Isère

Toussaint 2008

 

 

 

 

 

 

 

 

Samedi 1er novembre
Dimanche 2 novembre
Lundi 3 novembre
Mardi 4 novembre
Mercredi 5 novembre
jeudi 6 novembre
Vendredi 7 novembre

Samedi 8 novembre

Dimanche 9 novembre
Lundi 10 novembre
Infos pratiques
 
Jusqu’à la dernière minute, nous ne savons pas quelle direction prendre tant le temps est exécrable sur toute la France !

Nous décidons de commencer nos vacances par Annecy. Située plus au sud que notre région, nous aurons le temps de voir les évolutions de la météo.
Nous partons en début d’après-midi pour une première étape sous la pluie et fatigués par les conditions météo, nous passons la première nuit à Arbois que nous connaissons bien. Malheureusement, à notre arrivée, le camion à pizza achève son service. Il ne me reste donc plus qu’à faire le souper !


Samedi 1er novembre

Au réveil, le temps est clair. C’est la Toussaint et pour une fois, la journée s’annonce belle. Cela nous permettra d’aller fleurir les tombes sous le soleil.

Au passage, nous constatons que l’aire de service de la Balme de Sillingy est occupée par les forains. Heureusement que nous n’avons pas poursuivi notre route hier soir comme prévu au départ. Ceci confirme une fois encore qu’il faut toujours s’arrêter avant la tombée de la nuit pour parer à ce genre de déconvenue.

Le soir, après une journée passée en famille, nous recherchons par curiosité la nouvelle aire de service du petit Port à Annecy, celle, sur laquelle nous étions stationnés lors du carnaval vénitien au mois de février. Nous ne la trouvons pas … le parking est inaccessible aux camping-cars ! A croire que nous avons rêvé !
Nous passons la nuit à Sévrier, à l’endroit habituel ! La barrière de hauteur a été ôtée. Nous supposons que c’est parce que la saison estivale est finie.


Dimanche 2 novembre haut

Après une nuit calme, le soleil est là au réveil. Gabriel, qui promène les chiens, découvre, une pancarte qui indique que l’endroit est interdit aux camping-cars de 23h à 7h ! Comme nous sommes arrivés par une autre entrée, nous n’avons rien vu !

Il fait beau, nous décidons donc de redécouvrir les gorges du Fier à Lovagny. En chemin, nous nous arrêtons au château de Montrottier édifié entre le XIIIème et le XVème siècle. Le château, en cette saison, ne se visite que l’après-midi. Nous en faisons simplement le tour. C'est une forteresse pentagonale dont le plan s'ordonne autour d'un donjon cylindrique à mâchicoulis. La partie ouest est plus récente car remaniée au siècle dernier.
Nous poursuivons jusqu’aux Gorges, elles aussi fermées depuis la mi-octobre. Le fier n’est pas très haut ; il est plus judicieux de faire le parcours au printemps. Les eaux gonflées alors par la fonte des neiges bouillonnent et impressionnent les visiteurs qui se déplacent sur des passerelles suspendues à plus de 27 m au-dessus du torrent sur une distance de 300 mètres. En période d'étiage, le débit du Fier est d'environ 3 m3/seconde. Pendant les crues, il peut atteindre 300 à 500 m3/s.
Nous déjeunons sur place. La journée est douce et agréable.

Nous reprenons la route vers Valence et la nuit qui tombe nous fait arrêter à La Sône, sur le parking de la manufacture royale, à présent désaffectée. L’endroit n’a rien de bucolique mais il est calme et bien éclairé. A peine, sommes nous installés qu’une forte averse s’abat sur le camping-car sonorisant l’intérieur ! La pluie cesse avant que nous allions nous coucher et Gabriel peut promener les chiens au sec.


