Bourgogne Ascension 2011 


En prenant la route pour la Bourgogne ce week-end, nous espérons compléter notre collection de quelques nouveaux lavoirs. Et le voilà, le premier, à Magny St Médard ! Situé en contrebas de la route, il affiche une date sur le toit : 1995 ; vraisemblablement l’année de sa réfection. Directement construit sur la rivière, il est beau mais il manque d’authenticité. Un simple bassin sert à la fois pour le lavage et le rinçage du linge.
Premier bivouac à Fleurey sur Ouche se nichant entre canal et rivière. D’après ce que nous avons trouvé sur le net, Fleury comporterait 2 châteaux et des villas. Nous en découvrons une qui a été transformée en chambres d’hôtes, la villa du Castel. Comme son nom l’indique, c’est un petit castelet à deux tours et aux tuiles vernissées.
L’église massive est fermée …tant pis !
Nous flânons un peu dans les rues du village à la recherche de quelques vues insolites
Le lendemain, premier arrêt de la journée à Ste Marie sur Ouche … Tiens donc, nous avons déjà passé la nuit à cet endroit … Le pont, la maison éclusière et le canal n’ont pas bougé !
A Gissey sur Ouche, le lavoir est de l’autre côté du canal, tout pimpant avec son habit de géraniums.
L’eau alimente encore le bassin. Ici pas de barre d’égouttage, pas de cheminée non plus. Il a été refait et certains éléments ont dû être oubliés.
Bâtie au XIIème siècle, l’église de la Nativité de la Vierge a été rénovée en 2001. Construite en forme de croix latine, elle ne possédait à l’origine que trois travées, la quatrième ayant été ajoutée au XIXème siècle.
Tout le village est construit en pierre blanche de Bourgogne.
Dans le village suivant, à Barbirey, le lavoir est moins joli, plus tristounet. Il a été reconstruit plusieurs fois mais manque toujours d’entretien.
A Veuvey sur Ouche le lavoir, situé à plus de 500 mètres du centre est fermé et ses abords ont été joliment aménagés.
Derrière la mairie, une porte entrouverte semble mener nulle part
Un peu plus loin, un lavoir du XIXème siècle. On y accède par une ouverture en façade cintrée comme les deux fenêtres, le tout fermé de grilles en fer forgé. Le bâtiment a été restauré mais la toiture menaçant de tomber, il est fermé. Bravant la banderole rouge et blanche de chantier, je regarde à l’intérieur. Le bassin est tout petit et vide. L’eau devrait sortir par une bouche ornée d’une tête de lion.
Petit détour par Ste Sabine pour aller voir l’un des deux châteaux transformé en restaurant 4*.
L’église gothique du XIIIème siècle se détache au-dessus des toits.
A Semur en Auxois, arrêt gourmandise à la biscuiterie Mistral où il y a toujours autant de monde !
A Epoisses, nous continuons notre marché avec un arrêt à la fromagerie où depuis 1956, Simone et Roger Berthaud ont relancé la production de l’époisses. Nous en achetons deux grands. Cette taille sous cloche est impossible à trouver chez nous et bien plus goûteuse que le petit vendu dans nos commerces locaux.
Petite soirée tranquille et chaude avec les senteurs des tilleuls qui nous entourent.
Le château d’Epoisses, date du moyen-âge, époque où il était fortifié et protégé par une double rangée de murailles : c’est un château privé appartenant toujours aux descendants des amis de Mme de Sévigné. 
On pénètre dans la propriété en franchissant un ancien pont-levis qui enjambe le premier fossé, à sec à cet endroit.
Nous sommes dans l’avant-cour qui à l’origine n’était pas un parc mais permettait aux habitants d’Epoisses de trouver asile lors des attaques ennemies.
C’est ici que se dresse le pigeonnier du XVIème siècle comportant 3000 niches. C’est dire la grandeur de la propriété !
Nous suivons les remparts au milieu des rosiers et d’arbustes en fleurs.
Pour entrer dans le château, il faut franchir de nouvelles douves, cette fois ci engazonnées.
A l’origine, le château était clos et comportait sept tours reliées par un chemin de ronde. Une des tours sauvegardée du XIIIème siècle a pris le nom de Condé en hommage au grand Condé, propriétaire des lieux de 1667 à 1672. Elle est construite en pierres de taille et moellons.
La tour du Bourdillon, la plus ancienne puisqu’elle a été construite en l’an 900 et restaurée au XVIème siècle, constitue l’extrémité du château. Les bâtiments et les tours qui la prolongeaient ont été détruits à la Révolution.
La façade du château présente des styles variés, résultats des transformations successives particulièrement aux XVIIème et XIXème siècles. L’ancien donjon, la tour Brunehaut, permet l’accès au château grâce à un pont-levis. Les armoiries qui surmontent l’entrée ont elles aussi fait les frais de la Révolution puisqu’elles ont été martelées
Edifiée au XIIIème siècle, l’église était à l’origine la chapelle privée du château. L’église du village étant tombée en ruine, le propriétaire des lieux a accepté de céder la chapelle à la commune. A part un Christ sur une poutre de gloire et une Piéta, il n’y a rien d’intéressant dans cet endroit.
