Ardèche Drome Toussaint 2007

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Samedi 27/10/07
Dimanche 28/10/07
Lundi 29/10/07
Mardi 30/10/07
Mercredi 31/10/07
Jeudi 1/11/07
Vendredi 2/11/07
Samedi 3/11/07
Dimanche 4/11/07
Lundi 5/11/07
Mardi 6/11/07

 

 

Ardèche – Drôme Toussaint 2007

 

16h15 ! Départ sur les chapeaux de roue dès que la cloche retentit.
Nos vacances commencent cette année d’une manière un peu particulière. En effet, nous sommes conviés au mariage de Christiane et de Michel et devons être demain à 16 h, dernier délai, au fin fond de l’Ardèche.
Arriver à temps relève presque de la gageure. En effet, Gabriel est bloqué des lombaires depuis pratiquement un mois et les longs trajets lui sont fortement déconseillés.

La circulation dense de ce jour de départ en vacances. Notre première étape nous mène qu’à Coutance pour la halte de la nuit. C’est l’occasion de découvrir une aire que nous ne connaissions pas.

Samedi 27/10/07

 

Nuit calme mais courte ! Il fait maussade mais au fur et à mesure que nous gagnons le sud, la grisaille fait place au soleil. Lors de notre pause déjeuner à Laveyron, il fait beau et chaud. Les derniers kilomètres dans les gorges de l’Eyrieux sont difficiles car la route est étroite et toute en lacets. Heureusement peu de voitures en ce samedi après-midi. Et surtout pas de camions ! Nous arrivons tout juste à Albon et nous n’avons que quelques minutes pour nous mettre en tenue de fête. On n’attend plus que nous pour la cérémonie.

Dimanche 28/10/07 haut de page

 

Heureusement cette nuit nous avons bénéficié d’une heure de sommeil supplémentaire.

Nous sommes dans la haute vallée de l’Eyrieux, l’arrière pays ardéchois, là où le climat est rude en hiver et chaud en été. C’est ici que la comballe, châtaigne blonde et douce aurait vu le jour, il y a à peu près trois siècles. La matinée est consacrée à la visite d’un ancien moulinage : le moulin-vieux.
C’est Paul, l’un des sept fils de Philémon qui nous y reçoit. Il est en train de laver les tonneaux pour la nouvelle récolte de raisin. Malgré son âge, il est encore bien vaillant et le poids des barriques ne lui fait pas peur. Il ne se lasse pas de nous raconter sa vie ici. Le moulin-vieux n’est plus occupé. C’est son grand-père Philémon qui l’a acheté à ses cousins à la place d’une usine à la Sauzée. Mais la soie lui importait peu et c’est en faisant le maquignon qu’il a gagné sa vie. C’est d’ailleurs ici qu’il est enterré, sur une terrasse derrière la maison. Du moulinage, il ne reste que peu de choses : le pigeonnier - le magasin de papiers, comme dit Paul - a servi de bureau ; le bâtiment long, ancien magasin à soie a été transformé en étable surmontée de la remise à foin. La maison d’habitation sert à présent à entreposer toutes sortes d’objets hétéroclites. Seule l’imposante cheminée rappelle l’utilisation originelle des lieux. A la cave, quelques tonneaux contiennent le vin de l’année. Paul sort une bouteille pour que nous puissions y goûter. Pas vraiment un grand cru ! Face au moulin-vieux, une petite butte. C’est la grotte qui servait de frigo. On y entreposait le beurre pour le conserver durant les périodes chaudes.
Les sept frères ne sont plus que cinq à présent. Deux d’entre eux ainsi que la seule fille de la famille sont morts. Ils vivent au rythme des saisons, fournissant chaque jour le travail que leur réclame la terre malgré leur grand âge. Chacun a une tâche bien définie selon ses goûts. Ici la terre est exploitée de manière traditionnelle. Dans le temps, ils allaient se louer jusque dans la Drôme pour les travaux saisonniers mais à présent trop âgés, ils ne quittent plus guère la ferme des Combeaux. La cueillette des châtaignes, la tuade du cochon, l’entretien des béalières, la fenaison rythment leurs vieux jours…
Notre après-midi est consacrée au ramassage des châtaignes. Rien de comparable avec les nôtres. Ici, nous pouvons choisir les fruits en les ramassant. Ils sont gros, dodus ! Osiris apprécie un peu moins cette activité car le sol est jonché de bogues bien piquantes pour ses coussinets.
Pendant ce temps là, les autres invités sont partis visiter la ferme des Combeaux mais elle est inaccessible pour Cigalon. Que cela ne tienne, nous restons donc sur place et profitons pour nous reposer avant de faire un petit tour dans ce village d’un peu plus de 150 habitants. Nous sommes ici dans l’Ardèche profonde, rurale. Un seul commerce qui propose de tout et un bar occupé par quelques habitués.