Lundi 3 novembre haut

Au réveil, la journée s’annonce plutôt clémente. Les sites des Fontaines Pétrifiantes et du Bateau à Aube sont tout à côté mais ils sont tous les deux fermés en cette saison. Il est néanmoins possible de faire une promenade le long de l’Isère qui nous fait passer au pied du château de la Sône et nous ramène à l’église du XIème siècle. Plusieurs dizaines de sources dévalent la pente et attirent les chiens. C’est le pays du tuf, matériau utilisé pour la construction des maisons du village depuis le temps des Romains. L’exploitation des carrières s’est poursuivie jusqu’au XIXème siècle. L’eau s’infiltre dans les hauteurs. Chargée en gaz carbonique, elle dissout le calcaire qu'elle rencontre. Lorsqu'elle atteint la surface, le gaz s'échappe et le calcaire se dépose, principalement sur des débris de végétaux. Ces derniers se décomposent ensuite, ce qui crée des vides dans la roche. Si toutes les maisons de la Sône ainsi que des édifices de la région sont construits avec cette pierre, l’exploitation minière dépassait le cadre local puisque des blocs de pierres étaient chargés sur des radeaux de bois flottant du Vercors puis acheminés jusqu’à Beaucaire, dans le Gard.
Le château, construit sur un piton rocheux, domine d'une trentaine de mètres la vallée de l'Isère ; sa position est un poste d'observation idéal. Ses tours avec leurs toits vernissés brillent au soleil. Le célèbre mécanicien grenoblois Vaucanson y a demeuré à plusieurs occasions entre 1773 et 1779, lorsqu'il vint surveiller chez les frères Jubié, propriétaires des filatures royales de la Sône, l'installation de ses machines à chaînes sans fin pour mouliner la soie et l'organsin. La romancière Françoise Sagan s'en est inspirée pour planter le décor de son livre Un château en Suède écrit dans les années 1950.

Dans le village, l'église, malheureusement fermée, est un ancien prieuré des Bénédictins de Montmajour, édifié au XIème siècle puis fortifié. Les ouvertures romanes de la base du clocher sont d’anciennes meurtrières.
Une tour de guet à l’origine bien plus haute, a été transformée en magnanerie au XIXème siècle (élevage du ver à soie) et recouverte d’un toit. Actuellement, elle sert de salle d’exposition.

Nous passons au pied de la manufacture royale aménagée en grande partie en logements. Il n’y a rien à visiter.

Après le déjeuner, nous poursuivons jusqu’à Roman. Au programme : l’achat de ravioles à Saint Jean de Roman, d’une pogne, brioche typique de la Drôme mais sur-tout consulter la météo à l’O.T. ! Nous trouvons facilement à nous garer, place Jaurès. Gabriel reste dans le camping-car tandis que je traverse la place au pas de course pour aller glaner les précieux renseignements sur le temps. Inutile de descendre plus au sud. La situation y est catastrophique aussi bien sur la Côte d’Azur que sur le Languedoc Roussillon. Nous resterons donc sur le secteur. Je récupère un itinéraire de balade à travers Romans et le temps d’acheter une pogne à la Maison de la Pogne juste à côté, nous partons à la découverte de cette ville maintes fois traversée mais jamais visitée.

Le circuit débute au jaquemart édifié au XVème siècle par les consuls de la ville sur l’une des portes de la première enceinte. Le contrôle du temps est un enjeu majeur entre les instances laïques et religieuses à cette époque. Il s’agit de rythmer le temps de travail avant tout mais aussi de défier les chanoines et le clocher de leur collégiale. Pour les marchands-drapiers romançais, c’est aussi un moyen de mieux contrôler le temps de travail de leurs salariés. Le mécanisme est constitué d’un automate qui frappe la cloche grâce à un marteau. Ce personnage, de près de 2,60 m de haut, grossièrement sculpté est vêtu à l’origine de la jaque, veste des paysans, tombant aux genoux et resserrée à la ceinture d’où son nom. A la fin du XIXème siècle, le jacquemart change de costume pour endosser l’uniforme des révolutionnaires, habit qu’il porte encore de nos jours.

Juste à côté, une façade en trompe-l’œil attire notre regard et mon appareil photo. Nous parcourons les rues du centre historique. Les maisons anciennes indiquées sur notre feuille explicative sont pour la plupart en mauvais état. La maison du mouton qui doit son nom à la pierre en saillie au 1er étage ressemblant à une tête de mouton aurait besoin de grands travaux. Par l’escalier Josephat à l’origine couvert du XVème siècle, nous gagnons le quartier de la Presle avec ses maisons de tanneurs. Jusqu’au milieu du XXème siècle, les tanneurs utilisaient l’eau de la Martinette qui passe devant leur porte pour le lavage des peaux. Les ouvriers habitaient aux premiers étages alors que le dernier en claire-voie servait à sécher les peaux. Cet étage a été fermé et transformé en appartements. Nous débouchons sur les quais du Pont Vieux datant du XIème siècle. Les chamoines de St Bernard y avaient établi un droit de péage pour les hommes, les animaux et les charrettes.

