire de service. Un petit détour confirme l’information. Pour 20 euros ou 14 DK on peut stationner face à la mer. En prime : prises de courant, eau, vidanges, douche, WC … Le même prix que pour les bateaux. 
 
Nous décidons donc de rester là pour la nuit et profitons de la fin d’après-midi pour lire au soleil. 
 
Sur le port, de nombreuses installations nous sont proposées comme ces vélos que l’on peut emprunter gratuitement ou des barbecues en libre service. 
 
Ce soir, nous allons découvrir la cuisine danoise au restaurant du port. Nous choisissons le buffet afin de pouvoir goûter un maximum de plats. Différentes sortes de poissons, des crustacés, des salades diverses et curieuses, du large pain danois pour pouvoir couper de grandes tranches et des mayonnaises variées. Peu de viande en fait et pas de charcuterie. La plupart des Danois présents mangent la même chose que nous. Nous ne sommes pas déçus et constatons que nous sommes loin d’être des « morfales », les Danois ayant un autre coup de fourchette que nous. 
 
Nous passons la soirée face à la mer. Dommage que nous soyons du mauvais côté … le soleil se couche derrière nous ! 
 
 
                                                                                            Lundi 19 juillet haut 
 
La nuit a été aussi calme que d’habitude mais ce matin il fait gris. Nous consultons notre guide pour définir nos prochaines étapes. Ce sera dans un premier temps Saeby. 
 
Nous nous garons au port de plaisance. Les places ne manquent pas. Nous avons remarqué que les Danois ne se déplacent pas tellement le matin. On les voit « émerger » sur les coups de 13H. 
 
Depuis le port, nous rejoignons l’Ulgade bordée de coquettes maisons basses. Certaines sont adorables avec leurs roses trémières. Les unes sont peintes dans la couleur ocre typique de cette côte du nord est, d’autres sont des maisons à colombages, d’autres enfin sont construites en briquettes rouges. 
 
Quelques maisons sont occupées par des artisans qui proposent de beaux objets de décoration. Il faut bien orner les tablettes de leurs fenêtres .... 
 
L’église Ste Marie de la fin du XVème siècle est à l’origine la chapelle d’un couvent de carmélites. De l’extérieur, avec sa couleur blanche, elle ressemble à toutes les autres églises danoises. Mais l’intérieur est différent ! Les murs et le plafond sont recouverts de nombreuses fresques. La chaire, en bois peint, est magnifique. Les stalles vieilles de 600 ans, en chêne foncé, sont curieusement marquées de dessins gravés. Les carmélites s’ennuyaient-elle durant les célébrations et passaient alors le temps en gravant le bois ? 
En ressortant, dans le narthex, je repère un miroir accroché au mur. Ce n’est pas la première fois que je vois ceci. Cette fois-ci le miroir est complété par un lavabo…. 
 
L’Ulgade mène tout droit à la zone piétonne. Rien de bien particulier si ce n’est le monde qui s’y promène et les étals à l’extérieur des boutiques. A croire que le Danemark est « en soldes permanentes » ! 
Repérant une librairie, j’en profite pour acheter toutes les cartes postales qu’il nous faut. Un réel budget ... comparable à une nuit de camping ! Rien que 8,5 DK pour un timbre, c'est-à-dire 1,19 euros, c’est tout dire ! Mais tout est acheté et il ne reste plus qu’à les écrire avant de rentrer en France ! 
 
Nous revenons éreintés au camping-car. La promenade prévue d’une demi-heure s’est transformée en balade de plus de deux heures. 
 
Pour déjeuner, nous déplaçons Cigalon sur l’arrière du parking, près de la digue. Un essai de connexion aboutit et je peux ainsi mettre en ligne le compte-rendu d’hier ainsi que les photos. Une bonne chose de faite ! Je suis à jour ! 
 
Nous prenons l’autoroute en direction du château de Voergård. Mais à notre arrivée, il est trop tard pour la visite qui ne peut être que guidée. Il faudra revenir demain. Autour du château se tient un marché médiéval et il y a énormément de monde. 
 
Retour sur l’autoroute direction Nørresundby. C’est là que se trouve la plus ancienne nécropole du Danemark. Lindholm Højer se composait d'habitations, d'un cimetière et de champs cultivés. Le site a été magnifiquement préservé par le sable qui l’a recouvert au Xème siècle. Les premières pierres ont été découvertes à la fin du XIXème siècle mais ce n’est qu’après la seconde guerre mondiale que les fouilles ont réellement commencé et ont laissé apparaître plus de 700 sépultures dont la plupart sont des tombes à crémations entourées de pierres. Leur forme dépendait du sexe du mort : des cercles, des triangles et même des bateaux vikings. Le site est en accès libre tandis que le musée est payant et qu’il ferme à 17H. Les Danois ont installé sur le site un troupeau de moutons pour tondre l’herbe. « Voilà une idée qu’elle est bonne » surtout que ces petites bêtes ont l’air d’apprécier la présence des visiteurs et continuent inlassablement leur tâche. 
 
Alors qu’il y a des campings à Aalboorg, nous décidons néanmoins de nous éloigner de la ville et de nous diriger vers le Limenfjorden, bras de mer peu profond (maximum 24 m), d’environ 180 km de long, qui sépare l'île de Vendsyssel-Thy du reste de la péninsule du Jutland. Nous avons été sur la rive opposée la semaine dernière. 
 
Nous nous arrêtons à Nibe dans un camping bien occupé déjà. Mais il reste des emplacements au bord de l’eau et ce sera très bien. Il y a une piscine mais la température extérieure ne nous encourage guère à y aller. Par contre la wifi est bien utilisée durant la soirée. 
 
 
                                                                                             Mardi 20 juillet haut 
 
Grand beau temps au réveil et déjà chaud. Les chiennes ont hâte d’aller se baigner l’une après l’autre dans le fjord à une trentaine de mètres du camping-car. Le camping est grand mais n’offre aucune ombre. La piscine est déjà en pleine effervescence, de même que le grand terrain de jeu situé juste à côté. Equipement classique : des lego et un tapis à sauter ! 
 
Pour visiter le château de Voergaard, nous rebroussons chemin sur environ 60 km. Heureusement, il y a l’autoroute ! Au passage d’Aalborg, July meugle et signale qu’il y a un Mac Do dans un rayon de 10 km. Lors d’une précédente connexion, Gabriel a téléchargé leurs coordonnées de manière à les retrouver facilement. Depuis notre entrée sur le territoire danois, nous n’en avions repéré aucun alors que Jacques et Mireille dont nous avons suivi le périple lors de leur traversée du Danemark ont régulièrement utilisé ce moyen pour mettre leur blog à jour. 
 
Nous traversons le Limfjorden par un tunnel sous l’eau. 
 
A notre arrivée sur le parking du château, il est déjà presque plein. Cigalon se retrouve au milieu de voitures avec le risque de ne plus pouvoir quitter le stationnement. Mais les Danois ont le respect d’autrui et laissent de la place autour du CC. 
Nous déjeunons rapidement. Il fait chaud ! 
 
Nous tombons en pleine fête médiévale et nous devons donc nous acquitter, en plus du prix d’entrée au château, du prix d’entrée à la fête. 
 
