La Grèce

Août 2003

 

 

 

 

 

 

 

départ jour 1
Milan jour 2
Venise jour 3
Fano jour 4
Ancone jour 5
traversée jour 6
Epitalion jour 7
Olympie jour 8
Mégalopolis jour 9
Méthoni jour 10
Pétalidi jour 10
Mystra jour 11
Monenvassia jour 12
Nauplie jour 13
Epidaure jour 14
Acrocorinthe jour 15
Cap Héraion jour 16
Athènes jour 17
Cap Sounion jour 18
Hosios Loukas jour 19
Delphes jour 20
Rhiom jour 21
Méga Spilaio jour 22
Killini jour 23
Loutra Killini jour 24
Patras jour 26
traversée retour jour 27
Suze jour 28
Annecy jour 29
           
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PHOTOS ITALIE AVEC COMMENTAIRES
PHOTOS GRECE de Patras à Mystra
PHOTOS GRECE de Monemvassia à Mycène
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PHOTOS GRECE du cap Sounion à Delphe
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Vendredi 1er août : Gerstheim – autoroute avant Milan = 469 km haut de page

Il est 14h50 quand nous prenons la route. La circulation sur l’autoroute allemande jusqu’à Bâle est fluide. Il en est de même pour l’autoroute suisse. Mais quelle chaleur !

Nous dépassons Luzerne et son beau lac des Quatre Cantons avant d’être pris dans un bouchon à l’entrée du tunnel du St Gothard. Las d’attendre, nous empruntons la route pour franchir le col et cela se révèle être une bonne idée.

La montée, quoique raide, se fait sans problème ; la route est large et il n’y a pas beaucoup de circulation.
Il est 18h50 quand nous arrivons au sommet du col à 2091 m. La température a bien chuté car il y a un petit vent.

Quelques kilomètres plus loin, un arrêt nous permet d’avoir une vue magnifique sur Airolo et sur les Alpes suisses.
Ça et là, on trouve encore quelques plaques de neige.

Nous passons la frontière à Chiasso et commençons à rechercher un bivouac pour la nuit : à Lugano, le front de lac est interdit à la circulation à partir de 20 h; à Côme, nous ne le trouvons même pas !

Finalement, nous nous arrêtons sur la dernière aire d’autoroute avant Milan. La nuit est chaude et bruyante.

Samedi 2 août 03 : Milan – Venise = 289 kmhaut de page

Il n’est que 6h45 quand nous reprenons la route. La nuit a été bien courte ! Sur l’autoroute, il y a déjà beaucoup de circulation mais la traversée de Milan se fait sans difficulté. Les automobilistes se dirigent plutôt vers Bologne.

A 10 km de la sortie Mestre, un bouchon ! Ah, les fameux bouchons italiens !
Nous nous armons de patience car nous sommes bientôt arrivés. Nous avons prévu de nous arrêter à Punta Sabionni où nous savons que l’on peut rejoindre Venise en vaporetto.

Mais un nouveau bouchon s’annonce et pour y échapper, nous sortons à l’aéroport San Marco. C’est une bonne idée car nous trouvons un camping à Campéalto, juste à côté d’un arrêt de bus. C’est la solution idéale pour visiter Venise.

Le restant de la journée est consacré à la « farniente » et à la découverte des alentours. Il fait chaud mais à l’ombre c’est tout à fait supportable. Le soir, à 20 heures, il fait encore 36° !


Dimanche 3 août 2003 : Venise haut de page

A 8 heures, nous sommes à l’arrêt de bus et en moins d’un quart d’heure, nous atteignons la Plaziolla Roma, la gare routière de Venise. Aucune circulation dans la ville et peu de touristes. C’est agréable, d’autant plus qu’il ne fait pas trop chaud.

A travers ruelles et ponts, nous atteignons l’église St Roch (chiessa St Roch) construite à la fin du XVIIIème siècle. Cette église fait partie de la confrérie « Scuola Grande de San Rocco ». Les « scuola » à Venise étaient des confréries laïques qui, sous le patronage d’un saint protecteur, avaient diverses missions : la dévotion et la pénitence, la défense des intérêts de professions et arts indépendants ou celle des associations pour l’assistance aux travailleurs étrangers à la cité à la recherche d’un emploi.

Venise est la ville des églises. Nous en découvrons des dizaines au cours de notre journée.

Nous franchissons le canal qui coupe Venise en deux par le célèbre pont du Rialto. Les vingt-quatre boutiques ne sont pas encore ouvertes.

C’est en fait le 3ème pont de ce nom. Le premier, tout en bois, s’est écroulé avant d’être reconstruit toujours en bois en 1444, mais avec l’ajout de quelques boutiques sur le dessus et un mécanisme qui rendait sa partie centrale mobile de façon à permettre le passage des embarcations. Son instabilité a fait qu’on l’ait rebâti au XVIème siècle.
Le pont est fait d’une seule arche de 28 m de portée avec une hauteur maximale au milieu de 7,50 m. Les deux têtes du pont reposent sur au moins 12 000 pilotis enfoncés dans la mer.

Un peu plus loin, la place Saint Marc est encore, à cette heure-ci, le royaume des pigeons qui attentent avec impatience l’arrivée des premiers touristes qui les nourriront.

Le monument le plus célèbre est sans conteste la basilique dont l’origine remonte à l’an 829. Elle a été construite pour abriter le corps de l’évangéliste Saint Marc. Détruite par un incendie, elle est devenue au fil de ses améliorations un chef-d’œuvre mélangeant différents styles : gothique, islamique, renaissance.
Sa façade s’étend sur 51,80 m et ferme ainsi le quadrilatère de la place St Marc. La partie inférieure est faite de cinq arcs en plein cintre soutenus par des colonnes surmontées par des chapiteaux orientaux.

Le portail central, plus grand que les autres, représente le Jugement Dernier. Les arcs sont surmontés par une balustrade, elle-même dominée par cinq arcades surmontées de flèches gothiques pleines de fantaisie. Cinq dômes renflés du XIIIème coiffent la façade. Sur la terrasse, on trouve quatre chevaux de bronze, autrefois couverts d’or et provenant de Grèce.
On est dimanche et c’est l’heure de la messe. Pour la visite, il faudra revenir l’après-midi.

Sur le côté droit de la basilique, près du Palais des Doges, le groupe des Tétrarques en porphyre est de provenance syriaque et représenterait les empereurs Dioclétien, Maximin, Valère et Constant s’étreignant, symbole de l’unité de l’empire.

Au coin de la place se dresse le campanile. Construit entre 888 et 912, il a réussi à braver, pendant des siècles, tremblements de terre et intempéries jusqu'au 14 juillet 1902 où il s’est écroulé sans prévenir ne faisant heureusement aucune victime.

Le Palais des Doges. a été reconstruit plusieurs fois, sa construction définitive date de 1340. C’était la résidence du chef suprême de l’état. Les fenêtres en ogive donnent à l’ensemble un petit air oriental.

Dos à la lagune, sur la Piazzetta s’élèvent les célèbres colonnes en granit rouge : celle de San Todaro et celle du Lion de Saint Marc. Elles ont été importées d’Orient au XIIème siècle.

En se tournant vers l'eau, on aperçoit le dôme de San Giorgio Maggiore (1565-1580) qui se dresse sur la petite île de même nom.

Du pont della Paglia, construit en 1360 et agrandi au XIXème siècle (pont de paille ainsi appelé car c’est ici qu’accostaient les bateaux apportant la paille destinée aux prisons), on a une vue sur le célèbre pont des soupirs. Le pont reliant le palais des Doges à la prison construit en style baroque doit vraisemblablement son nom aux soupirs que poussaient les condamnés en traversant le pont pour la dernière fois.

Non loin de là, à vol d’oiseau, sur la Punta della dogana (pointe de la douane), Santa Maria della Salute de forme octogonale, surmontée d’une grande coupole se dresse éclatante au soleil de midi. Pour y accéder, nous devons longer le bassin avant de revenir sur nos pas et emprunter le 2ème pont qui traverse le canal, le pont dell Accademia. Bien qu’il nous semble être tout en bois, sa structure est en fait en métal.

La chaleur devient pesante et nous nous réfugions tout d’abord dans un restaurant puis dans de petites ruelles, la plupart désertées par les touristes, pour chercher un peu de fraîcheur et attendre l’ouverture aux visites de la Basilique Saint Marc.

Nous sommes parmi les premiers à entrer dans le monument. Il y a quarante ans, il fallait se couvrir bras, épaules et jambes. Heureusement aujourd’hui, le personnel de surveillance semble plus clément ! Nous pénétrons tout d’abord dans le vestibule, splendide galerie tapissée de mosaïques.

La basilique est construite en forme de croix grecque sur laquelle s’élèvent les cinq coupoles soutenues par d’énormes piliers.
Le chœur, comme dans les églises byzantines, est séparé par une iconostase en marbre polychrome. Huit colonnes soutiennent une architrave avec les statues de la Vierge et des Apôtres.

Cette visite sera la dernière pour aujourd’hui ; c’est fatigués et assoiffés que nous regagnons le camping.


Lundi 4 août 03 : Venise – Fano = 299 kmhaut de page

Nous prenons la route vers Ravenne avec un arrêt à Porto Garibaldi où Gabriel prend son premier bain des vacances. Je reste dans le camping-car pour … le surveiller. On nous a dit tant de choses sur l’Italie !

La route, le long de la côte, est longue. Nous n’avançons pas vite, retardés sans cesse par des bouchons et des travaux. En plus, il fait très chaud ! Finalement, après avoir cherché vainement un emplacement pour dormir, nous trouvons tout à fait par hasard une aire de service à Fano où nous passons une nuit agréable.


Mardi 5 août 03 : Fano – Ancône = 54 kmhaut de page

Avant de reprendre la route, nous nous baignons dans une petite crique où l’eau est particulièrement chaude. Ma première baignade depuis des années !

Nous arrivons à Ancône à 11 heures, bien avant l’heure de l’embarquement. Il y a déjà quelques camping-car positionnés. Après avoir retiré nos billets, nous nous mettons dans la file pour Patras bien moins longue que celle d’Igoumenitsa.

