Normandie 2016, St-Valéry-en-Caux
                                                                                                           Samedi 16 juillet 
 
Notre prochaine étape : St-Valéry-en-Caux. L’aire se situe sur la jetée ouest et son accès est si étroit qu’il est impossible de se croiser. Nous, on croise les doigts pour ne pas nous retrouver nez à nez avec un confrère. A noter que Saint-Valéry-en-Caux a été élue en 1996 "commune de l'année" pour l'accueil des camping-cars. 
A notre arrivée, il y a déjà beaucoup de véhicules; il reste une petite place pour Cigalon. Ce n’est pas le genre d’aire que nous aimons mais c’est le seul moyen de visiter la ville si l’on n’a pas d’autre moyen de locomotion que les pieds !
Le camping-car à peine posé et nous voilà repartis à la découverte de ce petit bourg normand très typique.
On ne peut pas passer à côté de la maison d’Henri IV sans être interpelé par une si jolie façade, ornée de personnages, d’animaux, d’éléments végétaux et des scènes exotiques en bois sculpté. En effet, au XVIème siècle, les navigateurs normands découvrent le Brésil. Cette maison à pans de bois, traditionnelle en Normandie, fut construite par un armateur, Guillaume Ladiré en 1540, comme en témoigne l’inscription au-dessus du porche : “l'an mil V cens XXXX ceste meson fvt faicte P.Gville Ladiré A.Q Diev done bone vie “.
Mais alors pourquoi ce nom de maison Henri IV ? Cela signifie-t-il que cette maison a été habitée par le Vert Galand ? 
Pas du tout ! Le roi, en voyage dans la région, en 1593, se serait arrêté à St-Valéry et y aurait logé une nuit. Comme partout ailleurs, on profité du conditionnel pour attirer le public.
Le bâtiment est devenu un musée du patrimoine local. La visite est interdite aux chiens mais je jette néanmoins un petit coup d’oeil sur le bâtiment du XVIIIème siècle au fond de la cour, fait en briques blanches et silex avant de nous laisser emporter dans les ruelles derrière le musée et arrivons au couvent des pénitents.
Fondé en 1623, ce couvent franciscain a d’abord porté le nom de Notre-Dame-de-Bon-Secours. Les moines avaient pour mission de moraliser les marins de St Valéry-en-Caux. Ils avaient vraisemblablement fort à faire !!! 
Au moment de la Révolution, le couvent a été le siège des Jacobins puis transformé en caserne, en prison militaire et finalement en hospice. 
Le cloître est en libre accès. Edifié au début du XVIIème siècle, en grès, il est composé de 14 arches en parfait état. La chapelle date du milieu du XVIIème siècle et sa cloche sonne toujours les heures. Pas de visite possible.
Le couvent a l’air abandonné ... et les herbes folles s'en donnent à coeur joie. A priori, une partie des bâtiments devrait être transformée en logements haut de gamme. L’argent récolté ainsi servirait alors à la rénovation de la chapelle.
Nous poursuivons notre balade à travers les ruelles où le calme règne. çà et là, nous découvrons une belle façade, un détail amusant…
Pour rejoindre le bourg, il faut franchir l’écluse qui relie le port à la mer et fonctionne selon les marées. A cette heure, elle est haute emportant dans son sillage les bateaux de pêche qui déchargent leur cargaison sur les quais pour le plus grand plaisir des amateurs de poissons frais. Les mouettes et les goélands connaissent l’adresse !
Ce quartier est bien moins typique que celui d’où nous venons.  
Il y a néanmoins une église moderne du XXème siècle qui nous fait de l’oeil par sa forme en forme de trapèze. Il s'agit de la reconstruction d'une chapelle du XVIIème siècle détruite lors de la seconde guerre mondiale, comme elle 70% du bâti. 
Sur la façade avant, un voilier est dessiné en ardoise.
Une curieuse ambiance à l'intérieur ... Pas de nef, pas de collatéraux ... Beaucoup de bois et de lumière car le choeur est complètement vitré. Et de magnifiques ex-votos rappellent que l'on est dans une chapelle de marins.
Après le repas, le soleil nous engage à grimper sur la falaise d’Amont d’où la vue sur le port tout au long de la montée est de toute beauté.
Nous savons déjà, pour y avoir été, ce que nous allons trouver perché sur la colline ! Il s’agit du monument Costes-et-Bellonte érigé en l’honneur du premier vol Paris-New-York sans escale. 
Un premier monument, inauguré par les deux pilotes eux-mêmes et Louis Blériot, a été érigé dès 1932 puis détruit par les troupes de Rommel en juin 1940. Ce n’est qu’en 1986 qu'un nouveau monument tout en acier inoxydable voit le jour. Une mappemonde posée à ses pieds indique le trajet effectué par les deux aviateurs.
Douchka est heureuse de pouvoir galoper librement sur les falaises.
A notre retour sur la plage, la marée est basse.
Nous flânons un moment le long de la grande plage où se tient une exposition très intéressante sur des « portraits anachroniques » inspirés de cartes postales ou de photos anciennes revisitées avec un regard contemporain.
Nous revenons au camping-car pour un moment de lecture face à la jetée avant de profiter d’un magnifique coucher de soleil, avec comme fond sonore, les cris des goélands qui nichent dans les falaises crayeuses.
L’aire de service s’endort.