Danemark été 2010
Ribe 
Notre journée s’arrête à Ribe, un peu plus au nord, sur l’un des rares parkings danois autorisés aux camping-cars durant la nuit. L’eau et la vidange sont gratuites. Le parking est grand et à notre arrivée, il y a déjà beaucoup de véhicules. Nous choisissons une place au fond de manière à ne déranger personne avec nos chiens.
Ribe, première ville du Danemark à être fondée aux environs de l’an 700, a su conserver tout son charme médiéval et chaque rue est un morceau d’histoire. En effet, la ville abrite plus d’une centaine de bâtiments classés. A l’époque des Vikings, Ribe était déjà un port de commerce florissant et a été doté dès 948, avant même que le Danemark ne soit officiellement christianisé, d’une église et d’un évêque. Cet essor commercial est brutalement stoppé par la Réforme, la modification des routes maritimes et par la suprématie de Copenhague. Aujourd’hui, la ville s’est tournée vers le tourisme.  
 
Nous dînons rapidement car nous voulons suivre la promenade du veilleur de nuit à 20H.
En moins de 10 mn, nous sommes sur le Torvet, la place centrale. Le veilleur, son fléau dans une main, sa lanterne dans l’autre, commence son circuit devant l’hôtel Dagmar. Son rôle à l’origine n’était pas de promener les touristes mais de faire régner l’ordre et le droit dans la cité. Il devait veiller également au feu, danger permanent pour les habitations en bois collées les unes aux autres.
Nous le suivons donc.
Il chante la chanson du veilleur et s’arrête régulièrement pour raconter l’histoire de la ville. En danois, nous ne comprenons rien, naturellement …mais nous comprenons à présent pourquoi les Suédois disent que les Danois toussent quand ils parlent ! Notre garde tousse d’ailleurs aussi lorsqu’il fait son commentaire en anglais si bien que nous ne comprenons absolument rien ! 
 
Nous quittons le groupe pour nous promener à notre guise dans la petite ville qui s’anime au fil de la soirée. Le soleil n’est toujours pas couché.
Ayant laissé les chiens dans le CC, nous en profitons pour aller manger une glace : une « giant » composée de deux boules, d’une glace à l’italienne, d’une boule choco et d’un nappage. Énorme et tout ça dans un cornet cuit sur place. Nous la dégustons à l’extérieur tout en suivant avec attention ce qui se passe dans la rue.
C’est l’occasion d’utiliser la première fois la monnaie danoise.
Deux gamins, pieds nus, arrivent avec un seau. Ils viennent de pêcher une anguille qui cherche sans cesse à s’échapper. Les passants, autour d’eux, forment un attroupement !
En revenant au camping-car, Douchka fait la fête à son maître ! A croire qu’on l’a abandonnée durant des heures !!
Et pour finir la journée, j’essaie de capter les derniers rayons d’un soleil qui se couche, enfin. Il est près de 23h !
La journée d’aujourd’hui a été particulièrement dense et le nombre de photos à décharger s’en ressent ! Pas de connexion ce soir … je prépare donc mes dossiers. 
  