Petit tour sur le port. Ancône semble être une belle ville mais nous ne voulons pas « abandonner » Cigalon trop longtemps. De plus, la chaleur devient difficilement supportable et il vaut mieux bouger le moins possible.

L’Olympic Champion arrive avec une demi-heure heure de retard. Le débarquement est un vrai spectacle. Le bateau crache en même temps camions, voitures, passagers à pieds et le tout sans ordre apparent …

L’embarquement, tout aussi désordonné, commence par les camions puis se poursuit par les voitures et les camping cars.

Notre attente n’est pas très longue et Cigalon se retrouve tout au fond, sur le pont n° 6 devant les douches et toilettes mais pas trop loin néanmoins d’un hublot.

Nous ouvrons lanterneaux et fenêtres puis partons à la découverte du monstre flottant. Passé l’open, il règne une douce fraîcheur : les miracles de la clim !

Le bateau est neuf, composé de douze ponts. Les passagers ont déjà envahi l’extérieur en y installant de véritables bivouacs à l’ombre.
Nous déjeunons au restaurant à la carte; le self n’est décidémment pas au goût de Gabriel ! Repas typique mais sans trop de surprises puisque nous avons fait un coup d’essai lors de notre WE à Paris. Les serveurs grecs ne parlent ni le français, ni l’allemand. Le menu est écrit en anglais. Seul le mot «eggplant» reste un mystère.

Petit tour dans les boutiques, au casino et à la chapelle avant de revenir dans le CC pour une nuit qui se révèle très chaude. La température ne baisse guère. 33 ° ! Heureusement que les douches fonctionnent ! Nous en usons et abusons !


Mercredi 6 août : arrivée en Grèce, Patras – Kilini (environ 700 km de traversée)
haut de page

Nous survivons … et la chaleur devient beaucoup plus supportable à partir de notre arrêt à Igoumenitsa. La plupart des véhicules quitte le navire … et nous ne sommes plus que douze camping-cars sur le pont.

Durant toute la traversée, du moins le jour, nous ne serons jamais très loin de côtes. La Grèce est entourée d’une multitude d’îles. La mer est d’huile.

Avant d’arriver à Patras, nous apercevons le pont en construction qui permettra de relier le Péloponnèse à la Grèce continentale. Il devrait être achevé pour les J.O. de 2004 mais il reste encore du travail !
Nous débarquons rapidement avec 75 mn de retard et prenons immédiatement la route de Pyrgos.

Le dépaysement est immédiat et surprenant. Sur la plage, qui longe la route nationale, des bidonvilles se succèdent. La plupart des maisons n’ont pas de toit ou sont tout simplement inachevées. Nous sommes également frappés par le nombre d’estafettes sur les routes. Nous avons l’impression d’avoir fait un bond en arrière de cinquante ans.
Depuis notre départ de Patras, nous remarquons devant les maisons ou au bord des routes des reproductions de petites chapelles orthodoxes, certaines très belles. Gabriel croit tout d’abord qu’il s’agit de boîtes aux lettres mais en fait ce sont de petites chapelles votives élevées par les habitants en majeure partie de religion orthodoxe.

Pour nous rafraîchir après 21 heures de bateau, nous choisissons de finir la journée au bord de la mer. Les premiers villages traversés sont étroits et la prudence est de rigueur. Puis nous longeons des champs de melons et de pastèques sans rencontrer âme qui vive. Il nous est difficile de nous repérer sur la carte ; les routes ne sont pas toutes indiquées et après bien des détours, nous arrivons enfin au port de Kilinis où nous pouvons installer Cigalon face à l’eau. L’eau est très chaude et la mer presque sans vagues.
Nous y passons la nuit.


Jeudi 7 août : Chlmemoutsi – plage de Palouki – Epitalionhaut de page

En visitant le château de Chlmemoutsi, ancienne citadelle du XIIIème siècle construite par Geffroy II de Villehardouin, nous découvrons l’un des nombreux sites qui témoignent de la domination franque. Du sommet, on a une belle vue sur la mer toute bleue.

Malgré l’heure matinale, il fait déjà chaud et nous rêvons de trouver une plage. Nous nous arrêtons à Palouki pour y passer les heures les plus chaudes, appréciant le vent du large qui nous rafraîchit mais qui met du sable partout également ! Pauvre Cigalon … ! Désormais, nous serons plus vigilants !

Nous reprenons la route en fin d’après-midi pour être à Olympie dès l’ouverture demain. Nous montons d’abord au théâtre où Guy a passé la nuit il y a 2 ans. Le parking n’existe plus comme d’ailleurs celui d’Olympie, à côté de la gare.
Trouver une place dans le secteur relève de l’exploit et finalement, nous faisons quelques courses. Dans les rayons du supermarché, il y a beaucoup de produits français. Heureusement car l’écriture grecque reste pour nous encore un vaste mystère.

Nous passons la nuit sur la plage d’Epitalion où il y a déjà plusieurs camping-cars. Nouvelle baignade alors qu’il fait presque nuit et douche rafraîchissante sur la plage.
La nuit est très calme.


Vendredi 8 août : Olympie – Langadia – Dimitsena – Karytaina – Mégalopolis = 161 kmhaut de page

Au réveil, à 7 heures, il ne fait que 23 degrés.

Lorsque nous arrivons sur le parking d’Olympie, il y a déjà trois camping-cars. Auraient-ils passé la nuit ici ? L’endroit est pourtant interdit la nuit aux camping-cars …

Chapeautés et « ambresolérisés », nous sommes parmi les premiers visiteurs. L’environnement est de toute beauté mais très peu ombragé et les monuments ne sont plus en très bon état.

C’est à Olympie, au pied de la colline de Kronion que les dieux olympiens inaugurèrent les jeux. Selon une croyance des Grecs, Zeus vainquit Cronos à la lutte tandis qu’Apollon l’emportait sur Arès au pugilat et sur Hermès à la course. A la même époque, Héraclès organisa, toujours selon la légende, les premières compétitions sur piste, fixa l’emplacement et les dimensions du premier stade. Le vainqueur gagnait un rameau d’olivier.

Très vite Olympie est reconnu à travers la Grèce comme le centre des jeux sacrés par excellence. Pour permettre aux athlètes et aux spectateurs de se rendre aux jeux qui ne durent qu’une journée, une trêve sacrée est instaurée durant un mois. Les jeux olympiques subsistent jusqu’en 393 après JC. C’est le baron de Coubertin qui en 1896 les réinstaure; depuis, ils ont toujours eu lieu sauf durant les deux guerres mondiales.

La palestre datant de la fin du IIIème siècle avant JC comprend une cour centrale carrée entourée de colonnes doriques. Elle servait de logement aux athlètes qui s’entraînaient dans la cour centrale.

Le théokoléon était la résidence des prêtres.

Une église byzantine a été construite au Vème siècle sur l’atelier de Phidias, sculpteur qui réalisa la statue chryséléphantine de Zeus, une des sept merveilles du monde et qui fut également l’un des maîtres d’œuvre de l’Acropole. Il subsiste de cette époque des croix grecques et l’iconostase.

C’est sur l’Altis que se dresse le plus grand temple du Péloponnèse, celui de Zeus Olympien. L’Altis était entouré d’une enceinte qui séparait les temples et les édifices religieux des bâtiments à usage profane. Du temple, de style dorique, construit dans du calcaire coquillier et recouvert de stuc sauf les métopes, les frontons et les sculptures qui sont en marbre, il ne reste plus que les colonnes posées sur le sol dans un chaos impressionnant. C’est à l’intérieur, dans la cella, que trônait la statue de Zeus haute de 12 mètres.

Le temple d’Héra (600 ans av. JC) est plus ancien que celui de Zeus. Il a été construit au départ en bois puis les colonnes ont été progressivement remplacées par des colonnes en pierre. Dans la cella a été découvert la statue de l’Hermès de Praxitèle en 1877.
Ce dieu est représenté en train de transporter Dionysos enfant, afin de le protéger de la jalousie d'Héra. Faisant une pause près d'un tronc, il divertit le petit en l'amusant avec une grappe de raisin qu'il tenait dans sa main droite aujourd'hui disparue : c'est ainsi que Dionysos prit goût au fruit de la vigne et devint le dieu du vin...

On accède au stade pouvant contenir 45 000 spectateurs par une porte voûtée possédant un propylée hellénistique mais qui date de l’époque romaine.

Après 2 heures 30 de visite, nous quittons le site et nous gagnons à pied Olympie pour effectuer quelques achats. L’endroit est très touristique et les magasins proposent pêle-mêle : bijoux, reproductions d’objets d’art et déjà des produits à l’effigie des jeux olympiques de 2004. Nous trouvons même une librairie qui vend des livres en plusieurs langues. Dans les rayons consacrés à la langue française, des guides touristiques, des œuvres littéraires d’auteurs classiques grecs mais aussi Astérix !

Nous déjeunons sur le parking, bien à l’ombre, avant de reprendre la route pour un circuit rafraîchissant à travers la montagne.

La route monte doucement vers les sommets. Elle est relativement large mais de temps en temps, nous sommes obligés de jongler pour éviter les affaissements et les trous. Il y a peu de circulation et les voitures que nous croisons roulent prudemment.

De belles chapelles toutes blanches bordent la route.

Les seules parties difficiles sont les passages de villages où la route est très rétrécie et la circulation souvent gênée par des voitures en stationnement. Les endroits pour s’arrêter sont rares. Nous n’avons croisé aucun camping-car depuis notre départ d’Olympie.

Au fur et à mesure de notre montée, le ciel s’assombrit et nous attendons l’orage.

Nous nous arrêtons à la sortie de Dimitséna alors que les premières gouttes de pluie tombent. Voilà pourquoi les maisons ici sont pratiquement toutes couvertes d’un toit !
Abrités sous le parapluie, nous parcourons les ruelles de ce beau village accroché au rocher, sous l’œil curieux des Grecs attablés à l’abri sur les terrasses des bars.

Dommage qu’il fasse gris !