En traversant le pont, on arrive à Bourg de Péage. Nous comprenons à présent l’origine du nom de cette ville. Le pont en place n’a plus rien avoir avec le pont d’origine maintes et maintes fois détruit et reconstruit au fil des guerres. Dans la rue des teinturiers, une maison de la Renaissance présente une voûte sur trompe. Un peu plus loin, la collégiale a été édifiée du XIème au XIVème siècle. Sur des murs romans ont été construits des murs gothiques, ce qui donne un ensemble haut. Un tri-forium, galerie de 160 arcades, fait le tour de la nef. Même si de grandes baies sont censées éclairer l’ensemble, il y fait sombre car à l’extérieur, le temps s’est assombri.

Face à la collégiale, la place du Puits-du-cheval porte ce nom à cause d’une légende selon laquelle des jeunes gens éméchés auraient provoqué le diable avec ces mots : « Que le diable vienne, nous le monterons comme un cheval. » Aussitôt un petit cheval apparaît ; il s’allonge au fur et à mesure du nombre de cavaliers. Alors que l’animal lourdement chargé se dirige tout droit vers l’Isère, les jeunes gens comprennent que c’est le diable et invoquent Dieu qui les libère et engloutit Satan ! A l’endroit où le diable a disparu, une source a jailli.

La température a chuté au fil de la promenade et c’est fatigués que nous regagnons le camping-car. Pendant que Gabriel installe les chiens, je fais un dernier saut dans l’église que j’avais prise dans un premier temps et de loin pour une mosquée. De couleur rose, toute en béton et aux formes peu ordinaires, elle ne présente pas l’aspect habituelle des églises catholiques. De style « gothique moderne », elle est visible de loin grâce à son clocher de près de 7 m de haut et surmonté d’un Christ. L’intérieur se déploie autour d’une nef ronde. Sur les murs d’immenses fresques figurent un chemin de croix. En quittant l’édifice, je me fais aborder par une dame qui m’explique longuement que les fresques sont l’œuvre d’un paroissien qui devenu veuf a décoré gratuitement l’église avant de se donner la mort. Selon elle, ces fresques devraient être citées tout prochainement au patrimoine mondial de l’Unesco. Pour conclure ses explications, elle m’offre une médaille miraculeuse qui doit me porter chance. Un peu plus, elle m’emmenait à son heure de prière …

Nous terminons notre journée à St Donat l’Herbasse après avoir suivi toute une série de petites routes justes assez larges pour un seul véhicule. Encore une farce de July ! Heureusement que nous ne croisons personne ! A St Donat, l’aire est encore occupée par les boulistes mais il y a de la place pour tout le monde.

Mardi 4 novembre haut

Nuit calme mais matin humide. Nous décidons néanmoins de visiter St Donat. L’OT est ouvert et nous pouvons ainsi aller consulter la météo. Ca devient un rituel mais aussi une obsession ! Peu d’amélioration en vue ! A St Donat, il n’y a pas grand chose à visiter si ce n’est la collégiale, le prieuré et la chapelle des évêques. Pour y arriver nous grimpons des ruelles plutôt raides. L’ensemble au fil des siècles a subi beaucoup de dégâts et au début du XIXème siècle, on décide d’édifier une nouvelle église. Celle-ci, comme à Romans a une nef circulaire d’un style indéfinissable. Le cloître attenant ne se visite que sur RV.
En redescendant, nous achetons un St Genix et une saucisse à cuire locale : la drome-olive faite comme son nom l’indique à base d’olives.
Nous retournons sur l’aire de service pour déjeuner et vers 14h, nous voyons réapparaître nos boulistes de la veille. Nous avons pratiquement fait le tour du cadran !

L’étape suivant est St Antoine l’Abbaye. Nous trouvons facilement un parking au bas du village. C’est l’endroit d’où part le circuit du flâneur qui permet en 45 minutes de visiter St Antoine. Nous franchissons la porterie principale, la clôture de l’abbaye. Elle a été construite entre le XIIème et XVème siècle par l’ordre hospitaliers des Antonins pour accueillir les pèlerins venant vénérer les reliques de St Antoine l’Egyptien et bénéficier de son miraculeux pouvoir de guérison. Qui est ce St Antoine là ? Un panneau à l’entrée de l’église nous l’apprend. Né en 250, en Egypte, d’une famille aisée, il se retrouve orphelin à 18 ans. Il vend alors ses biens, quitte tout et se retire dans un ermitage. Le diable sous de multiples formes vient le tenter. Mais St Antoine, grâce au jeûne et à la prière lui résiste. Il meurt à Alexandrie en 356. Selon la légende les reliques de St Antoine sont ramenées en Dauphiné vers 1070. Elles sont déposées dans le village de la Motte-aux-Bois qui prend alors le nom de St Antoine l’Abbaye.