En ressortant la billetterie est fermée. L’hôtesse a tout simplement mis les tickets d’entrée en libre service. Une petite pièce glissée dans la fente de la porte et le tour est joué …
Petit tour dans le village avant de reprendre la route pour Montjalin.
A Montjalin le château qui abritait une collection des voitures des chefs d’état est définitivement fermé à la visite. Nous déjeunons au soleil à côté de la chapelle funéraire construite en 1858 et dédiée à Saint Edme, Sainte Amélie et Saint Charles. C’est le moment de sortir à nouveau le barbecue …
Après midi consacrée à la visite du château de Bussy-Rabutin.
Pour rejoindre notre guide, nous franchissons le pont dormant qui enjambe les douves dans lesquelles les grenouilles coassent à tout va.
L’origine du château remonte au XVème siècle. Il a été racheté à la Renaissance par les Comtes de Rochefort qui ont fait abattre les murs reliant les quatre tours. Le pont levis a été transformé en point dormant. La façade du XVIIème siècle a été érigée par le grand-père de Roger de Bussy-Rabutin. Les niches décoratives sont restées vides faute d’argent.
Roger de Bussy-Rabutin, son petit-fils, servant l’armée du roi, se retrouve embastillée durant 13 mois après avoir écrit l’Histoire amoureuse des Gaules, chronique satirique des aventures galantes de la Cour. Lorsqu’il retrouve sa liberté, il est prié de retourner en exil sur ses terres bourguignonnes. 
La rancœur de Roger de Bussy-Rabutin à l’encontre de Louis XIV transparait à travers toutes les pièces. Dans le cabinet des devises, des vues de châteaux et de résidences royales encadrées dans les boiseries sont soulignées de phrases plutôt acides. 
Dans l’antichambre des hommes de guerre, soixante cinq portraits sont accrochés selon un ordre chronologique. Les boiseries sont décorées du B de Bussy entrelacé avec le M de Montglat, sa maîtresse.
Dans la chambre à coucher, vingt-cinq portraits accrochés par le propriétaire suivant, les de Sarcus proviennent de l’autre aile. Les de sarcus les ont tout simplement déplacés lors de leur installation !
Dans le cabinet de travail, encore des peintures, certaines en rapport avec la mythologie, d’autres illustrant L’Histoire amoureuse des Gaules. Un tableau représentant Pygmalion lors d’une restauration a montré qu’il a été modifié de manière à voiler certaines parties jugées trop osées au XIXème siècle.
La galerie des Rois de France commencée par Bussy de Rabutin a été complétée par les de Sarcus. Il regroupe les portraits de la famille Bussy mais aussi ceux des rois de France, d’Hugues Capet à Charles X
La tour sud abrite une minuscule chapelle. Sur l’autel, un retable du XVIème siècle représente la résurrection de Lazare. Une Visitation du XVIIIème siècle, en pierre polychrome met en scène des personnages en costumes bourguignons.
L’aile est est occupée par les cuisines qui s’ouvrent sur les douves.
Les pièces du dessus abritent des photographies d’Antoine Schneck ; le photographe caractérise au travers de cette exposition la place réservée au chien dans la société contemporaine. Quelques noms célèbres attirent notre regard.
A l’arrière du château, la roseraie. C’est le week-end des jardins et le jardinier présent pour l’occasion parle volontiers des nombreuses fleurs qui embaument l’air après l’averse qui s’est abattue durant notre visite.
Pour le bivouac de la nuit, nous rebroussons chemin jusqu’à Venarey les Laumes
Avant de reprendre la route vers l’Alsace, nous prévoyons une halte à Bèze, cité médiévale classée « Un des plus beaux villages de France. », nichée au fond d'un vallon verdoyant, presque intime et que traverse une majestueuse rivière la Bèze ! 
Au Moyen-âge, le village a abrité une des plus grandes abbayes du royaume avec plus d'une centaine de moines. De nombreuses constructions témoignent encore de cette période faste, même si la plupart ont été reconstruites. Par ailleurs de jolies maisons plus contemporaines ponctuent notre balade.

C’est ici que la Bèze prend sa source. C’est une résurgence de type vauclusien qui peut avoir de forts débits.
Le village compte deux lavoirs dont l’un figure dans de nombreux guides de tourisme. Au bord de la Bèze, le lavoir des sœurs porte ce nom car il était situé juste à côté de l’abbaye et ainsi les moines pouvaient entendre le bruit du battoir des sœurs.
Devant le second, un pressoir rappelle que le premier vin vinifié en Bourgogne l'a été dans ce village, avant que les moines ne transfèrent les précieux ceps à Gevrey-Chambertin, où le "clos de Bèze" est l’un des crus les plus réputés.
Sur la place de la mairie, subsistent de superbes façades gothiques d'une école monastique du XIIème siècle. Dommage que le stationnement soit autorisé devant.
Au détour d’un chemin, nous rencontrons la statue du chanoine Kir. Elle nous rappelle qu’il a été curé du village de 1910 à 1924.
A Mirebeau sur Bèze, nous découvrons un lavoir qui a la particularité d’être articulé de manière à pouvoir rattraper les hauteurs de la rivière.
Juste en face, un lavoir miniature, vraisemblablement à usage privé