Nous aimerions nous arrêter à Karytaina mais il n’y pas de place pour Cigalon ; nous poursuivons donc notre route jusqu’au parking du théâtre de l’ancienne Mégalopolis. Le site est fermé ; il ne doit pas se visiter.

Un peu plus tard, deux camping-cars italiens viennent se joindre à nous. Il fait frais ce soir .


Samedi 9 août 2003 : Mégalopolis – Karitaina – Gorges de l’Alphée (Alfios) – Andritséna – Bassae (Vassès) – Elaia = 136 km haut de page

La nuit est très agréable et calme : nous n’entendons même pas les deux camping-cars italiens partir !

Il ne fait que 18,5° au réveil et nous profitons pour nettoyer un peu Cigalon avant de reprendre la route. La route s’élève au-dessus de Karytaina et longe les gorges de l’Alphée ( Alfios). Le paysage est magnifique.

Nous nous arrêtons à l’entrée d’Andritsena, le village aux nombreuses fontaines. Les boutiques qui bordent la rue principale semblent appartenir à un autre âge. On y vend pêle-mêle des objets aussi utiles qu’inutiles. Bars et tavernes sont nombreux. Nous nous installons à la terrasse de l’un d’eux pour déguster des spécialités locales : café frappé et bière grecque. Seul signe de modernisme : les cabines téléphoniques très nombreuses à travers le pays. Et la carte France Télécom fonctionne à merveille !

Nous reprenons la route pour Bassae ( Vassès), le temple d’Apollo Epicourios construit entre 420 et 410 avant J.C. par Ictinos, l’architecte du Parthénon mais seulement découvert en 1765.
Nous déjeunons sur le parking avant de visiter le site. Le temple lui-même est abrité depuis 1986 sous une grande tente afin de le protéger des intempéries. C’est plus exactement un ex-voto élevé par les habitants de Phigalie pour remercier Apollon de les avoir sauvés de la peste. Bassæ bouleverse les usages. Il mélange les ordres et utilise un plan allongé : 6 colonnes en façade et 15 sur les côtés.
Le site est magnifique et fleuri.

En Grèce, ni ponts, ni viaducs … La route vers la mer est longue. Elle épouse la forme du relief et c’est par de magnifiques lacets bordés de chapelles que nous regagnons les bords de la mer ionienne.

La baignade s’impose. Nous nous arrêtons sur la plage de Tholos avant de chercher un endroit pour passer la nuit à Elaia dans une grande pinède interdite au camping ! Il y a des dizaines de tentes, caravanes et camping cars disséminés sous les pins….


Dimanche 10 août 03 : la côte messénienne, Elaia – Palais de Nestor – Pylos – Méthoni – Pétalidi = 173 kmhaut de page

La nuit a été calme et nous avons même pu dormir les fenêtres ouvertes. Nous observons un peu ce qui se passe autour de nous : on se dirait dans un vrai camping organisé à la seule différence qu’ici on n’est pas entassé les uns sur les autres. C’est très folklorique : notre plus proche voisin, installé dans une caravane, a monté un barnum pour abriter sa table et ses chaises. Il est venu avec son chien et ses quatre cages d’oiseaux qu’il a placées à l’ombre de buissons !

Nous reprenons la route côtière vers Pylos. Nous nous arrêtons au Palais de Nestor, l’un des héros de la Guerre de Troie. Le palais est couvert d’un toit afin de le protéger et les découvertes qui y ont été faites sont exposées au musée archéologiques de Chora à quelques kilomètres de là. Le site permet d’observer presque d’un seul coup d’œil l’ordonnance d’un palais non fortifié à l’époque mycénienne. Il a été découvert en 1939 seulement. On y entre par un propylon à la gauche duquel se trouvait un dépôt d’archives, où l’on a trouvé un grand nombre de tablettes écrites en écriture linéaire B. L’entrée du propylon était vraisemblablement gardée par une sentinelle. Derrière s’étendait la cour centrale du palais précédant une grande salle où l’on remarque entre quatre colonnes un énorme foyer circulaire. Sur un des côtés se dressait le trône. Le mégaron (salle principale d’un palais mycénien) était entouré de magasins : huile, vin, laine. Les denrées étaient conservées dans de grandes urnes. A côté, la salle de bain dans laquelle on reconnaît une baignoire. Les appartements étaient situés à l’étage supérieur auquel on accédait par un escalier.

Juste à côté une tholos, c’est à dire une tombe mycénienne comme on en trouve beaucoup dans cette région.

Après le repas, nous poursuivons notre route jusqu’à Pylos pour visiter le Niokastro.

C’est en 1573 que les Turcs ont construit la forteresse. A l’intérieur se dresse l’église Métamorfossistou Sotiros de style gothique qui a été en son temps une mosquée.

Des remparts, la vue est magnifique sur la baie de Navarin et sur l’île de Sphactérie mais le soleil trop brillant rend la prise de vue délicate, voire impossible. Le site est joliment arboré. Les points d’eau sont très appréciés.

C’est dans la rade de Pylos qu’a eu lieu la célèbre bataille navale entre les Turcs et les forces alliées françaises, anglaises et russes. La victoire aussi surprenante que rapide en 4 h seulement a marqué le début de l’indépendance de la Grèce.

Après la visite, nous nous arrêtons à la terrasse d’un café, sous un gigantesque platane avant de nous baigner à quelques mètres de Cigalon seulement. Inutile même de le fermer à clef. Nous l’avons à l’œil. Et la douche est tout à côté.

Rafraîchis, nous reprenons la route vers Méthoni. La forteresse vénitienne du XIIIème siècle est de toute beauté. Elle donne sur la mer par trois de ses côtés et se termine par la tour du Bourtzi du XV / XVIème siècle faisant face à l’île Sapiendza. La baie est de toute beauté !

Il est impossible de passer la nuit à Koroni, même sur le parking payant. Tant pis, nous poursuivons donc notre route et la nuit est déjà tombée lorsque nous atteignons enfin Petalidi et son parking au bord de la plage. C’est une petite station balnéaire très animée en cette fin de WE. Nous allons manger dans une taverne. La commande se fait en cuisine ; il est déjà 21 h et le choix est restreint. Nous pensions que les Grecs mangeaient très tard ! Notre première expérience restera mémorable par sa note = 8,25 €. Du jamais vu ! A ce prix, pas de dessert naturellement ! Nous nous empressons de nous arrêter chez un glacier pour déguster les fameuses glaces grecques. Presque aussi chères que le repas : 7 euros !


Lundi 11 août 2003 : Pétalidi – Kalamata – Mystras = 86 kmhaut de page

A notre réveil, il fait déjà chaud. Gabriel « pique » une petite tête dans la mer à quelques mètres du CC mais il revient vite car le fond est rocheux et il craint les oursins. Je me contente d’une bonne douche sur la plage.

Nous prenons la route de Kalamata dont la traversée est très ralentie en ce milieu de matinée à cause du marché journalier. A la sortie de la ville, la route s’élève rapidement à travers les oliviers et serpente à flanc de montagne. Elle est assez large mais elle s’affaisse par endroits. Que de virages ! La montée n’est pas difficile. Il suffit d’être prudent.

Nous quittons la Messénie et entrons en Laconie. De petits marchands de miel et de légumes sont installés au bord de la route. Nous nous arrêtons chez un vieux paysan qui ne parle que le grec ! Difficile de savoir d’où provient le miel que nous achetons. Il nous offre quatre tomates et je le remercie d’un «efkaristo» qu’il apprécie.

Nous sommes bien contents d’atteindre enfin Mystra et de trouver le camping.

Nous passons l’après-midi à faire trempette dans la piscine, à chasser le sable accumulé depuis près de huit jours dans Cigalon et à nous reposer avant de rejoindre le village à pied pour un dîner local.

La soirée est fraîche…


Mardi 12 août 03 : La citadelle byzantine de Mystrahaut de page


… et la nuit reposante.

Lever matinal car nous voulons visiter Mystra avec la fraîcheur … Ouf, le réveil fonctionne !

Pour résoudre le problème de parking, nous prenons le bus qui part du village à 7h25 et nous dépose au kastro quelques cinq minutes plus tard. Nous gravissons tout d’abord la rude pente vers le château médiéval. Les débuts de Mystra datent de 1249, lorsque Guillaume de Villehardouin décide de construire un château sur un des contreforts du Mont Taygète. Celui-ci domine l’ensemble. Le nom de la ville signifiait en patois français : «maîtresse».
Mystra reste franque jusqu’en 1262, date à laquelle, elle est cédée aux Byzantins en échange de la libération de Villehardouin. Différents peuples se succèdent alors et laissent à chaque fois leur marque : Turcs, Vénitiens, Turcs à nouveau ! En 1770, elle est incendiée par les Russes, puis détruite par les Albanais au XIXème siècle.

Le kastro ou château franc n’a plus grand chose à voir avec la construction de Villehardouin mais la vue sur le restant du site et sur la région est superbe. Toute la colline est occupée par de nombreuses maisons en ruines, tandis que les églises et les chapelles ont été progressivement restaurées. Nous redescendons au fur et à mesure vers la ville haute à laquelle nous accédons par la porte de Momnemvasia.

On y trouve le palais des Despotes qui date du XIIIème/XIVème siècle et qui a été agrandi à plusieurs reprises par ses propriétaires successifs. En réfection lors de notre passage, il n’a pas pu être visité.

Non loin de là, l’église Sainte Sophie du XIVème siècle servait de catholicon (église principale du palais) et l’église de St Nicolas du XVIIème siècle.

Le couvent de la Pantanassa est le seul monastère encore en activité à Mystra. Il est habité par des nonnes orthodoxes habillées tout en noir et qui ont des chats pour seule compagnie lorsque les touristes ont déserté les lieux.
L’église comporte six coupoles du début du XVème siècle et se caractérise par de nettes influences occidentales. Pour la visiter, une « tenue correcte » est exigée. Les nonnes mettent des jupes à disposition des femmes en short ou en pantalon !

Dominant la ville basse, le monastère de Brontochion en ruines regroupe deux églises : Saints Théodores et l’Hodigitria ( début du XIVème siècle) qui fait office d’église principale.
Saint-Théodore ( la plus vieille de Mystra – 1290-1296) est construite selon un schéma cruciforme octogonal surmonté d’une grande coupole.