L’abbaye est immense. Un musée occupe le bâtiment des convers mais il est fermé le mardi. L’entrée est gratuite. C’est assez rare pour que ce soit noté. Nous terminons notre découverte par l’église abbatiale. Sa façade est construite dans un style gothique flamboyant. L’intérieur est constitué par une seule nef haute. Les collatéraux sont ponctués de chapelles ornées de fresques plus ou moins restaurées ainsi que de tableaux, copies de grands maîtres italiens du XVIème et XVIIème siècle. Il fait sombre dans l‘édifice et nous reviendrons demain pour prendre les photos.

Petit détour à l’OT où l’accueil est chaleureux. St Antoine l’Abbaye compte seulement une centaine d’habitants et il ne reste plus que très peu de commerces.
Pour trouver un restaurant, nous n’avons pas vraiment le choix. En cette saison, la plupart sont fermés. Nous nous rapprochons du village et garons Cigalon sur le parking derrière l’OT, vaste mais un peu en pente. Nous nous annonçons aux « Tentations d’Antoine » mais la réservation n’était pas nécessaire car nous sommes les seuls clients ! Nous dînons d’une salade du Vercors et de ravioles au bleu et noix.
La réception TV, pas trop mauvaise ce soir, permet à Gabriel de revoir pour la nième fois un James Bond tandis que bien au chaud, sous la couette, je lis. Il pleut. Depuis aujourd’hui, nous mettons le chauffage. Après le film, Gabriel déplace le camping car. Ce parking bien que très bien situé surplombe un peu trop à mon goût une route en contrebas


Mercredi 5 novembre haut

Au réveil, la pluie a cessé et il y a même un ciel bleu. Après le petit déjeuner, nous retournons à l’abbaye. Il n’y a personne ! Je fais quelques photos et nous flânons dans les ruelles médiévales. C’est vraiment dommage que de tels villages perdent peu à peu leur âme !

Nous déjeunons encore sur le parking avant de reprendre la route vers Pont en Royan. Nous trouvons facilement à nous garer, juste en face de l’OT mais en pleine saison, cela doit être galère car le seul vrai parking est inaccessible aux camping-cars ! Petit tour à l’OT pour récupérer de la documentation. Comme l’Isère n’était pas prévue au programme, nous manquons cruellement d’infos touristiques. Classeurs et guides sont restés à la maison !

Pont-en-Royan est un bourg curieux, traversé par la nationale et la Bourne. Sur la façade donnant sur la rivière, les maisons colorées sont suspendues à la roche formant un ensemble curieux et disparate. On doit cette façon de construire au fait que la vallée est si étroite qu’il a fallu trouver de la place pour bâtir. Nous traversons le pont pour mieux les observer. Elles sont composées de plusieurs modules et nous nous posons la question de savoir comment ceux qui habitent en façade arrivent à atteindre leur logement. Nous repérons aussi des WC comme ceux qui existaient dans les châteaux forts. Dommage que le soleil joue à cache-cache et prend un malin plaisir à disparaître à chaque fois que je veux prendre des photos ! Nous pourrions visiter le musée de l’eau mais nous préférons profiter du beau temps pour poursuivre sur Villard-de-Lans. La route, sur la carte, ne semble pas très difficile. Un tunnel récent supprime une série de virages creusés à même la roche appelés les grands goulets. Heureusement car les 4 ou 5 petits goulets qui débutent notre circuit me suffisent largement : hauteur limitée à 3m50, chaussée très rétrécie …. Une pancarte annonce une déviation pour les plus de 19 T. Cela ne nous concerne pas et nous poursuivons notre route. Au bout d’un bon nombre de kilomètres, nous arrivons à la fameuse déviation mise en place pour les voitures. Elle nous fera passer par le col de la Herbouille, route tortueuse sur notre carte et notée comme dangereuse. Tant pis pour les kilomètres parcourus ! Nous renonçons à Villard-de-Lans et rebroussons chemin.
Nous nous arrêtons à nouveau à Pont en Royan et passons la nuit devant le camping municipal fermé.


jeudi 6 novembre haut

Nuit calme mais réveil matinal. Ce sont les enfants des écoles, venus faire leur séance de gymnastique, qui animent notre petit déjeuner. Il est vrai que les vacances sont terminées et que pour nous, il faudra aussi bientôt songer à rentrer.