L’accès au château se fait par un large pont en briques enjambant les douves les plus larges du Danemark. Le porche, en grès, est sculpté et surmonté des initiales de Frederik II, propriétaire du château au XVIème siècle. 
 
La visite ne peut se faire que guidée et nous avons de la chance car à notre arrivée il n’y a guère d’attente. Le guide nous remet une fiche explicative en anglais et une petite brochure en français. La version française semble être une traduction automatique alors que la version anglaise suit fidèlement les explications en danois données par le guide. Malheureusement, les photos sont interdites à l’intérieur du château. Je me sens toujours un peu frustrée dans ces cas … 
 
On ne connait pas très bien les origines du château de Voergaard si ce n’est qu’il a eu de nombreux propriétaires et une histoire mouvementée. C’est le comte Oberbech-Clausen, au début du XXème siècle qui a entrepris de restaurer l’édifice. Bien que Danois, il a vécu en France et a épousé la veuve du comte Chenu-Lafitte, fille du célèbre chirurgien Péan. A la mort de sa femme, le comte a vendu son château dans le Bordelais et s’est s’installé à Voergaard, emportant avec lui tableaux, vaisselle, mobilier … . Avant sa mort en 1963, il a décidé que le château devait être ouvert au public après son décès. 
 
La visite débute par l’aile Renaissance bâtie au XVIème siècle, dans le salon d’or, appelé ainsi à cause de la tenture murale en peau de sanglier dorée. Tous les meubles sont français et datent du XVIIIème siècle sauf les quatre lustres de 1955, copies de lustres vénitiens. Une petite armoire conserve la vaisselle en porcelaine qu’utilisèrent Louis XVI et Marie-Antoinette pendant leur emprisonnement à la Bastille. 
 
La salle à manger se situe dans la partie la plus ancienne du château construite en 1350 en style gothique tardif avec des voûtes d’ogive et des briques vitrifiées rouges. Les meubles ont appartenu au père de la princesse, monsieur Péan, comme l’atteste le P sur le dossier des chaises. 
 
Dans le salon d’honneur, les fauteuils brodés au petit point de croix, datent du XVIIIème siècle. Dans cette pièce est exposé le costume de chevalier de Malte du comte Oberbech-Clausen. 
 
Le château abrite aussi quelques tableaux de maitre : Goya, Le Creco, Raphael, Rubens, Fragonard se partagent la notoriété avec les peintres danois. 
 
Après la visite, nous gagnons la fête médiévale qui bat son plein. Artisans montrant leur métier cohabitent avec des stands de jeux pour enfants. Les étals de boissons et de nourriture sont pris d’assaut. Seule différence avec nos fêtes locales, c’est le gobelet en terre cuite et vernissée qui sert de verre. Il est consigné ! 
 
Au retour sur le parking, nous retrouvons nos chiennes nous attendant sagement. Nous, on en a plein les pattes ! 
 
Se pose à nouveau la question du camping … Nous n’avons aucune envie d’aller à Aalborg et dans le récit de Nomade 59, nous avons lu qu’il existait une aire de service sur le port de Voersaa, au bord de la mer Baltique. Nous tentons le coup et trouvons un petit port de pêche, croquignolet à souhait avec ses cabanes rouges de pêcheurs. Il y a des prises de courant et un robinet d’eau avec un tuyau. Que demande de plus le peuple ? Le paiement s’effectue comme à Frederikshaven c'est-à-dire par enveloppe à glisser dans une boîte aux lettres. 
 
Nous avons bien du mal à suivre les circuits trouvés sur le net car les noms danois nous échappent complètement. Certains récits sont trop vieux et proposent un stationnement libre, ce qui à l’heure actuelle n’est plus autorisé. De temps en temps, nous arrivons à glaner une bonne info. Voersaa en est une ! 
 
Nous passons une soirée agréable avec la musique du vent. J’en profite pour écrire les cartes postales. 
 
 
                                                                                     Mercredi 21 juillet haut 
 
Nuit chaude … le vent a dû lui aussi se coucher ! Et du soleil au réveil ! Ca promet ! 
 
Après les services, nous prenons la route Marguerite pour nous rendre à Dronninglund. Nous voulons voir le château transformé en hôtel de luxe. Seule l’église se visite durant la période estivale. Dans l’entrée de l’édifice, un vestiaire et un miroir comme à Saeby … Je trouve cela curieux mais bon : autre pays, autres mœurs …. 
 
En feuilletant la documentation récupérée dans le dernier camping, nous lisons qu’à Aalborg se tient à partir d’aujourd’hui le «Tall ships races ». C’est une course de grands voiliers. Cette année, les vieux gréements arrivent d’Anvers. Ils sont environ 70 et appartiennent à différentes pays : Pologne, Russie, Danemark, Angleterre, Norvège, Oman … Le but d'une telle course est de permettre à des jeunes gens de toutes nations de faire partie des équipages des plus beaux voiliers du Monde, et d'affronter tous ensemble, dans un esprit d'amitié, de solidarité et de compétition, les défis posés par la course qui dure un mois ; après Aalborg, ils rejoindront Kristiansand en Norvège et se termineront l’aventure à Hartlepoolen en Angleterre. 
Nous trouvons facilement à nous garer sur le port. Il n’y a pas encore trop de monde et je peux photographier à loisir les voiliers. Même si leurs deux ou trois mâts s’élancent vers le ciel sans voile, le tableau est magnifique. 
 
Le bateau russe retient toute notre attention. Tout en bois, sa coque est percée de trappes qui ouvertes laissent entrevoir des canons. De nombreuses têtes sculptées ornent le voilier. 
 
Il fait tellement chaud que les chiennes ne veulent plus marcher sur le macadam brûlant. Elles sautent dans la première fontaine que nous rencontrons. 
 
Nous terminons donc notre promenade par un petit tour dans la ville et repérons des maisons intéressantes. La visite complète d’Aalborg sera pour une autre année … quand il fera moins chaud ! 
 
Nous roulons quelques kilomètres, histoire de rafraîchir un peu le camping-car avant de nous arrêter pour déjeuner sur un parking Mac Do. Il est déjà 15 h et pas de connexion ! 
 
Nous prenons la route de Mariager, au bord du fjord de même nom. C’est le plus long fjord du Danemark. Les paysages traversés sont lassants. Champs et toujours champs …. Nous aurions pu prendre l’autoroute ! 
 
Nous nous installons au camping, au bord de l’eau. Il fait chaud : 32 degrés ! Et que de monde …. Les emplacements sont petits comme nous ne les aimons pas. Alors que jusqu’à présent, dans tous les campings où nous sommes passés, les gens se montraient très discrets à notre arrivée, ici une bande de curieux épie nos faits et gestes ! Ça aussi, nous aimons ! 
Le terrain s’étend tout le long du fjord ce qui fait que nous sommes loin de la sortie et loin également de la wifi que nous ne captons pas. Il aurait fallu aller dans le salon de TV près de l’accueil … trop loin, trop chaud ! Par contre, nous avons une vue magnifique sur le fjord. 
 
En fin de journée, nous prenons notre courage à deux mains pour découvrir Mariager, petit village médiéval, entièrement pavé ! 
 
Il y a de jolies maisons que je m’empresse de photographier. A 19 h, tout est fermé… et toute activité a cessé. Nous retournons au camping et prenons l’apéro en attendant que la chaleur faiblisse un peu. Ici, nous aurions bien apprécié une piscine ! 
 