La Métropole - c’est à dire la cathédrale de la fin du XIIIème siècle - est dédiée à Saint Démétrius. C’est une église de type mixte : basilique à trois nefs surmontée d’une église de plan en croix. Elle fait partie d’un ensemble de bâtiments qui donnent sur une courette dominée par une galerie sur des arcades, ce qui donne à l’ensemble un air italien. De nombreuses fresques ornent la métropole.

La partie basse du site est occupée par le monastère de Péribleptou décoré de beaucoup de fresques comme celle de la Nativité mais nous n’aurons pas le courage de le visiter. La chaleur de midi est trop intense.

Non loin de là, la petite chapelle de Saint Georges tenait lieu d’église particulière à une famille nobiliaire de Mystra. Il en est de même pour la chapelle de St Christophe.

Nous regagnons le camping à pied ce qui nous semble bien facile par rapport à la promenade que nous venons de faire !

L’après-midi est consacrée à la piscine et au repos.


Mercredi 13 août : Mystra – Monemvassia – Léonidion – Plaka = 226 kmhaut de page

La route pour Monemvassia traverse une région maraîchère où l’on cultive l’oranger et où les chèvres broutent l’herbe rare. Les habitants se déplacent encore à dos d’âne.

La traversée de Ghérifa est délicate en cette fin de matinée. Cigalon reste coincé et provoque un bouchon parce qu’un Allemand en 4X4 veut forcer le passage. Les Grecs crient et gesticulent dans tous les sens et finalement nous sortons sans casse de ce guet-apens. Un jeune Grec vient même remettre notre rétroviseur en place ….

Nous nous arrêtons avant la digue, à l’entrée de la presqu’île car il n’y a pas de circulation automobile à Monemvassia.

Monemvassia, « l’unique entrée » était un endroit stratégique ; il permettait de contrôler le sud du Péloponnèse. Comme bien d’autres endroits, elle fut successivement la propriété des Francs, des Vénitiens, des Turcs.

Certains comparent ce petit village au Mt St Michel. Rien à voir si ce n’est la ruelle centrale, bordée de magasins de souvenirs et les prix pratiqués dans les restaurants. Nous parcourons la ville basse sous le soleil à son zénith et n’avons pas le courage de grimper jusqu’au sommet du rocher, 350 m plus haut. La visite de la citadelle vénitienne sera donc pour une autre fois ! Les efforts de la veille se sentent encore dans nos jambes.
Nous montons néanmoins un peu sur le chemin pour jouir d’une vue magnifique sur le village et sur la mer d’un bleu éclatant.
La ville basse possède pas moins de quatre églises dont la cathédrale sur la petite place centrale.

En allant boire un verre, nous pouvons éprouver le flegme grec. Il ne faut pas s’attendre à être servi tout de suite. Dans un premier temps, on vous apporte un verre d’eau puis une bonne demi heure plus tard, on prend commande ; finalement après de longues minutes d’attente arrive le jus d’orange tant attendu ! Pourquoi se presser, puisqu’on a de l’eau !

Nous retournons au camping-car. La plage est sale à cet endroit et malgré la chaleur, après le repas, nous prenons la route pour Léonidio qui nous amène dans la quatrième mamelle du Péloponnèse sur la côte arcadienne. La route est longue et délicate. Virages, étroitesse, nids de poules fréquents … tout ! Mais elle traverse des paysages de montagne sublimes. Nous traversons Kosmas en pleine sieste et on aurait pu croire que cela en faciliterait le passage. Pas du tout, il y a foule sur les terrasses et la traversée est difficile !

Nous craignons aussi la traversée de Léonidio que même le guide bleu signale comme difficile pour les véhicules hauts et larges. Mais une déviation a été mise en place sur une partie de la traversée. Heureusement !

Nous gagnons le petit port de Plaka au bord du golfe argolique à 4 Km de là et nous nous installons sur un parking face à la mer. Seul Gabriel va se baigner ce soir car il y a un peu de houle.

Nous profitons de notre retour à la civilisation pour manger au bord du port, dans une taverne où à notre grand plaisir la patronne parle un peu le français. Point de carte mais le choix se fait directement dans la cuisine. Quoi de plus simple ! Le service est rapide car tout est prêt. Les cuisiniers grecs préparent l’ensemble du repas en début de la soirée. Si l’on mange tard, c’est quasiment froid. Point de note non plus. La patronne vient à table, s’assoie et note d’après les reliefs ce que l’on a consommé, fait un rapide ( mais vraiment très rapide ) calcul et montre le prix écrit sur son cahier. On paie et le tour est joué !

Dormir au milieu de la civilisation a ses avantages mais aussi ses inconvénients car les Grecs vivent surtout la nuit et nous avons bien du mal à trouver le sommeil au milieu des voitures qui circulent, des radios qui hurlent et des gens qui s’interpellent !


Jeudi 14 août : Plaka – Nauplie – Tirynthe – Epidaure ( 142 km)haut de page

Nous nous réveillons agréablement au son de la messe orthodoxe. Une heure durant, les chants et les prières d’un pope accompagnent notre petit déjeuner.

Nous prenons la route côtière vers Nauplie. Peu de plages ici mais des falaises qui tombent directement dans la mer d’un bleu azur. C’est magnifique ! Nous apercevons des moulins à vents et des parcs à coquillages.

Nauplie (Nafplio) doit son nom au héros Nauplios, fils de Poséidon et d’Amymone. C’est ici que serait né Héraclès.

Nauplie est bâtie sur une presqu’île rocheuse au fond du golfe argolique. Ce fut la première capitale de la Grèce libérée en 1829. C’est là que s’installa le roi Othon en 1833 avant de transférer la capitale à Athènes. La vieille ville est dominée par la citadelle Palamède qui culmine à 216 m. Pour y accéder à pied, il n’y a pas moins de 857 marches. Et le soleil chauffe ! Nous renonçons une fois de plus à l’effort. Le bord de mer est plus agréable et c’est l’occasion d’admirer quelques yachts ancrés dans le port.

Une autre citadelle protégeait la ville, c’est celle du Bourtzi qui s’appelait en fait Saints Théodores et qui a été fortifiée par les Vénitiens. (1389/1540). Après la libération de la Grèce, elle devint la résidence des bourreaux exécutant les condamnés à mort.

Sur la place Syndagma, la mosquée Vouleftiko rappelle la présence turque. C’est ici que se tint la première assemblée de la Grèce libérée en 1822.

La chaleur devenant insoutenable et malgré les petites ruelles ombragées, nous rebroussons chemin et retournons à l’entrée de Nauplie où nous avons vu des plages.

La première permet juste de faire trempette car il n’y a absolument pas de profondeur. Nous tentons notre chance un peu plus loin et là la mer est plus profonde mais pas spécialement propre.

Lorsque la chaleur faiblit un peu, nous visitons Tirynthe, la troisième acropole mycénienne de l’Argolide, la seule située en bord de mer. Elle a été construite au XIIème siècle avant JC et impressionne par l’épaisseur de ses remparts. A certains endroits, ils font plus de 10 m d’épaisseur. Ici l’expression de « murs cyclopéens » prend toute sa signification et ce n’est pas pour rien qu’Homère parle de Tirynthe « aux puissantes murailles ». La visite du site nécessite beaucoup d’imagination car il est réduit à ses fondations.

Nous repartons pour Epidaure où nous savons que nous pourrons passer la nuit. Lorsque nous y arrivons, peu de temps après la fermeture du site, quelques camping-cars sont déjà là mais ce n’est pas grave car le parking est grand. Il est gardé par deux chiens. Ce n’est pas la première fois que nous rencontrons des chiens sur les sites archéologiques. Ils semblent abandonnés et suivent inlassablement les touristes au fil de leur promenade, du moins aux heures les moins chaudes car après, ils deviennent tout à fait apathiques.

Vendredi 15 août : Epidaure – Mycènes – Assos – Acrocorinthe (136 km)haut de page

Nous entrons les premiers sur le site et là bonne surprise : l’entrée est gratuite. C’est le 15 août !

Le guide bleu propose de visiter d’abord le site archéologique et de garder le meilleur pour la fin, à savoir le théâtre. Nous faisons l’inverse car nous voulons faire des photos du théâtre sans trop de visiteurs.

Epidaure est le sanctuaire d’Asclépios, le dieu-médecin, fils d’Apollon. La légende prétend qu’Asclépios fut sauvé in extremis du ventre de sa mère Coronis et fut confié à Chiron qui lui enseigna les vertus médicinales des plantes.
Les malades accouraient au sanctuaire d’Asclépios espérant y trouver la guérison. Avec Asclépios les bases de la médecine étaient posées. On ne s’appuyait plus sur la métaphysique mais sur l’observation des symptômes des maladies. L’hypnose cependant continuait à jouer un grand rôle.

Le théâtre construit sur les flancs du mont Kynortion est encore en bon état et peut accueillir environ 14 000 spectateurs.

Les premiers touristes font l’expérience de la pièce que l’on laisse tomber au milieu de l’orchestre et dont on entend la résonance du haut des gradins. Impressionnant !

Nous parcourons le restant du site réduit à sa plus simple expression. Il ne reste plus que des ruines en cours de restauration ce qui donne à l’ensemble un air de vaste chantier.

Nous essayons de reconnaître les différents monuments grâce au guide bleu. Pas évident lorsqu’il ne reste bien souvent que les traces au sol. L’un ou l’autre vase a été reconstitué.

On reconnaît vaguement l’avalon (enkoimétérion) où les malades passaient la nuit après s’être purifiés et avoir offert des sacrifices. Le dieu les guérissait ou venait leur révéler le traitement à suivre.

Tout à côté, le katagogéion c’est à dire l’auberge qui comprenait des chambres réparties sur deux étages autour d’un péristyle.

La tholos date du IVème siècle avant JC. Elle était entourée de vingt-six colonnes doriques à l’extérieure et de quatorze colonnes corinthiennes à l’intérieur. Tout à côté se trouvent les fondations du temple dorique d’Asclépios.