Première étape du jour : St André de Royan, perdu au milieu des collines du Vercors. Un parking, à côté de l’école accueille Cigalon et nous permet de visiter le petit bourg de 300 habitants, aux rues pavées. Nous ramassons quelques noix oubliées en bordure d’un chemin. Non loin de là, nous repérons un séchoir attenant au premier château. Le village en compte deux comme il compte aussi deux cadrans solaires, l’un sur le clocher de l’église, l’autre, plus original sur le château de Saint André construit, probablement sur une ancienne motte castrale. Propriété privée, il ne se visite pas.

Il ne fait pas bien chaud aujourd’hui. A notre retour sur le parking, nous conversons avec l’employé municipal occupé à l’entretien des espaces verts. Pour lui, l’éloignement du village par rapport aux grands axes routiers ne semble pas être un problème. L’école est encore en fonctionnement grâce à un regroupement scolaire avec le village voisin. Dans chaque bourg, une classe unique. Plus aucun commerce, même pas un boulanger alors qu’il y a 30 ans, il y avait 3 restaurants.

Nous déjeunons sur place avant de prendre la direction de Beauvoir en Royan où nous trouvons facilement à nous garer. Le temps est gris et la pluie n’est plus très loin. Décidément on n’aura pas vu beaucoup le soleil ces derniers jours !

Beauvoir en Royan est une des cinq grandes demeures delphinales érigées au Moyen Age. Il ne reste plus que quelques vestiges de cette époque. Le plus impressionnant, est le chevet de la chapelle, haut de 20 mètres. Le château de Beaumont, constitué d’une grande construction quadrangulaire flanquée d’une tour circulaire remonte probablement à la fin du XVIème siècle
Au nord, dominant la vallée de la basse Isère, se dressent les restes du donjon, rectangulaire avec, en particulier, l'amorce d'une solide voûte en plein cintre. L'appareillage des murs fait alterner les moellons bien taillés et les murs en gros galets de rivière.
Enfin, à la gauche du donjon, subsistent quelques morceaux du rempart qui surplombe la douve. L'arche du pont qui relie le village au château est bien conservée.

Les Dauphins ont demeuré ici régulièrement jusqu'en 1349, date de la cession du Dauphiné à la couronne de France. Le dernier Dauphin, Humbert II (1313-1355), personnage à nombreuses facettes, y a fait de nombreux séjours. Son fils unique, André, y est mort en 1335, à l’âge de 3 ans d’une façon très curieuse : une servante l’a malencontreusement laissé tomber d'une fenêtre du château !
Juste à côté des vestiges, un camping privé occupe le parc d’un petit château.

En repartant de Beauvoir, à Cognin les Gorges, nous repérons un séchoir du plus bel effet. Malheureusement, il faut un peu ruser pour le prendre en photo car il jouxte une maison d’habitation. C’est le seul bâtiment de ce type à être classé aux monuments historiques depuis 1994.

A Vinay, nous nous arrêtons au grand séchoir qui abrite le musée de la noix de Grenoble. C’est une ancienne ferme surmontée d’une terrasse couverte mais aérée sur laquelle on faisait sécher les noix.
Les épidémies de phylloxéra en 1817 qui a détruit toutes les vignes, puis celle de muscardine atteignant la fabrication de la soie qui sont à l’origine de l’exploitation de la noix. Les agriculteurs de la vallée de l’Isère en perdant leur gagne-pain se sont alors tournés vers la nuciculture.

Nous y apprenons que la noix de Grenoble AOC depuis 1938 (premier fruit à avoir été classé AOC) est issue des variétés «franquette», «mayette» et «parisienne».
Sa récolte démarre fin septembre et pendant 4 à 5 semaines les trois variétés sélectionnées sont ramassées, triées, séchées, calibrées et mises sur le marché.
Le terroir de la noix de Grenoble comprend 6500 hectares de vergers situés le long la vallée de l’Isère, de Montmélian en Savoie, aux portes de la Drôme. En moyenne 13 000 tonnes sont produites annuellement par un peu moins de 1400 producteurs qui la vendent à 90% sous forme de noix en coque, le reste en cerneaux. Cela représente plus de la moitié de la production française. A noter que 60% de cette récolte est destinée à l’exportation.