Lundi 29/10/07 haut de page

 

Nuit à nouveau très calme.

Il est beaucoup plus dur de quitter Albon que d’y entrer. La circulation dans la vallée de l’Eyrieux est également plus difficile que samedi car les camions occupent une bonne partie de l’étroite chaussée. Nous nous arrêtons en route pour acheter le livre de Sylvette Béraud-Williams et Sylvie Crolard L’Arbre aux sept vies qui retrace la vie des sept fils de Philémon.
A Privas, nous découvrons une aire de service gratuite et toute neuve. C’est parfait pour les vidanges ; par contre pour déjeuner, nous préférons le champ de mars plus plat. Petite visite de la ville après le repas.
L’hôtel de Ville avec son beffroi est un curieux bâtiment datant de 1940. La place de la République a été longtemps la place la plus importante de Privas. Au fond se dresse la tour de Diane de Poitiers.
Avant de quitter l’Ardèche, nous nous arrêtons chez Clément Faugier, spécialiste du marron. Une petite exposition permet de voir différents objets qui étaient utilisés pour récolter ou transformer le marron d’Ardèche.
L’étape du jour s’arrête, comme prévu, à Entrechaux dans le Vaucluse où nous avons prévu de dîner et de passer la nuit.


Mardi 30/10/07
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Réveil grisâtre et venteux. Le mistral n’a pas faibli durant la nuit.
Notre première visite est Vaison la Romaine car j’ai besoin de vérifier certains détails pour notre voyage scolaire en Provence 2008.
A Vaison, le mardi, c’est jour de marché et le stationnement est difficile. Premier arrêt à l’OT pour l’achat d’un livre puis montée à la ville haute, dominée par les ruines du château. Pour y accéder, nous franchissons le pont gallo-romain Ier siècle de notre ère qui a résisté à toutes les crues de l’Ouvèze, y compris celle de 1992, dont le souvenir est resté dans toutes les mémoires car aussi soudaine que meurtrière. On entre dans la ville médiévale par le beffroi surmonté d’un beau campanile en fer forgé. Hôtels particuliers, placettes ombragées, calades pentues, rues pavées avec les galets de l’Ouvèze ponctuent la montée vers le château féodal. Mais le mistral ne faiblit pas et nous glace. Nous nous arrêtons sur l’esplanade de la cathédrale d’où la vue plonge sur une partie de Vaison, ville nouvelle. Au fil de la promenade, nous découvrons aussi une exposition de photos « des pierres et des hommes » collées sur et dans les pierres des bâtiments.
Retour au marché pour quelques emplettes de produits locaux : olives et tapenade.
Le soleil pointe son nez alors que nous déjeunons mais le mistral ne faiblit pas.
Nous arrêtons à la poterie du Crestet avant de prendre la route pour Rémuzat. C’est ici que nous logerons durant notre voyage scolaire et j’aime toujours visiter les lieux avant pour éviter toute mauvaise surprise.