Quittant Epidaure en fin de matinée, nous reprenons la route en sens inverse en nous arrêtant juste avant Nauplie dans une « bakery » pour faire le plein de pâtisseries orientales et de beignets. Un vrai régal !

Lorsque nous arrivons à Mycènes, il est midi et le parking n’offre plus guère de places. Malgré la chaleur, nous mangeons d’abord et finalement c’est une bonne idée car nous entrons sur le site dans un creux d’affluence.

Mycènes est située sur une colline aride brûlée par le soleil. Elle aurait été fondée par Persée puis plus tard dirigée par la dynastie des Atrides à laquelle appartenait Agamemnon qui prit la tête dans les combats contre Troie. A son retour, comme le raconte Homère et Eschyle, il fut assassiné par Egisthe, l’amant de sa femme Clytemnestre qui voulait ainsi venger la mort de sa fille Iphigénie. Clytemnestre, quant à elle ne resta pas impunie puisque elle fut tuée par son fils Oreste. Les guerres qui s’en suivirent finirent par ruiner la ville et précipitèrent sa disparition. Ce n’est qu’au XIXème siècle, qu’Heinrich Schliemann passionné par la Grèce étudia Homère et Pausanias et ainsi découvrit Mycènes et en 1876, le trésor des Atrides.

Le palais est situé sur l’Acropole et on y entre par la célèbre porte des Lions qui en fait sont des lionnes. Le linteau seul pèse près de 20 tonnes. Du palais, il ne subsiste à présent plus que le plan au sol. A 12 m de profondeur, on peut encore voir la citerne alimentée par la source Perséia qui permettait d’approvisionner la citadelle en eau en cas de siège. Nous nous contentons d’en voir l’entrée car nous n’avons pas de lampe de poche.

A gauche de la porte des Lions, on aperçoit les six tombes royales appelées cercle royal A dans lesquelles Schliemann découvrit le trésor des Atrides.

Un peu plus loin, sur une autre partie du site, le trésor d’Atrée, aussi appelé tombeau d’Agamemnon est l’exemple parfait de l’architecture funéraire mycénienne. On y pénètre par un dromos de 36 m de long taillé dans le roc auquel fait suite une porte monumentale qui s’ouvre sur une coupole d’environ 14,50 m de diamètre sur 13 m de haut. A côté de cette tombe se trouve une petite salle qui devait servir d’ossuaire.

A la sortie du site du Trésor d’Atrée, nous ne rêvons plus que de prendre un bon bain. Nous regagnons rapidement le bord de mer et atteignons le port d’Assos où nous pouvons une fois encore nous baigner aux pieds de Cigalon.

Craignant l’animation du port en début de nuit, nous recherchons en fin d’après-midi vainement une place sur l’une des plages voisines. C’est l’heure de fin de sieste et tous les Grecs sont dans la rue. Quelle galère pour circuler et après être restés coincés une nouvelle fois entre voitures et scooters, nous décidons de monter sur l’Acrocorinthe pour y passer la nuit. La pente est raide mais la montée vaut le coup ! On a une vue plongeante sur tout le golfe de Corinthe qui au fil des heures s’illumine à nos pieds. La forteresse prend une jolie teinte rouge au soleil couchant. De nombreux Grecs y montent jusqu’à tard. La nuit est fraîche et venteuse. Nous serons cinq camping-cars à profiter du site.


Samedi 16 août : Acrocorinthe – Ancienne Corinthe – Canal de Corinthe – Lac de Vouliagmeni = 49kmhaut de page

Nous sommes les premiers à franchir les grilles de l’Acrocorinthe. Il est 8 heures et il ne fait pas encore trop chaud ; heureusement car la montée est fatigante.

L’Acrocorinthe entourée d’une triple muraille compte parmi les plus impressionnantes forteresses naturelles d’Europe. Elle a appartenu tour à tour aux Byzantins, aux Francs, aux Vénitiens et aux Turcs. A chaque invasion, les murailles ont été détruites puis reconstruites sur les fondations originelles. La présence des différents peuples est aussi rappelée par les édifices religieux qui s’y trouvent : une chapelle orthodoxe et deux mosquées.
D’autres ruines sont encore visibles comme cette conduite d’eau.

Du haut, à 574 m, nous voyons à nouveau tout le golfe ainsi que le site de l’ancienne Corinthe qui sera notre prochaine étape après deux heures de promenade à travers la forteresse.

Le site de l’ancienne Corinthe est vaste et très bien conservé bien que l’essentiel des monuments date de l’époque romaine. Riche en sources, le site a été habité dès le IVème siècle. Corinthe était un centre commercial important et on lui attribue la création de nombreuses colonies comme Corfou et Syracuse. Elle attire donc la convoitise romaine. Elle a été rebâtie en 44 avant JC sous Jules César et c’est le début d’une nouvelle et longue période de prospérité. Elle fut choisie par Saint Paul pour répandre ses enseignements.

Le musée abrite de belles statues et des céramiques «à figures noires », procédé des potiers corinthiens. (les motifs sont incisés dans le vernis avant la cuisson puis coloriés en blanc ou noir).

Le temple d’Apollon date du VIème siècle avant JC. Seules sept colonnes ont été relevées mais elles sont impressionnantes.

En contrebas du théâtre, sur l’agora, on distingue encore des vestiges de boutiques, des portiques, la Bêma d’où parlaient les orateurs, des chapiteaux corinthiens …

La fontaine de Pyrène date du IIème siècle après JC. Elle est composée de six arches qui communiquent avec un grand réservoir. L’eau y est acheminée grâce à une canalisation depuis l’Acrocorinthe. Cette fontaine a été utilisée jusqu’au siècle dernier.

Après le repas, nous partons pour le canal de Corinthe, passage obligatoire pour gagner l’Attique si l’on ne veut pas prendre un bac. Peu d’activité en ce début d’après-midi mais l’ouvrage est impressionnant. Il mesure 6 km de long sur 23 m de large. Les marins de l'Antiquité redoutaient de passer au sud du Péloponnèse à cause des nombreux caps rocheux. Aussi, ils préféraient poser leur navire sur des chariots et emprunter une voie pavée : le diolkos. Cette solution n'était vraiment pas pratique et la nécessité de creuser ce canal devient donc très vite une évidence pour beaucoup. L'empereur Néron lança les travaux en 67 après JC avec une pelle en or. Plus de 100 000 prisonniers de guerre creusèrent quelques mètres, mais des interdits religieux (on ne touche pas à la nature) et des difficultés techniques empêchèrent la réalisation de ce projet. C’est une compagnie française qui reprit les travaux en 1882 puis les Grecs les achevèrent en 1883.

L’activité dans le canal est faible lors de notre passage, le soleil rude et les odeurs fortes de goudron nous font fuir bien vite.

Loutraki nous semble bien trop animée et touristique. Nous poursuivons donc vers le petit lac de Vouliagmeni.

L’endroit est superbe et l’eau plus rafraîchissante que la mer. Depuis vendredi la chaleur est plus intense et nous aspirons aux baignades quotidiennes, voire bi-quotidiennes. L’endroit pourrait être parfait s’il y avait des douches … Nous inaugurons donc la douche de Cigalon en nous souvenant des explications de Cécile ! Finalement, c’est bien commode.

Malgré la présence de plusieurs tavernes au bord du lac, la nuit est calme.


Dimanche 17 août : Lac de Vouliagmeni – Cap Héraion (Héraion de Perachora) – Athènes = 103 kmhaut de page

Il fait déjà chaud quand nous partons pour le Cap d’Héraïon quelques kilomètres plus loin. Le site est consacré à la déesse Héra, femme de Zeus. Un Grec, dans un anglais presque impeccable, nous demande si nous avons des âmes pures … condition sine qua non pour pouvoir visiter le site. Naturellement … !

Le site se niche dans une petite crique. Un chemin y mène facilement. Une chapelle, comme nous en voyons si souvent, semble veiller sur les vieilles pierres. Nous en profitons pour prendre quelques photos de l’intérieur et des nombreuses icônes.

A côté, une grande citerne presque intacte permettait d’approvisionner l’endroit en eau. Un peu plus loin, la stoa, le temple d’Héra, réduit à quelques pierres et les ruines de quelques maisons d’habitation de l’époque hellénistique.

La petite crique est de toute beauté et invite à la baignade. Mais nos maillots de bain sont restés dans le camping-car !

A notre retour, le Grec est toujours là et nous échangeons quelques mots sur le site et sur la langue grecque. Nous apprenons ainsi que la langue parlée est une langue simplifiée et que la grammaire grecque est bien plus difficile que la grammaire latine … Mais pour nous, ce n’est pas vraiment une histoire de grammaire qui freine la compréhension de la langue. C’est avant tout une histoire d’écriture. Nos rudiments de grec n’ont guère évolué depuis que nous sommes là bien que nous sachions à présent reconnaître les lettres et déchiffrer certains noms de lieux sur les panneaux routiers.

Le Grec nous apprend aussi que le lac de Vouliagmeni est plus bas que le niveau de la mer, qu’il est très profond, qu’il y a des tourbillons dangereux ayant déjà occasionné des accidents de bateaux et qu’il est relié à la mer par un tout petit isthme de moins de 10 mètres de large.
Comme, il fait déjà chaud, nous nous arrêtons sur la première plage venue et nous prenons, pour moi le premier bain de la journée, pour Gabriel le second déjà. Et toujours pas de douche !

Plutôt que de prendre l’autoroute jusqu’à Athènes, nous longeons la route côtière, belle et peu circulée. Les Grecs sont tous à la plage. C’est ce qu’ils ont de mieux à faire en ce dimanche de canicule. Depuis que nous avons quitté la quatrième mamelle du Péloponnèse, la chaleur ne cesse de croître et nous craignons le pire à Athènes.

Le camping « Athens » se trouve facilement. L’accueil se fait en français. Nous pouvons enfin prendre une douche. Elles vont d’ailleurs se succéder au cours de l’après-midi … à défaut de baignade ! L’endroit est bruyant; le camping est situé en bordure de voie rapide. Notre emplacement est relativement ombragé mais malgré tout le réfrigérateur a du mal à maintenir une température correcte. Il faut dire que nous buvons sans cesse et que les boissons n’ont même plus le temps de refroidir.
La température monte de plus en plus à l’intérieur de Cigalon … 38,8 ° A l’extérieur, il fait un peu meilleur mais l’air est étouffant quand même.