Vendredi 9 juillet 
 
Il fait déjà chaud ce matin. Heureusement de temps en temps, un petit souffle nous permet de mieux supporter la chaleur.  
Nous retournons en ville et reprenons le circuit du veilleur de nuit. L’hôtel Dagmar, en briques brunes, reconstruit en 1581 après le grand incendie de la ville un an plus tôt, jouxte l’OT.
Nous allons y glaner les infos qui nous manquent. Pas question de faire comme en France c'est-à-dire ramasser tous les prospectus. Seuls ceux traduits en allemand de préférence peuvent nous servir. L’hôtesse ne parle pas le français non plus. 
L’ancienne mairie
Un peu partout des fleurs, y compris contre les façades des maisons.
Avant d’aller visiter la cathédrale, nous passons devant l’hôtel Den Gamble arrest, qui est en fait une ancienne prison. Les cellules ont été transformées en chambres ! Original !
L’entrée de la cathédrale est gratuite. Seule la montée à la tour est payante... Très peu pour moi… mon sciatique fait encore parler de lui. Et pour Gabriel, il n’en est même pas question. Les longues promenades des derniers jours lui ont rappelé sa récente opération du genou ! 
La cathédrale, construite entre 1150 et 1250, mêle intimement le style roman et gothique. Elle allie le tuf germanique aux briquettes rouges de la région. A l’origine, elle était équipée de deux tours carrées. L’une s’est écroulée lors de la messe de Noël en 1283.
Hans Tausen (1494-1561 à Ribe), théologien protestant, évêque de Ribe, a sa statue devant la cathédrale.
Avant d’entrer dans l’édifice, il ne faut pas manquer de regarder les portes remarquables pour la forme de leurs heurtoirs et poignées : un escargot, une fillette flottant, un lion, un paon.
L’intérieur comporte 5 nefs séparées par des piliers carrés.
Les chapiteaux sont décorés par des petits bonhommes assis ou debout, à chaque fois différents, qui soutiennent eux aussi des colonnes peintes.
Autour de l’autel, les accoudoirs des stalles représentent des têtes de chiens.  
La chaire, de style Renaissance, est en bois sculpté polychrome. Ses différents éléments sont soulignés d’or.
 
Seule note moderne : les fresques en mosaïques dans le chœur, œuvre de Carl Henni Peterson.
Petit détour au port.
Nous poursuivons notre balade dans la ville. Presque chaque maison est digne d’être photographiée mais nous découvrons aussi de drôles de choses : un guéridon kitch au possible et une vente de graines de plantes en libre service. Dépaysement garanti, je ne m’en lasse pas …. Seul Gabriel s’impatiente : il a faim !
Petit arrêt à la Konditori pour l’achat de notre dessert. Ma compréhension écrite du danois devient meilleure. Je me fie à mon instinct pour la traduction car il y a beaucoup de similitudes avec l’allemand quand les mots sont écrits. 
 
Mais il faut songer à se presser un peu car nous voulons mettre l’après-midi à profit pour aller visiter le musée de plein-air viking. Il se situe à 2 km de Ribe mais avec la chaleur d’aujourd’hui, nous allons prendre Cigalon. 
 
Le parking en terre battue est grand mais sans ombre. Osiris et Douchka seront donc de la partie ! 
 
Le musée est une reconstitution d’un village viking. Au Danemark, le thème est décliné presque à l’infini.  
 
Trois « nornen » nous accueillent. C’est elles qui décident de la vie des dieux. La première représente le passé, la seconde le présent et la troisième le futur. Elles tiennent en main une corde sur laquelle chacun de nous peut lire sa vie. Moins il y a de nœuds sur la corde, plus légère sera notre vie.
Mais qui étaient donc les Vikings ? On les présente comme des guerriers, pilleurs des mers, venus du nord de l’Europe, mais ils sont tout d’abord connus pour être charpentiers, pêcheurs, commerçants. C’est ce que nous montre le musée, et tout ceux que nous avons pu visiter par la suite.
Ils allaient entre autre chercher, en remontant le Rhin, des poteries en Rhénanie. 
A l’époque carolingienne, on leur donne le nom de normands, les « nortmanni » c’est à dire hommes du nord. 
Les raids viking pourraient avoir comme origine l’aggravation des conditions climatiques, le manque de terre ou l’établissement des premières monarchies. 
 
Le nom de leur bateau, le drakkar, propulsé à la fois par des avirons et des voiles, est dérivé d’un nom signifiant dragon. D’ailleurs, la figure de proue des navires représente un dragon, symbole de puissance, qui a pour rôle de protéger les hommes et leurs bateaux à l’approche de rives et des côtes.
Les raids viking cessent avec la signature en 911 d’un traité leur concédant des terres dont la Normandie. De plus, la plupart des Vikings se sont convertis au christianisme, religion qui interdit de prendre des esclaves dans les pays chrétiens. 
 