Les gorges de l’Eygue sont de toute beauté et la route est suffisamment large. Rien de comparable avec les gorges de l’Eyrieux du WE dernier !

Nous passons la nuit au bord de l’Oule, sous le rocher du Caire.

 

Mercredi 31/10/07 haut de page

 

Soleil radieux au réveil sous la falaise d’où s’envolent des vautours. Gabriel les aurait bien confondus avec des aigles ! Il est inutile de sortir du camping-car ; nous pouvons les observer à travers le héki tout en déjeunant. Dommage que les jumelles soient restées à la maison !

Une petite balade nous rapproche du pied de la falaise. A l’abri du vent, il fait chaud. La végétation est magnifique. Les couleurs automnales ravissent nos yeux. Au fur et à mesure de notre montée, Rémuzat sort de la grisaille. Nous sommes presque en novembre et les rayons du soleil très bas et à l’oblique forment de longues traînées d’ombre. Pas facile pour les photos. A partir de St May, la culture de l’olivier laisse la place à celle de l’abricot et du coing. L’olive ne pousse plus au-dessus de 400 mètres. Dans la descente, nous nous arrêtons à la chapelle St Michel, seul bâtiment restant de l’église paroissiale du premier village de Rémuzat qui s’était construit à flanc de montagne pour se protéger de l’ennemi. Quand les époques ont été plus sûres, le village a franchi la rivière. .

Petit arrêt à l’OT puis rapide tour dans le village pour prendre quelques photos.

A Villeperdrix, nous recherchons en vain une voie romaine. Mais à part des vignes et des champs d’oliviers, je n’aperçois aucune trace de pierres romaines. Certaines olives sont pratiquement à maturité. La couleur de l’olive dépend simplement de la période de récolte. La cueillette s’effectue de novembre à février.

Nous nous arrêtons sur l’aire de service de Nyons déjà occupée par quelques camping-cars. Le système de paiement ne fonctionne pas. L’après-midi est d’abord consacrée à la visite de la dernière scourtinerie de France. L’entrée est gratuite pour les particuliers.

L’entreprise est née en 1882 pour fabriquer des scourtins en fibres de coco, filtres circulaires utilisés dans les moulins à huile pour l'extraction de l'huile d'olive et du vin.
C’est un procédé mis au point en 1882 par M Fert qui après de nombreux tests a découvert que la fibre de noix de coco, par sa résistance et ses caractéristiques correspondait parfaitement pour cette tâche : imputrescible et résistante mécaniquement.
Aujourd’hui et depuis le catastrophique gel de 1956 qui a mis à mal la plupart des oliviers de la région de Nyons, l’atelier s’est reconverti dans la fabrication de paillassons et de dessous de plats. On ne peut fabriquer que des objets ronds ou ovales mesurant entre 25 cm et 3,50 m. Malheureusement les photos sont interdites.

Nyons est la capitale de l’olive noire, la tanche. Cette variété bénéficie depuis 1994 d’une AOC pour l’olive de table et l’huile. Une cinquantaine de communes portent cette appellation dont une trentaine situées dans la Drôme, les autres dans le Vaucluse. Pour faire de l’huile, l’olive triée, lavée et broyée est réduite en pâte et pressée à travers des scourtins pendant une bonne demi-heure.
Après la visite de la scourtinerie, nous flânons avec plaisir dans les ruelles de Nyons que nous connaissons bien.
Petite montée vers la tour Randonne, visible de tous les quartiers de Nyons.
Elle a été construite vers 1280 par la Baronne de Montauban. Cet édifice de style médiéval servait à la fois de donjon et de prison militaire au château. Rachetée par l'abbé Francou, elle a été reconvertie en chapelle. Une statue de la Vierge de 3,50m surmonte une curieuse pyramide de trois étages d'arcades à quatre faces. L'édifice, rebaptisé « Notre-Dame de Bon-Secours », a été inauguré en 1863 par l'évêque de Valence.
Avant de revenir au camping-car, nous allons à la recherche d’une poêle à châtaignes pour faire cuire celles ramassées en Ardèche. Nous finissons par en découvrir une dans une quincaillerie.