Le tour du musée est vite fait. Après une salle où l’on peut écouter des contes sur les noix, on pénètre dans un lieu d’exposition de machines anciennes : laveuse, cali-breuse …
http://www.dailymotion.com/video/x4de9u_le-grand-sechoir-la-maison-de-la-no_travel

Le parking est grand mais pas très plat. Nous poursuivons donc notre chemin en espérant trouver rapidement un endroit pour nous garer car la nuit tombe vite en cette saison.

Nous nous arrêtons dans un supermarché pour prendre du gasoil et de l’huile de noix. Si pour le gasoil, il n’y a pas de problème, pas d’huile de noix …. dans une région dont c’est la spécialité !

Dur ce soir pour trouver un bivouac car la nuit tombe vite en cette saison ; on a attendu trop longtemps. A Voiron, le parking de l’usine de La Chartreuse est fermé et c’est finalement un peu avant St Laurent Du pont, à St Joseph de Rivière que nous posons nos roues. Ouf ! Car il n’était pas question de monter de nuit à St Pierre de Chartreuse. Le parking du village fera bien l’affaire !


Vendredi 7 novembre haut

La nuit a été calme. Au réveil, il fait enfin beau !! Après un rapide petit déjeuner – eh oui, je sais être rapide quand il le faut – nous reprenons la route. La montée est facile et la route quasi déserte.

Nous nous garons sur le grand parking à l’entrée du bourg comme la fois précédente. L’aire de service est à l’autre bout du village. Pas d’intérêt pour nous aujourd’hui. Nous sommes en morte-saison et cela se ressent ici. Peu de monde dans les rues et beaucoup de commerces fermés. Malgré le soleil, il ne fait pas très chaud. Nous faisons un tour dans le village. Sur la façade de l’église la boule surmontée d’une croix et de 7 étoiles nous rappelle la présence des Chartreux ici.

Les 7 étoiles représentent St Bruno et ses six compagnons qui fondèrent l'ordre en 1084. Ce même symbole surmonte une des fontaines du village. Seules les étoiles manquent.

Après quelques courses, nous reprenons la route jusqu’au Mont-Granier au-dessus de Chambéry. En franchissant le Mont-Granier, nous quittons l’Isère et entrons en Savoie. Au col, nous sommes à un peu plus de 1100 m d’altitude. Personne sur le parking. Nous espérions manger au restaurant mais il est fermé ! Un groupe de motards immatriculés dans le Rhône a sûrement la même idée que nous mais pour eux pas de déjeuner du tout. Pour nous, il faut se mettre à la popote. Après le repas, nous faisons une petite promenade pour profiter de l’air pur mais froid et du soleil qui nous a tant manqué ces derniers jours. Les arbres ont revêtu leurs couleurs d’automne mais ce n’est pas aussi coloré qu’en Ardèche. Nous montons jusqu’au belvédère. Le Mont-Granier apparaît devant nous. Sa falaise de 1933m est la conséquence d'un gigantesque effondrement de la montagne en 1248. Cinq paroisses ont ainsi disparu sous les éboulis : Cognin, Vourey, Saint André, Granier et Saint Péran. Deux autres ont été partiellement touchées : Murs dont la chapelle a été complètement détruite, et Myans où la coulée s'est arrêtée juste à l'endroit de sa chapelle au pied de la vierge noire.

A Chambéry, nous allons découvrir la nouvelle aire de service installée dans l’enceinte du lycée Monge ; les services sont gratuits mais il n’y a pas de place pour stationner et les manœuvres sont difficiles. Il faudrait arriver pendant les vacances.

Nous décidons de monter à Thônes pour passer la nuit. Petit détour que nous apprécions toujours. Ce sera toujours plus agréable que de dormir à Annecy ! Il n’y a personne sur l’aire. Lors de notre dernier passage, nous n’avions pas trouvé de place mais c’était en été, un samedi matin !