A notre entrée, certains Vikings sont en train de faire à manger : du saumon sur le grill, de la soupe ... Partout on s’affaire mais de préférence à l’ombre car le soleil tape aujourd’hui. Et sans cesse on va remplir la cruche à la fontaine, en l’occurrence ici un simple robinet !
Les animaux se promènent en liberté dans le parc au plus grand plaisir des enfants. Les nôtres suivent en traînant la patte. Avec cette température, il ne fait pas bon mettre un chien dehors.
En allant voir les archers, Douchka repère un petit cours d’eau et en moins de temps qu’il ne faut pour le dire, elle tire sur sa laisse et se retrouve dans l’eau. Son maître ne sait pas ce qui lui arrive ! Osiris réclame aussi sa baignade.
Souvent rectangulaires, les maisons ne comportaient en général qu’une seule pièce centrale, où vivait toute la famille et où s’effectuaient toutes les activités du quotidien.
L'âtre, au centre, des banquettes en guise de chaises, une meule à main pour transformer le grain en farine, des lits clos pour un peu d'intimité.
Toutes les maisons sont couvertes de chaume. Les murs étaient faits de branches tressées autour de poteaux en bois et recouvertes de torchis.Certaines maisons sont même enterrées. On y trouve une relative fraîcheur aujourd’hui. Elles sont meublées avec des imitations d’objets d’époque.
Les vêtements ordinaires étaient en laine. Les femmes portaient une robe recouverte d’un tablier, les hommes des chemises en forme de tunique sur des pantalons, et, souvent, un manteau. Des broches attachaient les manteaux ou les tabliers. Les chaussures étaient en cuir, en général en peau de chèvre.
Les Vikings étaient agriculteurs. Ils cultivaient carottes, panais, navets, céleris, poireaux, oignons, pois et choux et élevaient des animaux pour la viande et le lait. Ils pêchaient également.
Après le repas, les Vikings se réfugient à l’ombre. C’est ce qu’ils ont de mieux à faire !
Seuls les forgerons montrent un peu de courage en travaillant près du feu mais ils ont embauché un gamin pour manier le soufflet. A voir sa figure rouge écarlate, l’effort doit être surhumain !
On est Viking par passion et certains passent tout leur temps libre dans le parc. Il n’y a pas d’âge, un Viking en couche-culotte, cela existe. On l’a vu !
Une halte à la taverne nous permet de nous rafraîchir un peu. Une bière comme tout bon Danois pour Gabriel tandis que moi, je savoure un jus de pomme bio bien frais. Les chiennes se sont largement abreuvées lors de leur baignade et profitent de ce petit moment de repos pour dormir !
En sortant du parc, nous n’avons plus le courage de reprendre la route et c’est tout naturellement que Cigalon nous conduit à nouveau à l’aire de service de Ribe ! Tant pis pour la connexion de ce soir. On fera relâche ! 
 
Nous reprenons notre place au fond du parking, ouvrons fenêtres et lanterneaux et attendons que la température veuille bien diminuer. 
 
Après le repas, nous retournons dans le bourg, une fois encore sans les chiens, avec l’idée de goûter une autre glace sur le port et d’attendre le coucher de soleil. 
A 20h40, la tour carrée de la cathédrale est encore rougie par le soleil. Fabuleux !
Et le veilleur est toujours là, à attendre les touristes !
Ayant emprunté d’autres rues qu’hier, nous découvrons d’autres maisons mais aussi des détails que je m’empresse de capturer avec mon APN. Heureusement que nous sommes à l’ère du numérique !
De nombreuses portes très originales. 
De drôles d’installations aux fenêtres pour voir qui sonne à la porte.
Des enseignes 
Si un poilu a déjà entamé sa nuit, un autre nous surveille.
Des peintures murales
Le soleil a bien du mal à se coucher et le ciel garde un bon moment ses reflets rougeoyants. Nous abandonnons notre attente pour rejoindre le camping-car car il se fait tard.
En faisant notre toilette, nous nous découvrons tous les deux un joli collier rouge autour du cou et sur la nuque ! Il a bien dû faire chaud aujourd’hui !!