La nuit reste bruyante et chaude. Nous craignons le pire pour notre visite de la capitale.


Lundi 18 août 2003 : Athènes haut de page

Le réveil sonne de bon matin … 5h30 ! Déjà 25° ! Nous voulons profiter de la fraîcheur pour visiter Athènes et éviter une partie des touristes.

Le bus nous conduit place Metaxourgio puis le métro au pied de l’Acropole. Il est 7 h. Pas de chance … ouverture du site à 8h ! Nous en profitons pour regarder Athènes se réveiller à nos pieds et pour nous repérer avant de visiter le restant de la ville.

Mais nous sommes les premiers, une fois encore, à franchir les grilles du rocher sacré !

Le lieu est magique mais en bien mauvais état.

A l’origine, l’Acropole était une forteresse qui permettait de se replier en cas d’invasion. Ce n’est qu’à l’époque archaïque qu’elle devint lieu de culte.

Nous pénétrons sur le site par la porte Beulé puis franchissons les Propylées (438-432) maintenues de toutes parts par des échafaudages. Cette entrée monumentale est réalisée toute en marbre. A droite, il devrait y avoir le temple d’Athéna Niké (415 av JC) mais seul le pyrgos subsiste. Où donc est passé ce petit temple ? Rien ne nous l’indique.

C’est sur cette plateforme qu’Egée attendit le retour de son fils Thésée parti en Crète combattre le Minotaure. Mais Thésée, au lieu de hisser les voiles blanches pour signifier à son père qu’il était vivant se trompa et hissa les voiles noires. Voyant cela, son père le crut mort et se jeta dans le vide.

Le Parthénon ou temple d’Athéna Parthénos apparaît majestueux malgré les travaux en cours. C’est le monument le plus ancien (447-432 av JC) de l’Acropole, construit par Ictinos et décoré par Phidias pour abriter la statue chryséléphantine d’Athéna et garder le trésor de la cité. Par la suite, il a été transformé en église, puis en mosquée avant d’être endommagé lors du siège vénitien de 1687. En 1801, Lord Elgin pille l’ensemble des décorations pour les remettre au British Museum.

Le monument mesure 71 m de long sur 31 m de large. La construction ne respecte pas les normes de l’ordre dorique : huit colonnes en façade et dix-sept sur les côtés. Dans un souci d’esthétique, Ictinos donne à l’édifice une forme légèrement pyramidale et utilise des colonnes d’un diamètre supérieur aux autres pour les colonnes des coins. Cette façon de faire a permis au Parthénon de résister aux différents séismes mais pas aux intempéries et à la pollution. Son plus grand ennemi : le fameux néphos.
Le Parthénon du temps de Périclès était coloré alors qu’aujourd'hui, il nous apparaît bien gris.

L’Erechthéion construit un peu plus tard est dédié à Athéna et à Poséidon-Erechthée et occupe l’endroit où se serait déroulé le combat entre Athénée et Poséidon pour la possession d’Athènes. Devant se départager pour l’obtention de la cité, le dieu de la mer avait fait jaillir une source d’eau de mer alors qu’Athéna avait planté un olivier. Le geste d’Athéna étant plus utile pour la cité, la déesse fut déclarée « vainqueur » par le roi Cécrops. Chaque côté, un portique équilibre le bâtiment. Celui des Cariatides est le plus connu. Ce ne sont que des copies. Quatre des originales sont au musée de l’Acropole, fermé en ce début de matinée. La 5ème est visible au British Muséum, emportée par Lord Elgin.

Lorsque nous quittons le site, les groupes arrivent …Toute la magie disparaît alors !

Au pied de l’Acropole, se situe l’odéon d’Hérode Atticus où se déroule chaque année le festival d’Athènes et tout à côté le petit théâtre de Dionysos où naquit la tragédie et qui est le plus ancien théâtre connu.

La porte Hadrien, qui sépare l’Athènes grecque de l’Athènes romaine, est bien mal au point mais par contre le temple de Zeus Olympien, l’Olympieion, est impressionnant par sa grandeur. Quinze de ses énormes colonnes corinthiennes sont encore dressées. Le début de sa construction remonte en 515 avant JC mais elle n’a été achevée qu’en 132 après JC, sous le règne d’Hadrien.

Nous traversons le quartier du Plaka qui s’anime au fil de la matinée. Les boutiques de souvenirs côtoient les bijouteries et les tavernes.
Difficile de s’orienter dans toutes ces ruelles pour arriver place Syndagma, où doit avoir lieu à 11 heures la relève de la garde devant l’ancien palais érigé aux lendemains de l’indépendance. Au pied de la bâtisse, la tombe du soldat inconnu est gardée jour et nuit par les evzones (soldats à la belle ceinture). La relève est un vrai spectacle. Les soldats jouent leur rôle sans faillir.
Retour à Plaka pour un arrêt "Café Frappé" … le premier de la journée. Cela nous permet de rester un peu à l’ombre et d’observer le va-et-vient incessant des Athéniens. Juste à côté de la terrasse un periptero (un kiosque) où l’on peut acheter de tout. Je recense rapidement un pot de Nivea, deux flacons de shampoing déteints par le soleil, des sticks de colle Uhu, des cigarettes, des stylos Bic, des savons Cadum, des biscuits, des chips, 2 blaireaux, des friandises … et des journaux. C’est aussi le quartier des magasins d’objets religieux et les popes sont nombreux. Quelle que soit la température, ils sont couverts de la tête aux pieds et il n’est pas rare de les voir installés aux terrasses des cafés.

C’est aussi le moment de songer aux cadeaux et à Plaka le pire côtoie le meilleur. Dans une boutique où nous regardons des masques, il n’est même pas nécessaire de marchander. La vendeuse propose d’office un autre prix que celui indiqué sur l’objet… Bizarre …Devant notre hésitation, elle baisse le prix …. Mais nous sommes des « durs à cuire » ….

A Plaka, la plupart des vendeurs parlent très bien le français mais le premier contact se fait systématiquement en anglais. Je prends alors mon air bête … et ça marche. On nous parle en français !

Chapelles et églises sont très nombreuses à Athènes. Au détour de notre chemin, nous rencontrons une curieuse petite chapelle construite sous les arcades d’un grand immeuble moderne. Qui des deux était là en premier ?

A côté de l’agora romaine, fermée, se trouve l’agora grecque où naquit la démocratie. Le monument le mieux conservé du site est sans aucun conteste le Théseion appelé aussi l’Héphasïstéon puisque le temple est dédié à Héphaïstos, dieu du feu. Le monument de style dorique est presque intact. Seules les sculptures du fronton ont disparues. La frise raconte les exploits d’Héraclès et de Thésée.

Le musée du site recèle de nombreuses sculptures et nous procure un peu de fraîcheur.

Juste à côté se trouvent les souks où les objets les plus hétéroclites se côtoient et où les tavernes ont un petit air exotique.

Nous décidons de rejoindre l’arrêt de bus à pied pour profiter au maximum de l’atmosphère athénienne si particulière. Nous faisons un petit détour par le marché central. Impressionnant par la vue mais aussi par l’odeur. La viande s’étale sur les comptoirs sans protection, à la chaleur ; mais curieusement, pas même une mouche … et les côtelettes sont belles.

Nous ne sommes pas pressés de quitter Athènes où finalement, la chaleur est très supportable à condition d’alterner zones de soleil et zones d’ombre et puis de s’arrêter de temps en temps à la terrasse d’un café !

A notre arrivée au camping, nous ressentons à nouveau la chaleur étouffante et dans Cigalon, il fait 37°.


Mardi 19 août 2003 : Athènes – la côte Apollon – Varkiza – le Cap Sounion – Legraina
= 115 kmhaut de page

Nous prenons la route du Cap Sounion mais sortir d’Athènes n’est pas une sinécure surtout quand on ne veut pas prendre l’autoroute !
Finalement, las de tourner en rond avec cette chaleur, nous l’empruntons jusqu’à Koropi puis nous longeons la côte Apollon, la côte préférée des Athéniens. Elle a un petit air de Côte d’Azur mais les plages sont plus accessibles qu’en France. Nous nous arrêtons à la sortie de Varkiza pour notre bain journalier, Cigalon placé face à la plage. Il y a beaucoup de vent et le sable nous assaille dès notre sortie de l’eau. Toujours pas de douche ! L’eau semble beaucoup plus rare que dans le Péloponnèse. Jusqu’à présent, nous avons toujours trouvé des douches sur les plages et des fontaines d’eau potable à l’entrée des villages, voire au bord des routes. Ici rien !

A la sortie de Varkiza, la route monte en corniche et l’on a une merveilleuse vue sur le golfe saronique.
Lorsque nous arrivons au Cap Sounion, il est encore trop tôt. Le coucher de soleil est prévu à 20h 10 seulement. D’ailleurs l’heure de fermeture du site varie tous les jours en fonction du soleil. En attendant, sieste pour l’un, baignade sur la plage de Sounion en contrebas pour l’autre …. Et café frappé pour les deux !

Le Cap Sounion est dominé par le temple de PoséIdon, temple dorique en marbre du Vème siècle avant JC. Quinze colonnes s’élèvent encore. Elles ont la particularité de n’avoir que 16 cannelures alors que la norme est de vingt; ceci pour donner moins de prise au vent car le lieu est très exposé. D’autre part, les colonnes sont plus fines à leur sommet qu’à leur base : leur diamètre est de 0,79 cm au lieu de 1 m. Cela donne l’impression qu’elles sont plus hautes qu’en réalité. Des poètes comme Lamartine, Chateaubriand et Lord Byron ont trouvé là matière à leur sensibilité.

Nous quittons le site après le coucher du soleil et comme le parking n’est pas très plat, nous redescendons au bord de mer pour y passer une nuit tranquille.


