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Gers ronde des crèches 2017

La Ronde Des Crèches du Gers est une manifestation annuelle gratuite qui a regroupé en 2017 8 villages avec l’arrivée d’un petit nouveau, Mansonville. Chaque commune expose une crèche, élaborée à partir d'un thème commun.

Cette manifestation obtient de plus en plus de succès puisque elle fait à présent partie des circuits des tour-opérateurs et accueille plus de 20000 visiteurs par an.

Cette année nous n’avons pas fait la ronde en entier car des impératifs du calendrier ne nous ont pas permis de la terminer.

Certains me disent souvent que la ronde est injustement qualifiée de crèches, auxquels je répondrais simplement que dans chaque scène se niche une crèche. Il suffit de la trouver.
De plus, c’est souvent le porche de l’église qui accueille ces scènes. L’édifice est ouvert pour l’occasion.

Le thème 2017 est la CONQUÊTE DE L’OUEST AMÉRICAIN

Nous commençons par Flamarens, village qui a illustré le début de la ruée vers l’or. En voiture, nous n’avons aucune difficulté pour nous garer devant l’église ou du moins ce qui en reste car l’église St-Saturnin du XVIème siècle est à l’état de ruines. Une partie des murs extérieurs est encore debout mais de toit il n’y en a point ! Une association, les Amis de Flamarens œuvre pour sauver ce patrimoine mais l’argent manque !
C’est à Titusville en Pennsylvanie que l’américain Edwin L. Drake fait jaillir le 27 août 1859 le pétrole pour la première fois après le forage d’un puits d’une vingtaine de mètres de profondeur.
La mise en scène est soignée et les petits détails abondent.
Sur un chevalet et sur un toit, les vautours veillent … Leur couleur rappelle la vache Milka !
La crèche est installée au rez-de-chaussée d’un hangar.
Avant de quitter Flamarens, nous jetons un coup d’oeil sur le château construit au XIIIème siècle sur une motte féodale. Lui aussi, comme l’église, a connu un sort peu enviable. Apporté en dot par la nièce du Pape Clément V en 1289, il a été utilisé comme forteresse lors de la guerre de 100 ans, puis propriété des Grossoles jusqu'en 1882, il a été modifié entre autre par l’ajout du donjon. En juin 1943, la foudre achève de ruiner les toitures. L’actuel propriétaire met tout en œuvre pour restaurer l’édifice et ouvre le château à la visite durant l’été. Nous n’avons pas encore trouvé l’occasion d’aller le visiter.
Après Flamarens, nous nous arrêtons à St Antoine sur l'Arrats où nous devrions découvrir le cheval de fer. En camping-car, il aurait fallu stationner sur l’aire de service à la sortie du village. En voiture, la petite place du village suffit amplement. Le chat rencontré déjà à plusieurs reprises est toujours là. Un puits en pierre blanche rappelle par son ornementation que nous sommes sur la via Podiensis !
Nous remontons la rue principale, celle empruntée par les Jacquaires. Tiens la Coquille, le restaurant local est fermé. Mais où donc iront manger tous les randonneurs qui font étape à St-Antoine ?
La scène est sonorisée et animée. Le cheval de fer crache même de la fumée ce qui ne simplifie pas les photos. Dans la plupart des lieux, des panneaux d’affichage donnent des explications sur la crèche proposée. Pour ne pas perdre trop de temps, je les lis en diagonale et les photographie.
Le cheval de fer, comme l’ont surnommé les Indiens est le premier chemin de fer transcontinental construit aux États-Unis entre 1863 et 1869 reliant Sacramento (Californie) à Omaha (Nébraska).
C’était une entreprise de longue haleine qui a demandé d’énormes efforts humains pour traverser des régions quelquefois inhospitalières et difficiles d’accès.
On peut s’étonner de voir dans la scène des Chinois.
C’est pour rappeler que la main d’œuvre manquant, on assiste en 1864 à l’arrivée massive de Chinois fuyant la famine. Ils représenteront les deux tiers de la main d'œuvre en 1868. Ils touchaient 35 dollars par mois et devaient construire leur propre abri. Plus tard, ce sont des Mormons et des Irlandais qui seront embauchés.

À noter, à titre de comparaison, que la première ligne avec des locomotives à vapeur transportant des voyageurs a été ouverte en France en 1844 entre St-Etienne et Lyon. Mal accueilli par la plupart des Français, on accusait le train de perturber le temps, de donner la maladie aux pommes de terre. On mettait en garde contre les pleurésies, les fluxions de poitrine et les catarrhes dans les tunnels. On craignait, comme le dit Vigny : « Le taureau de feu qui fume, souffle et beugle. » La peur de la nouveauté a toujours existé.