                                                                                         Jeudi 22 juillet haut 
 
Il fait chaud ce matin. Malgré le pictogramme sur le guide des campings, les installations pour nos roulottes ne sont pas géniales. Nous partons donc sans avoir fait les services. 
 
A l’accueil du camping, on nous remet un bon de réduction de 20% sur le prix d’entrée au musée du sel. Intéressant quand on sait que l’entrée coûte 90 DK par personne ! Ça tombe bien puisque c’est notre première étape de la journée. 
 
Le musée est situé juste à côté du camping et Cigalon n’a que quelques mètres à parcourir avant de s’arrêter à nouveau à l’ombre. Les chiennes n’auront donc pas trop chaud car ici l’entrée est interdite aux animaux. 
 
La visite commence par une exposition sur l’histoire du sel. L’aventure commence il y a 260 millions d’années lorsque des mouvements telluriques compriment le sel contenu dans la terre en formant un étrange champignon. Les réserves sont immenses. Le sel extrait n’est pas seulement utilisé en cuisine mais aussi dans l’industrie : verrerie, alimentation, sablage des routes en hiver… 
 
Mais au Danemark, le sel provient aussi de la mer. Les marais salants des pays de la Loire sont les derniers à fonctionner grâce au soleil et à l’évaporation de l’eau. Dans les pays du nord, le sel est séparé de l’eau de mer de différentes manières. 
 
Un système, découvert en Allemagne à la fin du XVème siècle, consiste à faire couler de l’eau de mer à travers des épineux dans une sorte de silo à maïs. Une partie de l’eau s’évapore en cours de route et le taux de sel augmente. L’eau circule jusqu’à ce que le taux de salinité arrive à 15-20 %. Ce système a été utilisé jusqu’à la fin de la seconde guerre mondiale. Les plus grandes installations de ce type peuvent avoir jusqu’à 1 km de long sur 7/8 mètres de haut. 
 
Une autre méthode c’est de chauffer l’eau de mer dans une cuve jusqu’à ce qu’elle s’évapore laissant le sel dans la cuve. Il existe aussi une méthode mixte associant évaporation et chauffage de l’eau. 
 
En sortant du bâtiment, l’on découvre les plantes qui poussent sans difficultés dans les milieux marins. Les noms des plantes sont inscrits sur des petits panneaux mais la seule fleur qui nous plaît, un petit chardon mauve, ne porte pas de nom ! 
 
Une partie de la visite se déroule dans la reconstruction d’une mine de sel et presque à la fin du parcours, l’on a droit à un film animé sur les différentes mines de sel au monde. Difficile de comprendre le danois et nous avons loupé le film en allemand ! 
Avant de quitter le musée, nous ne manquons pas d’aller faire un petit tour dans la piscine d’eau salée, une sorte de reconstitution de la Mer Morte avec un taux de salinité de près de 33% et une température de 39 à 40°! Pour une fois, je n’ai pas grand mal à me plonger dans l’eau quoique … Pas de risque non plus de couler dans ces conditions ! On flotte sans problème. La difficulté c’est d’arriver à s’asseoir dans l’eau ! Nous avons prévu nos maillots de bain (merci le guide du Routard !) mais le musée en loue également. Nous découvrons en même temps les vestiaires et les douches danoises. Pas de cabines individuelles comme en France mais une douche et un vestiaire communs à tous. Seule séparation : hommes / femmes. 
 
Nous nous installons un peu plus loin pour déjeuner à l’ombre avant de reprendre la route vers la forteresse de Fyrkat à quelques kilomètres de Hobro. Nous laissons volontairement de côté la reconstitution du village viking plutôt ludique et nous nous arrêtons un kilomètre plus loin sur le site de l’une des plus importantes forteresses vikings du Danemark. Cette construction probablement l’œuvre d’Harald à la dent bleue vers l’an 1000 contrôlait tout le fjord. Seules des pierres au sol marquent l’emplacement de la citadelle et des remparts. En entrant sur le site, l’on découvre une reconstitution d’un bâtiment viking. Il a la forme d’un bateau retourné. 
 
Le ciel s’assombrit alors que nous nous dirigeons vers Ebeltoft. Cette fois-ci, nous empruntons l’autoroute pour avancer plus vite. Il pleut pour la première fois de jour depuis notre arrivée au Danemark il y a près de trois semaines, hormis les trois gouttes de Tonken. Il pleut régulièrement les nuits, plus ou moins fort mais pas de jour ! D’ailleurs, malgré le soleil quelquefois cuisant, le ciel n’est jamais bleu complètement. 
 
A Ebeltoft, c’est la visite de la frégate Jylland qui nous intéresse. C’est le premier musée qui ferme ses portes à 18 heures donc nous avons deux bonnes heures devant nous pour nous promener sur le bateau à notre guise. L’entrée est chère. On nous remet un petit fascicule avec les explications en français. Nous négligeons une grande partie des panneaux explicatifs pour visiter la frégate. 
 
La bateau a été mis à l’eau en 1860 et désarmé en 1887. Une sérieuse et coûteuse restauration a été nécessaire afin de transformer le vieux gréement en musée. Le bâtiment, construit dans une période de transition, possède deux moyens de propulsion indépendants, la vapeur et la voile, pouvant le faire avancer respectivement à une vitesse de 14 et 12 nœuds. 
 
La visite débute par le pont supérieur organisé comme dans les années 1874 à 1886 alors que le Jylland était navire royal. Sur ce pont sont exposés 4 des canons d’origine, pointés vers l’extérieur. A la proue, des latrines à la mode latine… Parions qu’il s’y racontait les derniers potins de la vie sur mer ! Le gouvernail constitué de bronze et d’acajou a remplacé celui d’origine encadré par deux boites de compas. De cette position, impossible pour le timonier de voir la mer. La vue est bouchée par une sorte de passerelle, le filet de bastingage dans lequel, on rangeait la literie non utilisée. Cela permettait d’une part de protéger l’arrière du pont du vent mais aussi de faire écran aux projectiles. Côté poupe, sous la dunette, les salons royaux installés en 1874. On y trouve une grande salle à manger pouvant recevoir jusqu’à 16 convives, une salle de séjour encore garnie des meubles d’origine, quatre petites chambres et un office. 
 
Nous descendons sur le pont de batterie, pont principal puisque c’était ce pont qui donnait la forme au bateau. C’était le pont le plus solide car il servait de plate-forme aux 30 canons pointés vers l’extérieur à travers les sabords. 
C’est sur ce pont aussi que se trouve la cambuse, juste devant le mat de misaine. Il fallait nourrir chaque jour 400 hommes. La cabine de jour du commandant occupe l’arrière du bateau. 
 
En-dessous, il y a le faux-pont, où dormaient dans des hamacs, les marins, du capitaine au plus petit matelot. Cet espace confiné n’était aéré que par des écoutilles aménagées dans les deux ponts au-dessus et éclairé par des hublots étroits et profonds qui donnaient une lumière en faisceaux comme celle d’un projecteur. A la proue, on rangeait une partie des réserves. 
 
Nous arrivons dans la cale occupée à l’origine par la machinerie, une partie des provisions, la soute à voile. Actuellement, vidée, on voit de l’avant à l’arrière du bateau. 
 
