Autriche 2005
Premier arrêt sur notre route des vacances : Vienne, où nous passons trois jours. 
Le premier matin, nous quittons le métro sur le Ring ce qui nous permet de longer le Volksgarten dans lequel est érigé un temple dédié à Thésée et d’aborder le palais impérial par la place des Héros. Image connue des calèches qui attendent déjà les hypothétiques touristes.
Le Palais impérial (die Hofburg), résidence des Habsbourg s’est constitué au fil des siècles puisque le noyau primitif date du XIVème siècle alors que le dernier bâtiment, le nouveau Palais ( die Neue Burg) a été construit seulement au XIXème siècle.
Nous commençons par la visite du Trésor impérial (Schatzkammer), situé dans la partie la plus ancienne du Palais impérial qu’on atteint en franchissant la Porte des Suisses (Schweitzetor) datant de 1522.
La visite est très intéressante. Les couronnes côtoient les manteaux brodés d’or et de pierreries, les objets liturgiques, les symboles de l’Empire comme le sabre plaqué de diamants que l’impératrice Marie-Thérèse devait brandir lors de son couronnement, le sceptre ou encore le globe impérial. Dans l’une des salles sont exposés les deux trésors de la maison d’Autriche qui ne doivent jamais sortir du pays : une licorne en fait la dent d’un narval de 2,43 m de long et une coupe en agate qui aurait contenu le sang du Christ.
A midi, nous allons goûter des spécialités locales dans un restaurant typique : le Brezl-Gwölb
Après le repas, nous flânons sur le Graben, les Champs Elysées autrichiens, rue large et élégante. Les immeubles qui le bordent présentent pour certains des façades audacieuses.
L’église St Pierre (Peterskirche), un modèle d’architecture baroque offre un certain charme malgré la masse de décorations et la profusion de dorures qui couvrent tous les murs.
Nous parcourons les ruelles de la ville intérieure et nos pas nous conduisent à l’église orthodoxe grecque de style néo-byzantin, malheureusement fermée. Elle côtoie le Griechenbeisl (le bistrot des Grecs) qui n’a de grec que le nom et qui comptait jadis parmi ses clients célèbres les musiciens Strauss et Brahms.
Nous pénétrons ensuite dans l’église de Jésuites (Jesuitenkirche), baroque à souhait où certaines colonnes de marbre rose et vert sont torses, la chaire incrustée de nacre. De nombreux décors ne sont en fait que des trompe-l’œil qu’on doit à Pozzo. Sur la petite place devant l’église, une belle fontaine.
Nous découvrons une curiosité autrichienne : à chaque coin de rue, on peut acheter son journal. Il suffit d’introduire sa pièce dans une minuscule tirelire et se servir. Visiblement ce système fonctionne si l’on juge par le nombre de tirelires réparties à travers la ville.
Nous voici sur le Josefsplatz, à l’arrière de la Hofburg, bordé par la grande bibliothèque et par l’église des Augustins de style gothique (1339).
C’est l’ancienne église paroissiale de la Cour qui a vu la célébration de la plupart des mariages princiers. C’est ici, qu’en 1854 l'empereur François-Joseph a épousé Sissi.
Il faut remarquer le cénotaphe en marbre blanc de l’archiduchesse Marie-Christine, fille de Marie-Thérèse d’Autriche. La visite en est particulièrement agréable car elle se fait au son de l’orgue.
Nous terminons la journée par la visite d’une réalisation du célèbre architecte viennois Hunderwasser. (1921-2001). La Hunderwasserhaus est un immeuble d’habitation à loyer modéré qui fut édifié en 1985. Rien n’est conforme à nos habitudes : façades bariolées avec des incrustations de mosaïque, lignes ondoyantes, sols inégaux. Soucieux d’inventer un habitat plus respectueux de la nature, Huderwasser a en fait transformé sa réalisation en un site touristique, ce qui oblige les habitants à composer avec le flots permanent de touristes, les nuisances sonores et les problèmes de stationnement.