La scène est vivante et les détails nombreux.

La crèche traditionnelle est installée dans un tunnel.
Nous ne pouvons pas quitter St Antoine sans faire un arrêt à côté de la crèche et manger une crêpe pour remplir un peu les caisses des bénévoles.
Notre prochaine étape est Mansonville, le village nouveau-venu, où nous attend le Pony-express. Nous venons de franchir les limites du département puisque nous sommes à présent dans le Tarn et Garonne. D’ailleurs, si nous allions jusqu’au bout de la rue, nous verrions les fumées de Golfech.
Un emplacement sur la place du village nous permet de garer la voiture. Par contre en camping-car, nous n’avons pas vu de possibilité, du moins pour une halte pour la nuit.
Le Pony-Express est un service de distribution rapide du courrier apparu à la veille de la guerre de Sécession. Il a pour mission de sortir l’Ouest du pays de son isolement et son succès repose sur la rapidité des cavaliers solitaires qui se substituent aux diligences.
Pour relier St-Joseph à Sacramento, soit 1900 miles (environ 3060 km), il ne faut plus que 10 jours, 7 heures et 45 minutes. 160 relais distants de 8 à 32 km jalonnent la route. Cette distance était calculée en fonction des possibilités des 400 chevaux de races différentes afin de couvrir toutes sortes de terrains.
Son existence fut néanmoins éphémère puisque 18 mois plus tard, la mise en service du télégraphe sonna sa mort. La crèche traditionnelle est située dans une grotte.
Aujourd’hui, nous sommes attendus à St Clar et nous poursuivrons donc la ronde un autre jour.

C’est de nuit que nous continuons comme prévu la ronde par Gimbrède, village le plus proche du Lot et Garonne. J’aime faire le parcours de nuit car la lumière parcimonieuse fait ressortir l’essentiel.

À Gimbrède, c’est encore le porche de l’église St-Georges qui accueille la crèche.
On nous y parle d’orpaillage. Beaucoup de monde à cette heure et Choupinet n’aura pas l’occasion d’appuyer sur le bouton pour animer la scène. Qu’importe, il est passionné par ce qui se déroule devant ses yeux.
L’ensemble est néanmoins assez touffu et il faudra attendre que la scène soit rejouée plusieurs fois pour tout détailler car des détails il y en a !
En janvier 1848, de l'or est découvert à Sutter's Mill, à l'est de Sacramento en Californie. La nouvelle se répand d'abord à travers les États-Unis, puis rapidement au reste du monde, et fait venir en 8 ans plus de 300 000 personnes attirées par l’appât du gain, en majorité des Américains, mais aussi des dizaines de milliers d'immigrés d'Australie, d'Amérique latine, d'Europe et d'Asie qui n’hésitent pas à affronter un voyage long et pénible en bateau ou par voie terrestre à bord de chariots.
Ils s’installent le long des rivières et utilisent d'abord des techniques artisanales d'orpaillage, puis développent des méthodes plus sophistiquées d'extraction de l'or.
Cette ruée vers l'or transforme profondément la Californie qui devient le 38e état américain en 1850. Là aussi, la crèche traditionnelle se fond dans le paysage.
Avant de poursuivre notre route, nous allons admirer celle de l’église.
Nous terminons par Miradoux, le village le plus important de la ronde. Pas de problème pour y stationner la nuit. Pour accéder à la crèche, nous longeons l’église St-Orens, fermée à cette heure. En guise d’introduction à l’exposition, un chariot bâché a été déposé sur la pelouse.
Ce sont de tels chariots bâchés appelés aussi schooners de prairie qui ont servi à la colonisation de l’ouest. Les hommes marchaient en général à côté du chariot, le fusil sur l’épaule en cas de mauvaise rencontre. Deux vaches suivaient l’équipage.

La crèche qui reconstitue un village du Far-West est installée sous la halle. Immense comme chaque année, elle est divisée en scénettes qui s’allument tour à tour tandis qu’un narrateur décrit la vie des habitants.
C’est chaque année ma préférée et ce l’est encore cette fois-ci.

C’est à Miradoux que s’achève notre balade 2017. Nous n’aurons plus le temps de visiter les 3 dernières crèches à savoir Plieux, Pereycave et Castet-Arrouy.
Si nous avons circulé en voiture, le circuit est tout à fait faisable en camping-car mais il vaut mieux le faire de jour. D’ailleurs cette année, un sens de circulation a été mis en place… pour éviter les embouteillages !
Dans pratiquement chaque village, il y a de la place pour passer la nuit.