Si la coque du bateau est en bois, la cale vue de l’extérieur montre un doublage en cuivre. 
 
La figure de proue est une femme robuste qui porte un filet de pêche sur son épaule et une houlette de berger dans la main gauche. Entourée d’échafaudage pour cause de peinture, je ne peux pas la photographier … 
 
Nous quittons le navire après en avoir fait encore un ultime tour. 
 
Nous avons choisi un camping à cinq kilomètres d’Ebeltoft équipé d’une piscine. La baignade est la bienvenue ! 
 
 
                                                                                   Vendredi 23 juillet haut 
 
Nous nous réveillons avec le beau temps. Hier soir, nous avons pu surfer sans limite sur les deux ordinateurs avec une excellente connexion. Mise en ligne des photos et du blog. 
 
Après quelques courses à Ebeltoft, nous allons nous garer devant le Jylland comme hier. Il y a des places pour bus et ce sera parfait. 
 
La vieille ville est animée et avec le soleil, il y a vraiment une ambiance de vacances. Les photos sont un peu difficiles à prendre à cause de la braderie. Nous achetons notre pain. Aujourd’hui le choix n’est pas très grand et je prends un pain au seigle, noir. Le prix est invariablement à peu près le même. Il faut compter 25 DK pour un grand pain. Par contre, les petits pains reviennent facilement au double. 
 
Nous recherchons un restaurant pour continuer notre découverte culinaire du pays. Les cartes sont rarement traduites et de toutes manières ne sont jamais claires même en chaussant mes superbes lunettes à tout lire !!! Tant pis, nous nous lançons …. 
 
Le restaurant possède un jardin … un haven à ne pas confondre avec havn qui est le port ! C’est fleuri, champêtre ! 
 
Comme d’habitude, en vain jusqu’à présent, je pose la question de savoir si l’on parle le français. Surprise ! On nous appelle une serveuse parfaitement bilingue ! Lisa, qui parle pratiquement sans accent, a poursuivi ses études dans le cadre des échanges Erasmus, à Perpignan. Elle rentre de France et elle est ravie de nous traduire la carte en français. Super, nous mettons enfin des images sur des noms barbares… mais finalement, nous optons pour du poisson pané qui est excellent ici. Nous obtenons même un espresso, ce qui n’est pas gagné d’avance au Danemark où l’on sert le plus souvent du café en cruche. 
Nous profitons encore un peu de l’ombre du jardin avant de regagner le bord de mer. Sur le chemin du retour, les chiennes qui ont repéré une grande fontaine, n’hésitent pas à y « sauter les pattes jointes » ! 
 
Nous traversons la presqu’ile de Mols parsemée de grandes propriétés. Un petit arrêt au bord de la route me permet d’en photographier une ainsi que la maison d’un original. Nous sommes dans le Djursland. 
 
Pas de souci pour se garer près de KalØ Slot ; un grand parking accueille Cigalon. Nous faisons une grande promenade jusqu’à la ruine. De chaque côté, la mer, et sur la digue pavée, un troupeau de vaches ! Cette chemin qui relie le château à la terre date vraisemblablement de l’époque de la construction de la forteresse édifiée en 1313 par le roi Erik Menved. Le fort connut plusieurs destructions et reconstructions jusqu’en 1673, date à laquelle le château est resté en l’état. 
 
En revenant sur le parking, je vois un camping-car ressemblant à une roulotte. Vite mon appareil ! 
 
Le temps de mettre les chiens dans leur niche et nous retournons au « Is Bar » pour manger une soft is … traduire glace italienne. 
 
La journée s’arrête au camping d’Aarhus. Pour la première fois, nous sommes dans un camping où les camping-cars ont des emplacements réservés sur une pelouse stabilisée par un treillis en caoutchouc. Entre deux emplacements, une table en bois et deux bancs. 
 
Ayant eu chaud toute la journée, nous commençons par aller à la piscine où l’eau est très agréable. Il y a même un bain bouillonnant dont nous profitons longuement sous le ciel qui devient de plus en plus noir. 
 
L’orage et la pluie commencent alors que je photographie le coucher de soleil. 
 
La connexion achetée à un prix d’or (20DK les 20 mn) fonctionne très mal sur mon ordinateur et pas du tout sur celui de Gabriel. 
 
 
                                                                                         Samedi 24 juillet haut 
 
Nous essayons de partir assez tôt afin de profiter un maximum de Den Gamle By. Il ne pleut plus. 
 
A l’accueil, on me rembourse les pass internet achetés et on m’indique que c’est normal de ne pas avoir pu se connecter : Seul XP fonctionne correctement, Vista pas du tout et 7, mystère … Savent-ils seulement au Danemark que nous sommes à l’ère de Windows 7 ? 
 
Je me fais expliquer où garer Cigalon pour visiter l’écomusée et c’est Julie qui nous y mène sans difficulté aucune. L’écomusée n’a pas de parking attitré mais on peut se garer dans les rues aux alentours. Nous trouvons sans trop de mal une place. 
 
Il y a déjà du monde et l’attente au guichet dure … Il faut dire que tout dure au Danemark ! Les Danois ne sont jamais pressés et ne montrent jamais un signe d’impatience. Pour nous, c’est quelquefois difficile à comprendre. 
Quelques mètres avant le guichet, il y a une ligne de discrétion comme chez nous dans les banques ou à la poste. Il ne viendrait à personne l’idée de la franchir. Seule Osiris laisse dépasser son museau ! 
 
L’aventure de Den Gamle By commence en 1909 sous la houlette de Peter Holm. Le musée ouvre cinq années plus tard, en 1914, avec quatre maisons seulement : celle du maire et trois autres. Actuellement, le musée regroupe un peu plus de 70 maisons du XVIème au XIXème siècle. Depuis cette année, les travaux d’agrandissement du musée ont repris. Il s’agit à présent de construire un nouveau quartier daté de 1974. 
 
A l’image de l’écomusée d’Alsace, les maisons ont été démontées et remontées à l’identique à Den Gamle By. Ce sont des habitations de toutes époques et de toutes conditions qui se disséminent à travers le village. Toutes sont meublées. Dans certaines, des artisans montrent leur savoir-faire. D’autres proposent des produits à la vente. La mairie sert également de bâtiment d’exposition. 
 
Sur chaque maison, des panonceaux donnent une brève explication de la provenance du bâtiment et de son histoire. Dans le guide du routard, on nous dit qu’un guide payant en français est disponible. Nous ne le trouvons pas et nous devons nous contenter du livre en allemand. Pour sûr, je vais faire des progrès en allemand ! 
 
Les premières maisons sont un peu difficiles à visiter car il y a beaucoup de monde mais au fur et à mesure, les visiteurs se dispersent dans le village. Les chiens doivent rester hors des bâtiments mais nous ne le saurons qu’à la fin de la visite. Osiris et Douchka sont tantôt attachées devant les maisons, tantôt elles suivent leur maître. Et personne ne dit rien ! 
 
Lorsque nous voulons manger à l’auberge, il y a une telle queue que nous remettons notre repas à plus tard. Et il est finalement 15H lorsque je mets sur pied l’opération « smØrebrod … Pas simple de se faire comprendre … La commande passée tant bien que mal avec force mimes, je paie et l’on me remet une demi carte à jouer. Ce sera ma monnaie d’échange pour obtenir mes tartines ! Tout simple quand on comprend la langue … beaucoup moins quand il s’agit de décoder un mélange d’allemand et de danois ! 
 