Des marrons chauds dans un camping-car ! Quelle aventure !!! Les marrons sont délicieux mais il ne faut pas avoir les narines trop fines comme moi car l’expérience se révèle très vite très odorante et les relents de fumée très tenaces ! Si nous avions passé la soirée autour d’un feu de camp, cela n’aurait pas été pire ….

Jeudi 1/11/07 haut de page

Le jeudi, c’est jour de marché à Nyons. C’est l’un de nos préférés et malgré les touristes, il reste encore très authentique. Il s’agit aujourd’hui de faire provision d’huile d’olive goûteuse, d’olives variées, de tapenades colorées et de fougasses authentiques. Bref rien que du classique mais qui fait le charme de la Provence. Nous finissons nos achats par une pogne, brioche parfumée à la fleur d’oranger et par un pain au coing, coing entier cuit enfermé dans une pâte à brioche. Il nous semble que le marché est moins fréquenté en ce jour de Toussaint qu’au printemps.

Après le repas, nous décidons de descendre vers le Vaucluse, à Pernes-les Fontaines, ville qui ne compte pas moins de 40 fontaines. Sur la route qui relie Vaison à Malaucène, les vignes ont revêtu leur robe fauve. Au loin, le Mont Ventoux émerge dans les rayons du soleil.

Pernes a été capitale du Comtat Venaissin au XIIème siècle. De cette période noble, la ville conserve de beaux hôtels, des maisons bourgeoises et des fontaines ! On y pénètre par l’une des trois portes fortifiées.

La porte Villeneuve de 1550 est flanquée de deux tours avec mâchicoulis et un chemin de ronde.

A l’hôtel de Vichet, on fabrique encore les 15 millions d’hosties destinées aux paroisses françaises.

Nous poursuivons notre visite par une montée vers la tour de l’horloge surmontée d’un joli campanile d’où l’on a une vue sur Pernes et sur tout le comtat au soleil couchant. Le Mont Ventoux est toujours visible. La tour de l’horloge est en fait le donjon du château construit par les comtes de Toulouse au XIIIème siècle et presque complètement détruit deux siècles plus tard. Quant à la tour de l’horloge, elle a servi de prison jusqu’au XVIIIème siècle. La montée est rude, la descente encore plus car les marches sont d’une taille démesurée.

A la recherche de la fontaine du Cormoran, nous suivons le filet d’eau de la Nesque pour aboutir à la porte fortifiée, Notre Dame. Une des piles du pont qui franchit la Nesque porte la minuscule chapelle de Notre Dame des Grâces.

Nous finissons la journée à St Didier, pays de la cerise.

Vendredi 2/11/07 haut de page

 

Nuit calme, juste interrompue par l’arrêt du chauffage. Comme toujours la nuit !

Après un petit tour dans le village recelant quelques vieilles maisons, nous nous arrêtons au Beaucet à 3 km de là. Les constructions en pierre sont accrochées à flanc de rocher. Une rue fortement pentue nous mène au château en ruines et en cours de restauration. Nous regagnons le parking par le chemin de ronde dont il subsiste encore une petite partie.