Mercredi 20 août 2003 : Legraina – Le Pirée – Monastère d’Hosios Loukas – Delphes
= 302 kmhaut de page

Pour atteindre Delphes, nous reprenons la Côte Apollon jusqu’au Pirée cette fois-ci. Plus nous nous rapprochons de la capitale, plus les chantiers se multiplient. Les Jeux Olympiques de 2004 occupent bien du monde et de l’espace !

Le Pirée est un port très animé où de nombreuses compagnies assurent les traversées maritimes vers les Cyclades et l’Italie. Impossible de se garer et nous poursuivons donc notre route vers Delphes. A la sortie d’Athènes, nous apercevons des familles de réfugiés qui habitent le long de la route, dans des abris de fortune ou tout simplement sur des camionnettes bâchées.

Il n’y a pas beaucoup de possibilités pour relier Delphes. La route nationale qui y mène est très fréquentée par les camions. Nous y voyons notre vrai accident depuis trois semaines … Finalement les Grecs ne roulent quand même pas si mal ! Nous traversons une région maraîchère ; cela rappelle la région de Patras. Là aussi des bidonvilles abritent des saisonniers venus cueillir de pastèques.

Nous nous arrêtons à Hosios Loukas. L’orage gronde au loin ! La petite pluie rafraîchissante escomptée n’arrive pourtant pas !
Ce monastère, dédié à St Luc aurait été construit par un ermite originaire d‘Egine. De style byzantin, il est considéré comme l’un des chefs-d’œuvre de cet art. Hosios Loukas avait la réputation d’être guérisseur et de prédire l’avenir. Le monastère devint alors un lieu de pèlerinage qui, grâce au dons, permit la construction de la première église dès la fin du Xème siècle.

Pour la visite, nous sommes affublés d’une jupe et d’un pantalon …Tout autour de la cour d’entrée se trouvent les cellules des moines. Le réfectoire abrite un petit musée lapidaire où il y a bien peu de choses. Par contre l’église St Luc est un gros bâtiment octogonal surmonté d’une vaste coupole. Si l’extérieur ressemble à beaucoup d’églises byzantines vues depuis notre arrivée en Grèce, l’intérieur est magnifique. De nombreuses mosaïques du XIème siècle ornent murs et plafonds. L’iconostase est en marbre polychrome.

Une toute petite église de la Vierge achevée en 955 est accolée à celle de Saint Luc. L’intérieur a pratiquement perdu toutes ses décorations.

Sous l’église Saint Luc, on accède à une crypte tapissée elle aussi de fresques du XIème siècle. La cour arrière a le charme d’une place de village.

Pour atteindre Delphes, la route longe les pentes du Mont Parnasse et nous traversons la petite localité d’Arachova réputée pour ses tapis de laine. Le mot ski est inscrit sur de nombreuses boutiques. Nous sommes en effet dans l’un des rares villages de sports d’hiver grecs.

A notre arrivée à Delphes, il est trop tard pour visiter le site et nous garons Cigalon sur le parking de manière à être sur place à l’ouverture. Nous en profitons pour faire un petit tour dans le village essentiellement tourné vers le tourisme ! On rencontre ici bien plus de Français qu’ailleurs et dans toutes les boutiques, les Grecs parlent un peu notre langue.

En ouvrant la porte de la penderie, Gabriel fait tomber mon appareil photos. Plus moyen de le refermer et le film précédent commencé à Hosios Loukas est perdu. Nous faisons une réparation de fortune car cette année, je n’ai pas emporté d’autre reflex.

Lorsque nous revenons au parking, Cigalon est encerclé par des camping-cars italiens et le temps de téléphoner, la police arrive à grands coups de klaxons ! Ils distribuent des tracts en plusieurs langues invitant les camping caristes à se rendre sur un terrain de camping. Il ne nous reste plus qu’à trouver une autre place pour la nuit et la recherche se révèle difficile car la nuit est tombée. Finalement après beaucoup de tours et de détours, nous trouvons une place dans une pinède entre mer et route juste avant Galaxidi.
La nuit n’est pas très calme mais depuis Athènes, on est rôdé !


Jeudi 21 août 2003 : Delphes – Galaxini = 43 kmhaut de page

Malgré notre réveil matinal , nous ne serons pas à l’ouverture du site mais ce n’est pas grave car les groupes de touristes ne sont pas encore là ! Il vaut mieux visiter Delphes de bon matin car ce site manque encore plus que les autres d’ombre et la montée jusqu’au stade est raide !

Le sanctuaire fut un des plus importants du monde grec. A l’origine, Gé, déesse de la terre habitait une grotte du Parnasse, gardé par son fils, le serpent Pythos. Elle y rendait des oracles. Apollon tua le serpent puis s’empara de l’oracle. Le sanctuaire pris alors le nom de Delphoi, du nom d’un des attributs d’Apollon, le dauphin.
Mais l’histoire de Delphes commence seulement après la première guerre sacrée lorsque plusieurs tribus s’associèrent pour créer un territoire sacré interdit aux cultures et au pacage des animaux. Cette ligue administrait l’oracle et laissait de côté les rivalités entre tribus. L’oracle devait prendre position dans les conflits qui agitaient le monde grec. Les cités soutenaient Delphes en versant des dons d’où les nombreux trésors comme celui des Athéniens bien mal au point car tout étayé par des échafaudages. Il abritait les trophées pris aux Perses.

Le temple d’Apollon s’élève sur une terrasse réalisée au VIème siècle avant JC pour la construction d’un premier édifice détruit par un séisme. Dans le vestibule du temple étaient gravées les devises des sept sages de la Grèce dont le célèbre «Connais-toi toi-même» de Socrate. Une salle souterraine abritait l’omphalos, le nombril du monde.

Au-dessus, le théâtre du IVème siècle avant JC a été restauré à plusieurs reprises. Il pouvait contenir 5000 spectateurs.

En grimpant un peu, on atteint le stade du IIIème siècle avant JC. Il est en meilleur état que celui d’Olympie et on peut également y voir la ligne de départ et d’arrivée.

Il faut traverser la route et descendre le coteau pour voir le sanctuaire d’Athéna érigé au début du Vème siècle avant JC. Il est aussi appelé aire de Marmaria car il s’élève à l’emplacement des carrières de marbre. Le temple d’Athéna est très endommagé ; juste à côté, on trouve le trésor offert par la ville de Marseille qui a été un comptoir grec ; un peu loin la tholos (bâtiment circulaire) comprenait à l’origine vingt colonnes doriques rondes.

Encore un petit effort qui nous mène au gymnase où l’on peut voir le bassin réservé aux athlètes.

Le musée est en cours de réaménagement. Seule la salle qui expose l’aurige retrouvé presque intact est ouverte. Il faisait partie d’un quadrige en bronze célébrant Polyzarlos, tyran de Gela. La différence de longueur des membres inférieurs par rapport aux membres supérieurs vient du fait que la statue était conçue pour être vue dans son char. L’omphalos est placé dans l’entrée. Elle marquait le centre du monde que l’on imaginait à cette époque comme plate. Selon les anciens, elle indiquait l’endroit où les aigles envoyés par Zeus des deux extrémités de la terre s’étaient rencontrés.

Retour à notre bivouac de la nuit précédente qui se révèle être ombragé en journée ; juste ce qu’il faut pour faire la sieste car il fait chaud.

Un peu plus loin, une petite plage presque déserte nous permet de nous rafraîchir. Et comble du bonheur : une douche ! Elle nous a bien manqué depuis quelques jours.

Lorsque la chaleur est devenue un peu plus supportable, nous poursuivons jusqu’à Galaxini où nous pouvons faire le plein d’eau et la vidange des WC. Malheureusement le stationnement sur le port est interdit entre 19h et 24h. Cela nous aurait bien plu de pouvoir ce soir manger dans l’une des tavernes. On se contente d’un café frappé et on passe la nuit quelques kilomètres plus loin, dans une petite crique déjà occupée par quelques camping cars italiens.


Vendredi 22 août 2003 : Galaxini – Antirio – Rhion - Diafkoto = 143 kmhaut de page

Malgré la présence de l’eau à moins de 3 m du camping car, la température ne chute pas durant la nuit et nos rêves sont bercés par le clapotis des vagues.

Pour rejoindre le Péloponnèse, nous nous dirigeons vers le nord et après avoir traversé Nauphtalion où la circulation est intense en pleine matinée, nous arrivons au port de Rhion. Quatre ferries sont à quai. Il suffit de monter sur l’un d’eux. En une dizaine de minutes, la traversée est effectuée. Nous passons à côté des piles du pont que nous avons aperçues le jour de notre arrivée en Grèce. Il reste encore beaucoup de travail et il n’est pas tout à faire sûr que le pont soit achevé pour les JO.

En débarquant, nous suivons les panneaux Athènes et nous retrouvons devant un péage d’autoroute ! Rien d’indiqué avant …. Nous nous acquittons de la redevance et longeons les 20 premiers kilomètres de cette côte sur une route à trois voies, quelquefois quatre. La vitesse est limitée à 90 km/h… A la première sortie, nous rejoignons Diafkoto et nous installons pour l’après-midi au bord de mer, à l’ombre. Ici, les plages et le fond de mer sont recouverts de galets. C’est bien moins agréable que les plages ouest du Péloponnèse. La mer est un peu agitée … mais il y a des douches sur la plage !

Le convertisseur ayant déclaré forfait le matin même, nous décidons de passer la nuit dans un camping pour pouvoir décharger l’appareil photos et nous servir de l’ordinateur.


Samedi 23 août 2003 : Diafkoto – Méga Spilaio – Kalavrita - Alissos = 182 kmhaut de page

Nuit calme dans un camping sans grand confort. Nous voulons emprunter le petit train à crémaillère qui traverse les gorges de Vouraïkou et relie Diakofto à Kalavrita. Il est hors service depuis le 19 mai. Que cela ne tienne, nous ferons donc le trajet avec Cigalon et le poursuivrons jusqu’à Patras.

La route, pourtant en rouge sur la carte est en mauvais état. Affaissements en tous genres, travaux, revêtement très inégal … bref tout pour faire cahoter Cigalon. Nous retrouvons des vendeurs de miel au bord de la route comme dans la région de Dimitséna. La nature ici est verte. On sent la présence de sources.