Samedi 8 novembre haut

Nuit calme avec en musique de fond le murmure ininterrompu du Nom. Le samedi, c’est jour de marché et nous en profitons pour faire provision de produits du pays mais aussi …de quelques olives ! Pas très local tout ça ! Mais si bon à l’apéro !

Pour le déjeuner, nous choisissons d’aller jusqu’au Grand Bornand. Ce sera aussi l’occasion de découvrir le caravaneige, refait à neuf il y a 2 ou 3 ans. Il y a un nombre impressionnant de voitures dans la station ! Nous arrivons en plein colloque des maires de la Haute Savoie. Difficile de se garer dans ces conditions là. Nous trouvons néanmoins une place à la sortie du village après la patinoire. A l’OT, on nous dira qu’ils sont plus de 600 élus.

Nous allons nous balader dans le village que nous connaissons mais que nous apprécions toujours autant. Il y a du monde dans les rues et dans les commerces encore ouverts.

Au caravaneige, nous allons prendre la documentation nécessaire pour notre séjour. Les prix semblent plus élevés qu’à Valloire mais nous avons envie de changer un peu cette année et faire aussi moins de route.
Nous déjeunons sur place, la porte grande ouverte. Au soleil de midi, il fait bien chaud. Avant de rentrer sur Annecy, nous faisons un crochet par le Chinaillon, lieu où Gabriel a fait ses débuts à ski. Le soleil devient capricieux. La station est complètement déserte et sans neige, elle n’a guère de charme. De plus nous ne reconnaissons rien. Tout s’est construit depuis 25 ans. Nous allons faire quelques photos dans le vieux Chinaillon datant du XVIIème siècle que nous n’avions jamais visité. Certains chalets recouverts de tavaillons ont plus de 100 ans. La petite chapelle est ouverte à la visite. Dommage qu’il faille déjà repartir !

Las de toujours aller jusqu’à Sévrier pour passer la nuit, nous nous arrêtons ce soir à Meythet.


Dimanche 9 novembre haut

Après avoir rendu visite à une ancienne voisine, nous reprenons la route vers l’Alsace sous la pluie et comme nous avons le temps, nous passons par la rive est du lac Léman.

Premier arrêt à Yvoire située sur un promontoire séparant le «petit lac» du «grand lac» Léman. Pas de souci de stationnement. L’un des parkings à l’entrée accueille les camping-cars. En cette saison, il est gratuit.
Yvoire est le village touristique par excellence. Modeste bourg de pêcheurs au début du XXème siècle, Yvoire a été joliment restaurée ces vingt dernières années. La localité est déjà une seigneurie lorsqu’Amédée V, comte de Savoie décide, au début du XIVème siècle, d'en faire une forteresse imprenable. Il subsiste de cette époque des vestiges essentiels : château, portes, remparts...

L’église Saint Pancrace construit au milieu du XIXème siècle a un clocher à bulbe caractéristique de l’architecture religieuse savoyarde. En 1989 la municipalité a fait refaire la toiture du clocher, à l’origine couverte de fer étamé. Il est alors recouvert d’acier inoxydable et le coq et la boule au sommet sont couverts de feuilles d’or car le dernier batteur d’or habite dans un village à côté.
Il y a aujourd’hui beaucoup de monde dans les ruelles joliment fleuries de compositions d’automne. C’est ici qu’il y a longtemps, j’avais vu pour la première fois un chou décoratif. Depuis cette plante s’est beaucoup développée et elle est en vente chez tous les fleuristes.

Il est déjà tard quand nous regagnons Cigalon et il n’est pas question de rentrer ce soir, surtout en cette saison. Nous nous posons à Bonnatrait sur le parking du musée du pompier.

Lundi 10 novembre haut

Une nouvelle nuit calme. Il fait beau aujourd’hui mais froid. Nous prenons quelques photos de l’endroit avant de reprendre la route.
Devant le musée, une curieuse statue : un mammouth fabriqué avec du bois flotté est l’emblème du musée pédagogique de la préhistoire de Sciez.

Nous arrêtons au bord du lac à Evian et allons nous promener jusqu’au casino où il y a déjà beaucoup de monde malgré l’heure matinale. Finalement, nous passons plus de temps que prévu à Evian et il est presque midi quand nous reprenons la route et un peu plus loin au bord du lac, nous trouvons un parking où nous pouvons déjeuner en toute tranquillité avant de prendre la route de l’Alsace en début d’après-midi. Les vacances, sont bien terminées !