Normandie 2016, Hauville & La-Haye-Routot
                                                                                                               Lundi 25 juillet 
 
Il fait gris aujourd’hui et nous reprenons la voyage en suivant la route des chaumières jusqu’à Routot. La Haute-Normandie compte près de 85% des surfaces françaises cultivées en lin. Il aurait fallu venir plus tôt pour voir la petite fleurette bleue onduler au vent. A présent, les champs sont prêts à être moissonnés et affichent une aussi belle couleur dorée que les blés. 
 
À la Haye-de-Routot nous attend une curiosité : deux ifs âgés d’environ 1500 ans qui abritent une chapelle chacun. 
Les chapelles se sont créées naturellement et au XIXème siècle, les cavités sont devenues si grandes que le clergé les remarque et fait installer une chapelle dédiée à Sainte Anne dans le tronc le plus grand, 16 m de circonférence.
Dans le second, dont la circonférence ne mesure que …. 14 m, on établit un oratoire dédié à Notre-Dame de Lourdes.
Le fait de planter des ifs dans les cimetières n’est pas anodin : l’if symbolise l’immortalité. Mais il y a une raison plus terre à terre. Les villageois ne faisaient pas pâturer leurs bêtes dans les cimetières car le bois, l’écorce et les feuilles des ifs sont mortels pour le bétail. 
 
À côté, s'élève l'église paroissiale Notre-Dame dont la construction initiale remonte au XIIIème siècle.
L'intérieur est orné de statues.
Le porche qui précède l’entrée, en colombages avec soubassement de silex, est du XXème siècle.
Un peu plus loin, nous découvrons un four à pain aménagé en musée depuis 1979. Construit au XVIIIème siècle, c’était l’une des boulangeries du village. Chaque dimanche pendant les périodes d’ouverture, on y cuit encore du pain. Dommage, on est lundi !
Petite balade dans le village avant de déjeuner sur le parking du musée du sabot et la maison de l’ortie ouverts que les après-midi, même en pleine saison !
La chaumière qui l’abrite est typiquement normande et date du XVIIème siècle.
Après le repas et après réflexion, nous faisons l’impasse sur les trois musées accessibles avec un seul billet. Seule la maison de l’ortie nous aurait vraiment intéressés. 
 
Arrêt à
Hauville où nous attend un des plus anciens moulins de France et l'un des rares à avoir survécu des 111 moulins de l'Eure.
Construit au XIIIème siècle, le moulin a appartenu à l'abbaye de Jumièges jusqu'à la Révolution. Au XVIIIème siècle, on y a adjoint un four à pain et une maison pour le meunier. La restauration a débuté en 1984 et son mécanisme a été remis en fonction une année plus tard. La chaumière a été construite en 1992.
Il est l’heure de se rendre à la maison du lin à Routot. Nous sommes dans la région qui produit 80% du lin français. La visite commence par deux vidéos : de la fleur au textile et le second, le lin, matériau composite. Suivent trois salles d’exposition : outils pour l’exploitation du lin, vêtements de créateurs.
Semoir à archet
Peigne à égrener le lin dit « égrugeoir » 
L’ouvrier introduit les tiges dans les dents verticales d’un peigne assujetti à un banc puis il les étête par une traction brutale vers lui.
Ourdissoir servant à préparer des bobines de fil prêtes à être utilisées sur un métier à tisser.
Machines à tisser
Les tissus à base de lin nous surprennent par leurs textures très différentes les unes des autres au toucher.
Aujourd’hui 90% de la production européenne de la fibre de lin est transformée en textile (59% en habillement et 35% en linge de maison). 
La visite n’a rien de transcendant et je trouve qu’on appelle de plus en plus musée n’importe quoi. 
 
Nous décidons de poursuivre notre route et nous nous arrêtons à
St Pierre Les Elbeuf sur une petite aire. Nuit calme.