Nous nous arrêtons tout d’abord à Méga Spilaio ( la grande grotte ), monastère bien curieux qui s’élève sur sept étages dans la grotte de Chelmos. Cela a plus l’air d’une HLM que d’un monastère ! Les anciens bâtiments ayant disparu dans un incendie, il a été reconstruit en 1934. Nous laissons Cigalon sur le petit parking à l’entrée et gravissons le chemin qui y mène. En arrivant au monastère, nous constatons que les Italiens ont bien moins de scrupules que nous. En effet, quatre camping-cars sont tout bonnement stationnés au pied du monastère !

On rapporte que le monastère a été construit par Théodore et Siméon, deux moines, à l’endroit où en 342, une bergère de sang royal aurait trouvé dans une grotte une icône représentant la Vierge.
Nous visitons un petit musée contenant ce qui a pu être sauvé à travers les temps : costumes grecs civils et religieux, icônes, vieux manuscrits, reliques de saints ( quelques « nonos » que même Osiris n’aurait pas voulu manger ! ).

Le monastère s’appuie directement sur le rocher. Il possède une sortie arrière qui donne sur une source.

Nous poursuivons notre route jusqu’à Kalavryta, à 756 m d’altitude. C’est en hiver, le point de départ vers les pistes de ski du Chelmos. En pleine nature, nous découvrons un avion transformé en boîte de nuit. Kalavryta est une charmante bourgade animée en ce samedi matin. L’église possède deux horloges. L’une est arrêtée à l’heure où les habitants ont été massacrés lors de la dernière guerre.

Après la pause déjeuner, nous décidons de rejoindre la côte près de Patras. Nous serons ainsi revenus au point de départ. La route est abîmée en de nombreux endroits. Elle traverse des paysages plus dénudés que sur l’autre versant.

Après avoir vainement cherché un endroit pour nous baigner et pour passer la nuit, nous nous arrêtons au camping de Kato Alissos. L’accueil est sympathique et se fait dans un français relativement correct. La mer est sale. De nombreuses algues déplacées par le vent flottent au bord et nous renonçons à la baignade. Nous dînons néanmoins au restaurant du camping, sur une terrasse surplombant la mer. A notre retour, nous sommes entourés de jeunes italiens et nous craignons pour le calme de cette nuit. Mais il n’en est rien et nous pouvons dormir sur nos quatre oreilles.


Dimanche 24 août 2003 : Alissos – Elia – Killini = 101 kmhaut de page

Comme c’est dimanche, nous « fuyons » une nouvelle fois vers l’intérieur des terres. Gabriel a repéré sur la carte un site archéologique, Elia, dont le guide bleu ne parle pas. Il est encore en cours de fouille et on peut y pénétrer facilement. En France, il serait grillagé. On a du mal à reconnaître les différents lieux mis à jour. Seul le théâtre est une évidence à cause de sa forme et de sa pente.

Les objets trouvés sur le site sont visibles dans un tout petit musée mais nous nous contentons de déjeuner sur le parking, à l’abri des arbres.

En continuant la route, nous aboutissons à un grand lac artificiel mais la baignade y est impossible et les abords sont jonchés de détritus.

Nous retournons à Kilini, où nous avions passé notre toute première nuit. Il y a beaucoup plus de monde que la fois précédente mais nous retrouvons néanmoins la même place.

La baignade est la bienvenue.

C’est la fête ce soir à Kilini. L’église est toute illuminée et décorée avec des fleurs et des ballons. En Grèce, l’église n’est pas séparée de l’état ; profane et sacré cohabitent aisément. Un peu plus loin, une fête se prépare. Il est difficile de savoir de quoi il s’agit réellement mais d’après les affiches, il y aurait un concert.

Nous décidons donc de revenir après le dîner. A 22h, les Grecs commencent seulement à arriver. Le concert débute finalement à 22h30. Alors que nous tombons de sommeil, les Grecs dînent de souvlakis et se réveillent.

La nuit est aussi calme que la première malgré l’arrivée tardive d’un groupe d’Italiens.


Lundi 25 août 2003 : Killini – Loutra Kilini – Katakolo – Kilini = 133 kmhaut de page

Nous partons pour Loutra Kilini que nous n’avions pas trouvé le premier jour. C’est une ville thermale pratiquement fantôme où les curistes s’enduisent d’une boue très noire dégageant une odeur nauséabonde. La végétation est très « Côte d’Azur » avec ses bananiers. Puis nous nous arrêtons à Katakolo, le port de Pyrgos. L’endroit a dû être très animé le veille mais ce matin, on ne trouve que quelques Grecs attablés aux terrasses des cafés.

A la recherche d’une belle plage, nous suivons, dans la mesure du possible, le bord de mer. Beaucoup de petites maisons de vacances sont construites sur le littoral et il est très difficile de trouver une vraie plage, avec des douches. Mais notre entêtement paie car finalement nous trouvons un endroit merveilleux fait de sable fin. Nous entrons dans l’eau sans ciller tellement l’eau est chaude et nous y restons jusqu’à ce que notre peau commence à tirailler à cause du sel. Dommage que je n’ai pas un thermomètre dans le camping-car car je suis sûre qu’aujourd’hui la température de l’eau avoisinait les 30°.

Nous retournons passer notre dernière nuit à Killini, cette fois-ci directement sur la plage. A côté de nous un camping-car français. De peur qu’un autre véhicule ne s’intercale entre nous pendant la nuit, nous rapprochons un peu plus de notre voisin avant de fermer les écoutilles. Soudain, il met son moteur en marche. Il est presque 23h. Nous attendons qu’il quitte son emplacement mais rien … et nous comprenons qu’il a dû tomber en panne de batterie alors qu’il regardait la TV. Ce n’est pas tant le bruit qui nous dérange mais les odeurs du gasoil qui affluent. Finalement Gabriel se relève, se rhabille et va lui demander gentiment d’arrêter son moteur. On l’a sûrement empêché de regarder son film jusqu’au bout mais tant pis …


Mardi 26 août 2003 : Killini – Patras = 78 kmhaut de page

Ce matin, notre voisin nous regarde de travers. Ca doit être le film interrompu ! Ou alors la fin des vacances pour lui aussi …
Nous quittons Kilini de bon matin pour pouvoir encore faire quelques courses avant l’embarquement. Premier arrêt au bord de la New National Road - il faut bien la prendre une fois ! - pour acheter des fruits dont une pastèque commandée par Virginie. sept kilos de plus dans la soute et encore … c’est une petite ! Second arrêt à l’entrée de Patras dans une grande surface pour faire le plein de spécialités.

Il est un peu plus de 11 h lorsque nous arrivons au port de Patras. Les bureaux d’Aneck Line sont sur le boulevard. Il y a énormément de clandestins qui rôdent. Ils cherchent sûrement à embarquer sur l’un des bateaux en partance pour l’Italie mais la police veille ! C’est pourquoi, nous ne nous attardons pas et regagnons rapidement Cigalon que nous avons garé sur le port. Quelle différence avec Ancône ! Chaque compagnie a sa zone d’appontage réservée. Bien que l’embarquement ne soit prévu qu’à partir de 14h30, nous allons nous positionner devant les cales du Hellenic Spirit … afin d’être parmi les premiers et pouvoir profiter complètement de l’open deck. Nous retrouvons des camping-caristes de la région parisienne qui avaient déjà fait l’aller avec nous. Nous montons effectivement en deuxième sur le ferry et Cigalon se retrouve juste devant les ouvertures. Quelle chance ! Il y a moins de monde qu’à l’aller et nous supposons qu’une majorité de véhicules montera à Igoumenitsa. Nous profitons du peu de monde pour aller à la découverte du ferry… qui ressemble à s’y méprendre à son grand frère. Nous partons avec 20 mn de retard. Il fait déjà nuit lorsque nous arrivons sous l’orage à Igoumenitsa et il y a effectivement beaucoup de véhicules qui embarquent. C’est la fin des vacances aussi pour des Turcs retournés au pays.

La bateau tangue plus qu’à l’aller et il est quasi impossible de laisser les fenêtres ouvertes tant le vent est fort. Nous sommes même obligés de fermer les lanterneaux car il pleut très fort. L’orage en pleine mer est impressionnant.

 

Mercredi 27 août 2003 : Ancône – Suze = 589 kmhaut de page

Nous arrivons avec près d’une heure de retard à Ancône et le débarquement est long, trop long, surtout que nous savons qu’une longue route nous attend.

Nous restons bloqués sur l’autoroute dès la sortie d’Ancône. C’est notre premier bouchon italien mais pas le dernier. La route est longue jusqu’à Suse où nous avons décidé de passer la nuit. Il est près de minuit lorsque nous nous arrêtons sur le parking des bus et passons une nuit courte mais reposante et fraîche.


Jeudi 28 août 2003 : Suze – Annecy ( 212 km )haut de page

La montée du Mont Cenis n’est pas très difficile et les paysages sont très beaux. Au sommet, de nombreux camping-cars ont passé la nuit au milieu des montagnes. Voilà un endroit où il faudra revenir !

Nous atteignons Annecy en fin de matinée sous les premières gouttes de pluie. Nous retrouvons Virginie venue rendre visite à sa grand-mère. La baignade dans le lac n'a pas le charme des baignades grecques !


Vendredi 29 août 2003 : Annecy – Gerstheim ( 443 km )haut de page

Après une nuit passée à Sévrier sous l’orage et les grêlons, nous reprenons la route pour l’Alsace en passant par l’autoroute suisse : amortissement de la vignette oblige !

A notre arrivée à la maison, le compteur marque 38663 km ! Nous venons de parcourir 4900 km.

Les vacances sont terminées.

Nous garderons de la Grèce de merveilleux souvenirs à la fois d’un pays où l’on sait vivre à son rythme, d’un pays qui lie intimement profane et sacré, d’un pays où la nature est encore généreuse. Nous avons eu chaud mais nous découvrons à notre retour que c'était la canicule en France ... et pour nous qui craignions d'avoir trop chaud en Grèce.... nous l'avons échappé belle !