Le smØrebrod de Gabriel est à base de hareng …, le mien de poulet. Les deux avec de la mayonnaise ! Comme les Néerlandais, les Danois ne peuvent pas s’empêcher de mettre la mayonnaise à toutes les sauces. 
 
Lorsque nous ressortons de Den Gamle By, il est 16 heures. Nous avons mis 4h30 pour découvrir cet endroit et aurions pu encore y rester. Malgré le prix élevé de l’entrée, nous ne le regrettons. 
 
Pour terminer la journée, nous nous dirigeons vers Marselisborg, résidence royale. Impossible de trouver une place dans les environs et nous décidons donc d’aller directement au camping que nous avons choisi dans la région des lacs, à Ry. La fatigue de la journée se fait sentir. 
 
C’est une région boisée de collines. Cela change de la plaine que nous avons sillonnée tous ces jours. 
 
Juste avant d’arriver, nous essuyons une belle averse. 
 
Nous traversons Boes, tout petit village s’étirant le long d’une rue unique dont la plupart des maisons sont coiffées d’un toit de chaume. Trop mignon ! Nous nous promettons de revenir demain. 
 
Au camping, il y a une belle piscine couverte mais notre emplacement jouxte celui d’une caravane avec des enfants. Impossible de laisser Douchka et Osiris seules. Elles risquent de s’essayer à toutes sortes de vocalises durant notre absence et nous préférons les mener sur un terrain de jeu qui leur est réservé et sur lequel elles peuvent s’ébattre en toute liberté. Osiris nous montre que malgré ses 11 ans, elle court toujours aussi vite et qu’elle est capable de dépasser Douchka quand il s’agit de récupérer la balle ! 
Après cet entrainement, nous les menons au lac pour un petit rafraîchissement. 
Voilà un camping sympathique pour nos amis les bêtes. 
 
 
                                                                                          Dimanche 25 juillet haut 
 
Les petits escargots au petit déjeuner sont un vrai régal quoique un tantinet un peu trop sucrés. Au Danemark, tout est sucré, trop sucré : la pâtisserie, les salades, les harengs … Sans parler de la mayonnaise omniprésente dans toutes les assiettes ; il y a fort à parier que la balance risque un malaise au retour. Enfin pas la mienne … je ne mange pas de mayonnaise ! 
 
Ce matin, toujours le même temps : nuages, soleil, nuages … Au bout de trois semaines, on s’habitue à avoir chaud et du soleil sans avoir de ciel bleu. Cela donne d’ailleurs une lumière superbe, douce et pure à la fois. 
 
Notre première étape du jour : le Himmelbjerget, la colline du ciel. C’est le quatrième plus haut sommet du Danemark avec ses 147 mètres … 6 mètres de plus que la cathédrale de Strasbourg ! 
 
Nous nous garons sur le parking n°1, sur un emplacement réservé aux bus. Nous avons remarqué que très souvent les camping-cars danois utilisent ces places. 
Le parking payant permet de rester cinq heures. De nombreux Danois viennent le dimanche, en famille, pique-niquer sous les arbres. D’ailleurs un Danois sans glacière n’est pas un Danois … 
 
Pour nous ce ne sera qu’un aller-retour jusqu’à la tour qui symbolise ce point culminant. La vue s’étend sur le lac de Julso, parsemé de petites iles. 
 
Le vent décoiffe mais nous prenons quand même deux photos pour satisfaire les râleurs ! 
Pour déjeuner, nous nous déplaçons au parking n°2, 300 m plus loin, de manière à laisser la place aux autres. 
 
Après le repas, petit arrêt à l’abbaye d’Om dont il ne reste plus grand-chose si ce n’est quelques pierres au sol. Nous renonçons à la visite. Nous avons vu des abbayes bien plus belles en France que nous avons peur d’être déçus. 
 
Comme promis, nous repassons à Boes. Pas facile de trouver une place pour garer Cigalon, le village n’ayant qu’une seule rue. Les maisons sont magnifiques mêlant la couleur rouge ou ocre des murs à la coiffe blonde des toits. Je les photographie pratiquement toutes ! 
 
Le prochain arrêt est prévu à Skanderborg où nous voulons voir l’église avec un clocher rond. C’est ce qu’il reste d’un château édifié au XIIème siècle avec les pierres de l’abbaye d’Om et qui a servi de résidence aux rois du Danemark. Malheureusement, l’église est fermée le dimanche et nous ne pourrons pas voir la chaire qui se situe curieusement derrière l’autel ! 
 
Nous montons sur l’autoroute et nous dirigeons vers Jelling. C’est en fait ici qu’aurait dû commencer notre tour du Danemark puisqu’on y situe les origines du pays. C’est le premier site culturel danois à avoir été inscrit au patrimoine de l’Unesco en 1944. 
 
Un grand parking nous attend. Une pancarte « No camping » interdit son utilisation la nuit. 
 
L’église construite au XIIème siècle malgré l’heure - 16h30 - est encore ouverte. Elle est située entre deux tumulus dont le plus élevé a servi de sépulture au roi Gorm l’Ancien. On l'a enterré dans une chambre coffrée de bois. Le second tumulus est resté vide. 
 
Devant l’église se dressent deux pierres runiques, c'est-à-dire gravées dans un ancien alphabet danois. 
La plus petite des deux, érigée par Gorm l’Ancien, au Xème siècle, en l’honneur de son épouse Tyra mentionne pour la première fois le nom du Danemark. On y lit l'inscription suivante: "Le Roi Gorm a érigé ce monument en l'honneur de sa femme Tyra, gloire du Danemark". 
 
La seconde, la plus grande et également la plus importante pour l’histoire du pays, a été dressée par Harald à la dent bleue, fils de Gorm, à la mémoire de ses parents. L'inscription accompagnée d’une image du Christ précise que : "Le Roi Harald a fait élever ce monument à la mémoire de Gorm son père et de sa mère Tyra. Harald est celui qui unifia le Danemark et la Norvège et qui apporta le Christianisme aux Danois." 
C’est pour cela que les Danois considèrent cette seconde pierre comme l'acte de naissance de leur nation. 
 
L’église actuelle est la quatrième. Elle est construite en calcaire blanc alors que les 
trois premières étaient en bois. On doit la première à Harald à la dent bleue. Les restes du Roi Gorm ont été transférés dans une crypte sous le plancher de l'église. L’endroit est matérialisé au sol par un changement de couleur du pavage. 
 
L’intérieur de l’église est dépouillée, moderne et il y règne une agréable fraîcheur. 
 
Avant de chercher un camping, nous décidons de passer à Legoland. En effet, le guide du routard mentionne qu’à partir de 18h l’entrée du site serait gratuite. Nous ne voulons pas faire les attractions mais simplement quelques photos. 
 
Il est tout juste 18h et le public sort par grosses grappes. Pas d’entrée possible. Nous poursuivons donc notre route jusqu’à Vejle où nous allons au camping municipal. 
 