Le lendemain, nous commençons notre journée comme la veille par la Hofburg où se tient depuis quelques années une exposition sur l’impératrice Elisabeth, appelée plus couramment Sissi.
Les photos sont interdites et cela nous oblige à acheter des cartes postales. Il faut se rendre à l’évidence, Elisabeth ne ressemble en rien à la Sissi incarnée par Romy Schneider. 
L’exposition commence par la mort de l’impératrice et retrace progressivement la vie de cette femme hors du commun qui a toute sa vie durant combattu l’étiquette et les convenances pour conserver sa liberté. 
Ambiance funèbre, tentures noires et au milieu de la pièce le masque funéraire d’Elisabeth. Aucun commentaire en français ! Tout est écrit en allemand et en anglais. Tout ... sauf le certificat d’autopsie car l’impératrice a été assassinée à Genève en 1898 ! L’exposition montre les affaires personnelles ainsi que de nombreux portraits, bustes et statues de Sissi et la reconstitution d’un wagon du train impérial. N’oublions pas que la princesse était une infatigable voyageuse. Une réplique de la robe que la fiancée portait pour son « enterrement de la vie de jeune fille » est de toute beauté. 
Après le musée Sissi, on entre directement dans les appartements impériaux ; ceux de Frantz-Joseph tout d’abord : stricts, fonctionnels mais vastes. Dans l’antichambre de la salle d’audience, des personnages en bois, vêtus de costumes traditionnels représentent les différents royaumes de l’empire austro-hongrois. Sur le bureau de l’empereur, sont disposés les portraits des membres de sa famille ainsi qu’une collection de cigares. 
 
Les pièces réservées à Sissi ont une allure beaucoup plus féminine. L’une de ces pièces sert à la fois de cabinet de toilette et de salle de gymnastique. Sissi était obsédée par son physique ! 
Dans la salle à manger impériale, une table de dix-huit couverts permet de d’imaginer la vaisselle nécessaire à cette époque. Impressionnant ! 
 
A la sortie de l’expo, le temps s’est assombri et nous flânons un peu dans les rues désertes ce dimanche.
Ce midi, nous nous arrêtons dans un restaurant qui propose des Palatschinke, sortes de petites crêpes typiques de la région, servis dans des poêlons. Aussi bon qu’original !
Après le repas, nous filons à la cathédrale St Etienne (Stephansdom). De style gothique et culminant à 137 mètres avec sa flèche sud, affectueusement appelée Steffi par les Viennois, la cathédrale est devenue au fil des siècles le symbole de Vienne. Situé sur l'emplacement d'une basilique romane élevée au XIIème siècle, cet édifice a été démoli et reconstruit de nombreuses fois au cours des siècles. Seule subsiste la façade en style roman. La magnifique toiture qui s'effondra en 1945, lors de l'incendie provoqué par les bombardements été soigneusement restaurée. La tour nord est restée inachevée ; elle abrite une imposante cloche de 3,14 mètres de diamètre pour un poids de 21 tonnes appelée la Pummerin. 
Nous visitons rapidement l’intérieur. La nef est immense et de chaque côté de l’entrée, se trouvent deux baldaquins gothiques de toute beauté.
A remarquer également le portrait sculpté sur pierre par Anton Pilgramm lui-même, maître sculpteur qui s’est immortalisé dans la partie inférieure de la chaire (1513) avec ses outils de sculpteur. Cet autoportrait en pierre marque la fin de l’anonymat des artistes comme il était d’usage au MA. L’escalier menant à la chaire symbolise l’élévation vers le ciel est entouré des quatre Pères de l’Eglise.
En flânant nous croisons la calèche manner, fabriquant de la célèbre gaufrette viennoise.
Nous retournons à l’église st Pierre revoir son riche intérieur.
En fin d’après-midi, un orage nous surprend et nous n’avons que le temps de gagner l’entrée de la Hofburg où les fiacres se sont déjà réfugiés. Un trio à cordes nous fait patienter. Le temps a décidément bien du mal à se remettre au beau.