Camping dépouillé par rapport aux endroits où nous avons pu nous arrêter ces dernières trois semaines mais nous avons ce qu’il faut donc pas de souci. Il est situé aux abords d’une forêt, à 2km5 de la ville. Attention, ça grimpe … 
 
 
                                                                                        Lundi 26 juillet haut 
 
Dernière semaine de vacances et sommes toujours dans le Jutland ! Si cela continue, on va rebaptiser Cigalon … Limaçon lui conviendrait mieux! 
 
Première étape : monter au moulin qui surplombe le port. Une forte pente y mène … Cigalon n’a plus l’habitude après trois semaines ! Le moulin est encore fermé et de son pied, on ne voit que des toits de maisons. Nous doutons fort qu’une quinzaine de mètres plus haut la vue soit plus dégagée … mais si le guide le dit … 
 
Vejle est une ville moderne et cela ne nous engage pas à la visiter. 
 
Nous nous arrêtons par contre sur le port pour acheter du poisson. Difficile de s’en sortir avec les différentes variétés. Notre vocabulaire s’arrête aux noms basiques : silk = hareng, orre = truite, lacks = saumon …. Et …et … c’est tout ! Nous prenons du filet pané qui n’a rien avoir avec le poisson avec de la sciure et des yeux dans les coins que l’on trouve chez nous. 
 
Puis petit tour au supermarché pour les courses ordinaires avant de reprendre l’autoroute jusqu’à Fredericia, juste avant le pont qui relie le Jutland à la Fionie. Nous nous arrêtons sur le port est pour déjeuner. Un cargo en maintenance nous permet d’obtenir une connexion dans le camping-car. 
 
Le temps gris du matin s’est transformé en grand soleil et chaleur. Depuis que nous avons repris la route ce matin, nous constatons qu’il y a beaucoup plus de trafic. Est-ce l’endroit ? Ou les vacances des Danois auraient-elles débuté ? 
 
Nous décidons de traverser la mer Baltique par l’ancien pont qui se partage entre voie ferrée, route et piste cyclable. Notre compteur affiche 57193 kilomètres. Nous venons de faire 1868 km au Jutland ! 
 
Nous nous arrêtons à Middelfart dans un premier temps pour faire une photo vers le continent et le pont autoroutier puis finalement après lecture de nos notes, nous recherchons une place de parking plus au centre. 
 
Middelfart a une jolie rue piétonne où l’on peut voir quelques bâtiments remarquables comme l’auberge Holm’s, peinte en rouge brique et à colombages, et qui date de 1548. 
Nous nous promenons un petit moment le long de l’eau et découvrons ici également des méduses aux longs et redoutables filaments. 
Nous décidons de fuir les grands campings de bord de mer et allons dénicher un petit camping nature à Rojle, le Rojle Klint. Comme son nom l’indique, il est effectivement situé sur une dune dont une partie s’est effondrée en 1885, emportant avec elle la moitié des sanitaires. Les propriétaires ont tout simplement condamné la partie effondrée… Pas sûr qu’en France, l’exploitation du camping serait encore possible ! 
 
Malgré ses trois étoiles, le camping est plutôt rustique, offrant de beaux emplacements avec des dévers dont Cigalon est loin d’être friand ! Après un essai malheureux, nous finissons par lui trouver une place. 
 
Il fait beau et nous passons la soirée dehors avec une connexion internet pour mettre courrier et blog à jour, Googletalker et même pour dépanner notre amie « Tartine » en informatique. Elle qui ne voulait pas entendre parler de GT …. 
Le coucher de soleil est rouge ce soir mais nous n’avons pas le courage de descendre la dune jusqu’au bord de la mer…. Car qui dit descendre, dit aussi remonter ! 
 
 
                                                                                           Mardi 27 juillet haut 
 
Camping rustique mais très calme…. Comme nous les aimons. Aujourd’hui, il fait grand beau temps et le ciel est presque d’azur … cela existe aussi au Danemark ! 
 
Les services sont difficiles … les robinets d’eau ne sont reliés à rien du tout … Il aurait fallu se servir au robinet d’eau potable du camping. Tant pis, pas envie de revenir sur nos pas. 
 
Notre première étape d’aujourd’hui est Bogense. La route qui nous y mène est circulée. De nombreuses caravanes semblent se diriger vers le bord de la mer. Sur la route, une belle église, un peu différente des autres, fait stopper Cigalon. Et de surcroît, elle est ouverte …. Je ne jette qu’un rapide coup d’œil car un cercueil est installé devant l’autel … une cérémonie va avoir lieu. 
 
Au bord de la route, nous trouvons enfin des fraises. Et cette fois-ci pas de problème de monnaie. Prévoyants, nous en avons gardée dans la boite à gants. Hop une piécette dans le petit coffre, je prends une barquette de 500 gr de fraises toutes rouges et le tour est joué… Le choix de légumes, fruits et fleurs ne manque pas ici. Et nous voyons apparaitre des tomates et des courgettes. La Fionie semble être beaucoup plus maraîchère que le Jutland. 
 
Pour le déjeuner, nous nous arrêtons dans le port de Bogense, sur un grand parking. En dessert, naturellement les fraises achetées moins d’une heure auparavant. Succulentes … 
 
Quelques photos sur le port avant de déplacer Cigalon sur un parking plus proche du centre. 
 
Dans la petite ville s’élèvent de minuscules et jolies petites maisons, essentiellement près de l’église où elles alignent leurs couleurs les unes à la suite des autres. Sous le soleil, les couleurs apparaissent encore plus pimpantes et vives. Néanmoins elles n’ont pas les belles portes des maisons de Ribe. 
 
Ailleurs les maisons sont plus grandes et beaucoup portent la date de leur construction. 
 
L’hôtel de ville peint tout en blanc est surmonté d’un petit clocheton. 
 
L’église et son clocher pointu se voient de loin. Comme dans toutes les églises, les murs sont peints en blanc et un bateau rappelle que les Danois sont un peuple de marins. La chaire rouge et dorée se détache sur le coin du chœur. 
 
Nous passons à l’OT pour récupérer quelques informations sur la Fionie. L’hôtesse qui parle allemand n’est pas avare de prospectus et c’est bien nantie que je repars. Elle me confirme aussi que le camping-car en dehors des terrains de camping est interdit. 
 
Sur une petite place près de l’OT, nous rencontrons un drôle de petit bonhomme haut de 56 cm sur une fontaine. Nous l’avons déjà vu à Bruxelles. Il s’agit du Manneken Pis, ou du moins une copie. Si l’on en croit le panonceau placé à côté, il s’agirait d’un cadeau du consul de Copenhague qui avait des attaches familiales à Bogense. La tradition d’habiller le petit garçon date de 1953. Pour son 7Oème anniversaire en 2004, on lui mit une veste à queue de pie (frack). A défaut d’avoir vu la petite sirène - ayant d’ailleurs déserté Copenhague pour l’expo universelle en Chine - nous aurons fait la connaissance du clone du Mannenken Pis ! 
 
Après une bonne heure de promenade, nous revenons au camping-car. 
 
L’étape suivante nous amène à travers les champs d’orge à Glavendrupstenen. Dans notre guide était mentionnée la présence de grandes propriétés. Nous n’en voyons guère ! 
 
Les Danois pratiquent l’écobuage et une partie du ciel est obscurci par une fumée noire. 
 
July ne connaît pas l’endroit et c’est donc un peu au feeling que nous avançons. La signalétique danoise est très tardive et il faut vraiment se rapprocher des lieux remarquables pour trouver des panneaux. Nous sommes en pleine campagne, environnés de champs de blé et d’orge. 
Une série de pierres plutôt curieuses conduisent le visiteur dans une clairière où un bateau matérialisé par des pierres dressées abrite la tombe d’un chef viking. La pierre est encerclée de lignes d’écriture rune qui en font le tour. Ce serait un poème d’amour que l’épouse du défunt aurait gravé pour louer les mérites guerriers du mort. L’endroit est sympathique et de nombreuses stèles aux alentours portent des inscriptions en danois … vraisemblablement des commémorations diverses. 
 
La journée n’est pas encore terminée et nous décidons d’aller voir le manoir de LangesØ. De la route d’accès, on a une vue magnifique sur l’édifice mais l’arrêt est interdit. Nous allons donc jusqu’au manoir où nous ne trouvons nulle trace de la chapelle gothique dont parle notre guide. Tant pis, il se fait tard et nous rebroussons chemin quand soudain, je vois un panneau qui nous indique la chapelle dans la forêt. Elle est en fait à l’opposé du manoir … Il fallait le savoir … encore un détail que le guide a omis d’indiquer ! Pourtant, j’aime les guides Gallimard en général mais celui du Danemark recèle d’erreurs. 
 
Malheureusement elle est fermée et je dois me contenter de quelques photos d’extérieur. 
 
Nous terminons la journée au camping d’Odense. Les places sont grandes et nous profitons du soleil pour déjeuner à l’extérieur. Il y a une piscine mais elle ferme à 18H ! C’est la première fois que nous voyons une fermeture aussi précoce. D’habitude, c’est 22 h ! Tant pis … car on aurait bien supporté un petit rafraîchissement après cette journée chaude ! 
 
 
                                                                                              Mercredi 28 juillet haut 
 
C’est un exploit ce matin ! 8h50 et nous quittons déjà le camping ! Nous voulons faire les vidanges et le plein mais l’eau est payante ! Du jamais vu … ici ! Tant pis, on verra ce soir. 
 
Du camping, il aurait été possible de prendre le bus qui rejoint le centre d’Odense mais les chiens y sont interdits ! Donc nous optons pour le déplacement en camping-car. Vu l’heure matinale, nous trouvons sans mal une place pour Cigalon à côté du quartier de Hans Christian Andersen. Il n’y a pas de soleil ce matin et cela tombe bien car nous laissons les chiennes dans leur niche. 
 
Odense est la troisième ville du pays. Le tourisme tourne surtout autour du conteur danois. Et pourtant comme Mozart à Salzbourg, Andersen a dû s’expatrier pour connaitre le succès ! 
 
Son musée n’ouvrant qu’à 10h, nous flânons dans le quartier, profitant du peu de touristes encore. Les maisons qui jouxtent le musée ne sont pas bien grandes. Elles sont peintes de toutes les couleurs. Il semblerait qu’actuellement une maison en fait soit composée de deux, voire de trois. La maison natale d’Andersen occupe un angle. Elle parait grande mais en fait, elle abritait trois familles. Un peu partout à travers la ville des rappellent l’écrivain ou à son œuvre. Nous achetons aussi quelques souvenirs car jusqu’à présent, nous n’en avons pas vus souvent. 
 
Le musée a été transformé en un bâtiment ultra moderne entouré d’eau à l’occasion du bicentenaire de la naissance de l’artiste 20O5. 
 
Andersen, issu d’une famille modeste est né en 1805 à Odense et mort en 1875. L’exposition commence par un repérage chronologique : Andersen et son temps. Difficile de tout comprendre car l’anglais est la seule langue utilisée en plus du danois. Suivent ensuite des lettres, divers objets personnels dont son dentier, des collages qu’il a réalisés, une bibliothèque abritant ses œuvres en toutes les langues, des sculptures le représentant … 
 
Une réalisation nous intéresse tout particulièrement : c’est un abécédaire réalisé par Sonia Brandes. Pour chaque lettre de l’alphabet, l’artiste a créé un petit poème et une illustration liée à un de ses contes. Difficile pour nous de retrouver les lettres mais les dessins sont jolis. 
Autre point aussi très intéressant, c’est la rotonde du souvenir avec la grande fresque de Niels Larsen Stevns, peinte en 1920 et qui en huit panneaux retrace la vie d’Andersen. Les trois petits tableaux au-dessus des portes dépeignent des scènes de la vie intérieure tandis que les autres représentent des scènes de l’extérieur, durant une période allant du lever au coucher du soleil. 
 
La maison jaune que nous avons vue de l’extérieur est intégrée au musée. Ce serait, d’après la tradition orale, la maison où naquit l’auteur. Trois des sept chambres sont meublées avec des meubles d’époque alors que les autres sont consacrées à l’histoire de la maison et de la famille Andersen. 
 
Au sous-sol un cabinet des curiosités montre des objets ayant appartenu à Andersen comme son nécessaire de toilette, sa tabatière, sa cafetière, sa montre, sa veste, son lit, le fameux chapeau que tout le monde connait et une corde dont on dit qu’Andersen ne se défaisait jamais. Cela lui aurait permis, en cas d’incendie dans son hôtel, de s’échapper. 
 
En ressortant du musée après plus d’une heure de visite, nous découvrons qu’il y a eu la parade d’Andersen proposée par les enfants des écoles, devant le musée à côté de la reconstitution de la maison de Nyhavn où il passa ses dernières années. 
 
Nous avons encore une heure avant que notre temps de parking soit écoulé. Nous en profitons pour visiter l’église catholique St Albani dans lequel le roi Knud fut assassiné. Ça change un peu de tous les temples protestants que nous avons vus jusqu’à présent. L’édifice est construit dans un style gothique, le portail est roman. 
 
Avant de regagner le camping-car, nous nous arrêtons au marché tout près pour faire quelques achats. 
 
Cigalon est quelque peu coincé par des voitures mal garées et il faudra tout l’art du chauffeur pour le tirer de ce mauvais pas. 
 
Nous allons directement sur le parking du village fionien, le Fynsklandsby. Pas très plat mais de toute façon le repas est rapide pour ne pas perdre trop de temps. 
 
Les chiens sont acceptés dans le parc et à l’intérieur des maisons. Par rapport à Den Gamble By, nous sommes ici dans une reconstruction d’un village de Fionie. Les 25 maisons du XVIIIème et XIXème siècles sont réparties ça et là dans un vaste parc, comme à l’écomusée d’Alsace. La plupart des intérieurs sont meublés. Dans certaines même des mannequins complètent la mise en scène. Cela cause quelques frayeurs à Douchka qui a peur devant tout objet immobile. 
 
Les dernières maisons sont visitées rapidement car il s’est mis à pleuvoir. C’est la première fois que nous sommes gênés par la pluie en journée. 
 
Nous nous arrêtons à Ringe pour la nuit. Le camping fait partie d’un vaste complexe de remise en forme mais la piscine ferme à 18h … Dommage ! 
 
 
                                                                                              Jeudi 29 juillet haut 
 
Ce matin, il fait gris mais il ne pleut pas. Quelques kilomètres seulement nous séparent du château d’Egeskov, l’un des plus beaux châteaux de la Renaissance d’Europe. Rien que ça ! 
 