La dernière journée, nous partons de bon matin à Schönbrunn pour éviter une partie des touristes et c’est ainsi que nous pénétrons dans la résidence d’été de la famille impériale parmi les premiers visiteurs. 
Première photo : les toilettes … Elles valent le détour !
La visite commence par les appartements de François-Joseph. Ici, la même sobriété qu’à la Hofburg. L’empereur était un grand travailleur qui vaquait aux affaires de l’état dès 5 h du matin. Il recevait ainsi près de 100 personnes dans une matinée. Pour conclure un entretien, il avait l’habitude de hocher la tête. Les appartements de Sissi sont beaucoup plus gais même si l’impératrice n’a guère séjourné à Schönbrunn, préférant voyager pour se détacher de l’emprise de sa belle-mère Sophie avec qui elle ne s’entendait guère. 
La salle des Glaces servait de lieu de réception. Deux cabinets chinois sont attenants. 
La visite se poursuit par les appartement de Marie-Thérèse. A noter que même si elle dirigeait fort adroitement les affaires de l’empire, elle n’était pas impératrice. Son mari, l’empereur François Stéphane, plus intéressé par la biologie, lui laissait néanmoins les pleins pouvoirs. 
Dans la boulangerie du château une gracieuse Autrichienne explique avec force gestes à l’appui comment confectionner le vrai strudel autrichien. Pas très compliqué ! Il suffit d’avoir le coup de main !
Nous traversons le parc, moins grand que celui de Versailles pour monter à la gloriette.
Nous nous attardons quelques instants à la magnifique fontaine de Neptune dont les eaux retombent dans un bassin un peu plus bas afin de bien détailler les éléments qui la compose
Nous avons tout juste le temps de grimper jusqu’à la gloriette et les premières gouttes arrivent .... Un dernier coup d’œil, l’une ou l’autre photo et nous voilà installés au restaurant !
Après le repas, le temps est meilleur.
Nous poursuivons par la visite de la Wagenburg dans laquelle on peut voir essentiellement les fiacres et carrosses ayant appartenus aux Habsbourg, alignés les uns à côté des autres sous la vigilance d’un cerbère qui aboie dès que l’on s’approche un peu trop près des véhicules. Visiblement, en Autriche, on ne lésine pas avec l’ordre !!
Notre journée se termine au Prater. De loin, nous apercevons la grande roue haute de 65 m qui domine le ciel de ce quartier de l’autre côté du Danube. Malgré l’heure, il y a déjà du monde. Cette foire, plus que centenaire puisque créée en 1766, continue à être l’une des plus grandes de ce type. Elle fonctionne tous les jours de l’année. Pour revenir au camping, nous empruntons un tramway d’une autre époque avec des sièges en bois, poussif et s’arrêtant à tous les feux rouges. C’est une autre façon de visiter Vienne !
Après une nuit de repos, nous nous dirigeons vers la Hongrie en suivant à distance les rives du lac de Einsidel. Il n’y a aucune route qui le longe vraiment. La meilleure façon de se rapprocher des berges, c’est d’emprunter l’un des nombreux circuits à vélo. Impossible de dire vraiment quelle est sa circonférence ; elle varie sans cesse, comme son niveau d’ailleurs ! Le lac est bordé de roselières. La Hongrie apparaît sur l’autre rive.
Avant de franchir la frontière, nous nous arrêtons à Rust pour visiter rapidement ce petit village viticole réputé pour son vin botrytisé. La culture de la vigne en Autriche est très ancienne et remonte environ au IXème siècle avant JC. Le Burgenland qui s'étire le long de la frontière hongroise produit plus d'un tiers des vins du pays.
Mais il n’y a pas que le vin à Rust. Sur de nombreux toits des maisons à colombages, de jeunes cigogneaux sont prêts à s’envoler.
Nous nous rendons à pied au bord du lac aménagé en zone de loisirs. Une drôle de pancarte demande toute notre vigilance.
Les maisons forment une cité lacustre. La température de l’eau est de 22°. Brrrr, trop froid pour moi.