Pas de difficultés pour se garer. Autour du château, il y a 1400 places de parking. Mais là aussi, le stationnement nocturne est interdit pour les camping-cars. Par contre un mini-camping libre et gratuit accueille des tentes sur la pelouse. 
 
A l’origine, Egeskov était une grosse ferme sise dans le village. Peu à peu, en s’agrandissant, elle devint la ferme principale d’une seigneurie. Lorsque Frands Brockenhuus, en devint le propriétaire par alliance, il fit construire en 1554 un château sur pilotis qu’il appela Egeskov parce qu’il avait fallu toute une forêt de chênes pour asseoir les fondations de la bâtisse. 
 
L’actuel propriétaire, Michael Ahlefeldt-Laurvig-Bille, occupe toujours un tiers de l’édifice et l’a ouvert au public ainsi que le parc dans un souci de rentabilité. 
 
Nous choisissons la visite complète et commençons par le château, histoire d’avoir moins de monde dans les pattes pour les photos. 
 
Nous récupérons une petite brochure explicative en français que Gabriel sera obligé de me lire – ça change de l’habitude ! – car il a oublié mes lunettes ! 
 
Egeskov est fortifié. Créneaux, mâchicoulis et pont-levis sont là pour le confirmer. 
Tout y est pour le rendre imprenable ! 
 
La visite débute par la salle de chasse qui servait de bureau au père de l’actuel comte. Grand amateur de chasse à l’étranger, on y a exposé ses nombreux trophées comme celui de cette impala qui avec ses cornes de près de 90 cm, est entrée dans le Guiness des Records. 
Dans la pièce, l’on trouve également plusieurs coffres et deux poêles octogonaux norvégiens en fer de 1693. 
 
Le salon jaune est en partie meublé avec des meubles de style Louis XVI dorés à l’or fin. L’horloge cache dans son pied un orgue. Le bureau hollandais est du XVIIIème siècle. Au mur de grandes glaces. 
 
L’escalier qui mène au deuxième étage, a pour particularité de tourner de droite vers la gauche, à l’inverse de ce qui se fait dans les autres châteaux forts. 
 
Nous pénétrons dans la salle des chevaliers rénovée en 1975 qui sert maintenant de salle de spectacle. Au fond un grand tableau de Christian IV. Des armes, des armures, des coffres, des tableaux tiennent lieu de décoration. Entre 1880 et 1975, cette pièce était divisée en six chambres d’amis. 
 
Au même étage se trouve une salle qui renferme les jouets d’enfants de la famille ainsi que la chambre de la nurse. 
 
Par le couloir de la chasse, nous aboutissons à la chambre de Rigborg qui abrite le palais de Titania, une magnifique maison de poupées contenant plus de 3000 pièces. La fillette avait demandé à son père de lui construire une maison pour abriter les elfes qu’elle avait vus dans le jardin. La construction prit 15 ans. Parions qu’une fois la maison terminée, la fillette était devenue une jeune fille et n’avait plus du tout envie de jouer à la poupée ! 
 
Sous les combles, nous trouvons une curieuse collection de bidets, de jouets en bois et d’ustensiles de cuisine. Le tour est vite fait ! Sous la toiture d’une des flèches est couché un petit garçon en bois. Selon la légende, si l’on ôtait ce poupon, le château s’écroulerait. 
 
Lorsque nous ressortons du château, il est midi et demi. Nous allons déjeuner dans les anciennes écuries. A défaut d’un festin de roi, nous mangeons dans des locaux princiers ! Il faut bien ça pour notre prince du jour ! Au traditionnel buffet, nous préférons des smØrebrØd. Pas question d’aller chercher le dessert que nous avons repéré ; la file s’est rallongée et obtenir une petite douceur nécessite une très grande patience. 
 
Le temps de promener un peu les chiens et nous voilà de retour dans le parc. Outre les jardins et les plantations, plusieurs musées sont ouverts au public : les musées des jouets anciens, des vieilles voitures et des avions, des motos, des pompiers, des outils agricoles et des voitures hippomobiles. 
 
Nous passons un long moment dans le hall qui présente les vieilles voitures. Il y en a de très belles, les chromes brillants, les carrosseries rutilantes. 
 
Il y a même l’ancêtre du camping-car construit sur une base de Bethford. Il a appartenu au peintre Sigurt Swane et à son épouse qui l’ont fait construire en 1953 pour passer des vacances en famille en Espagne et au Portugal. Difficile à prendre en photos car il remporte un franc succès. La caravane Eriba a moins d’admirateurs car elle se rencontre encore de nos jours. Celle exposée date de 1964. Le camp-jet de Handy, première caravane pliante, construit par un menuisier, arriva sur le marché dès 1955. Le modèle exposé date de 1957. On trouve aussi la première tente pliante … spartiate quand même ! La caravane de marque Suleica est une production allemande. Seuils 2 exemplaires ont été importés au Danemark. Il existait une version amphibie. 
Outre ce très intéressant musée, Michael Ahlefeldt-Laurvig-Bille en a créés d’autres : celui des véhicules hippomobiles et des outils agraires ; celui des cyclomoteurs et des motos que nous parcourons très rapidement. Pour la novice que je suis, une moto ressemble à une moto ! 
Nous terminons par le musée des pompiers, les Falk dont l’emblème est un faucon (falk = faucon en danois). A la différence des pompiers français, les pompiers danois 
ont des missions diversifiées. Ils portent secours aux personnes mais également dépannent les voitures en panne ou accidentées. 
 
Alors que Gabriel rejoint le camping-car pour retrouver ses chiens, je continue ma visite en parcourant les extérieurs. Le vaste domaine est magnifiquement arboré : jardins à la française, à l’anglaise, jardin de senteurs, des dahlias, des fuchsias, des eaux, des roses, volière, labyrinthe. Je dois en oublier une partie … Une chose est sûre c’est qu’il faudrait un deuxième jour pour approfondir la visite. 
 
Je termine ma promenade avec un dernier regard sur l’édifice. Le château mire ses derniers reflets dans les douves pour le plus grand plaisir des photographes. 
 
Nous décidons de retourner au camping à Ringe. C’est le plus près, le moins cher de toutes nos vacances et de surcroît sur la route du retour. La pluie nous surprend alors que nous nous installons. Les vacances se terminent … 
 
Nuit aussi calme que la première mais ce matin, il fait franchement gris. Heureusement que j’ai payé le camping hier soir ; cela m’évite de me faire mouiller ! 
 
Nous empruntons l’autoroute quasiment à la sortie de Ringe. 
Le retour va être dur … rien que de l’autoroute sur 1200 km. La circulation est dense car nous sommes sur l’axe Jutland-Copenhague. Nous quittons la Fionie sous la pluie. Elle nous accompagne jusqu’à la frontière allemande pour progressivement s’atténuer au fil des kilomètres. 
 
Nous quittons l’autoroute pour passer une dernière nuit en Allemagne avant de rentrer à la maison après 4 semaines d’absence et 4036 kilomètres. Le tour du Danemark est loin d’être bouclé. Cigalon a voyagé à une allure de limaçon et nous nous promettons de terminer notre périple danois un des prochains étés avant de poursuivre notre découverte de la Scandinavie par la Suède.