Nous déjeunons avant d’aller visiter Venasque, classé « un des plus beaux villages de France ». Son accès est difficile pour un camping-car. Nous voilà donc partis à pied. Premier arrêt à l’église Notre Dame de style roman. Une seule nef avec des chapelles latérales dont l’une abrite un tableau étonnant de la crucifixion sur lequel le Christ agonisant ne regarde pas sa mère mais Marie-Madeleine en position centrale. Ce tableau avait été entreposé de longues années sur la tribune et c’est l’abbé Saurel, rendant visite à son neveu qui le repère et le fait restaurer. A la fin de cette res-tauration, le Louvre n’a pas voulu rendre l’œuvre et ce n’est qu’avec l’intervention d’un député que le tableau a été restitué à Venasque.
Le village s’étage le long du rocher. Il était entouré d’épais murs dont certains subsistent sur le dessus du plateau. De là, belle vue sur la vallée de Carpentras et sur le Mont Ventoux.

Sur le chemin qui nous mène à Isle sur Sorgue, nous nous arrêtons, peu après, à la Roque sur Pernes devant une borie du XVIIIème siècle, répertoriée comme la plus grande : 16 mètres de long pour 6,60 mètres de large. Elle est composée de trois pièces. L’écroulement d’une partie permet de voir la technique de construction utilisée : empilage de pierres plates puis fermeture par des lauzes pour former la toiture. La construction des bories n’est que le résultat de la nécessité d’épierrer les champs avant de les cultiver. Les cabanes servaient alors de remise pour les outils, de greniers, de bergerie ou même de maison d’habitation.

Après avoir traversé la garrigue, nous arrivons à Isle sur Sorgue tant de fois traversée mais jamais visitée. C’est le village des antiquaires mais ce n’est pas cet aspect qui nous intéresse. Le stationnement n’est pas facile !
Construite sur pilotis, l’Isle sur Sorgue a un petit air de Venise Comtadine. Nous récupérons un plan à l’OT afin de suivre le circuit des roues à aube. Huit d’entre elles sont encore en fonctionnement alors que dans le temps, il y en avait plus d’une quarantaine qui faisaient tourner des moulins à papier.
Nous en trouvons sept sur les huit. La dernière nous résiste mais la nuit commence à tomber. C’est l’inconvénient des vacances en cette saison. Les journées sont courtes et le soleil bas.

Nous nous arrêtons sur l’aire de service de Fontaine de Vaucluse bien occupée comme d’habitude. Stationnement payant mais aucun service possible.

Samedi 3/11/07 haut de page

 

Beau temps ce matin et il fait moins froid car le mistral est tombé. Même si nous avons déjà vu de nombreuses fois la fontaine, nous allons quand même vérifier la hauteur de l’eau. Il faut descendre bas pour la trouver. Depuis le mois d’octobre, la hauteur de la Sorgue est dans le négatif. Moins 1,20 mètre sur le sorgomètre ! Des plongeurs sont en train de fixer un nouveau niveau zéro. Ils ont revêtu leur tenue de plongée car l’eau affiche toute l’année une température de 12 à 13 degrés. Elle est d’un vert profond et malgré le niveau très bas, la Sorgette continue à couler.

Après le repas, nous poursuivons notre route jusqu’à Oppède le Vieux dans le Lubéron. Impossible de s’y arrêter car le chemin pour accéder aux restanques transformées en parking est trop pentu pour notre porte-à-faux. Dommage car Oppède est un village plein de charme que nous avons visité avec Cigalon I.

Nous poursuivons donc notre route jusqu’à Ménerbe, village classé ayant inspiré Peter Mayle dans son œuvre une Année en Provence.
Un parking à l’entrée nous accueille. Encore un village tout en pente ! Il est souvent comparé à un vieux navire de pierre posé sur un promontoire escarpé. Nous grimpons vers l’église qui domine le bourg à travers des calades bordées de belles maisons de maître. Seul endroit plat : la place de la mairie où est situé l’ancien hospice municipal du 19ème siècle devenu tout récemment le siège du musée de la truffe. Le maire de Ménerbe n’est autre que Yves Rousset-Rouard le producteur des Bronzés, d’Emmanuelle... . D’ailleurs Ménerbe a toujours abrité des gens célèbres. Le castelet a été la résidence de Nicolas de Staël alors que Picasso a acheté la citadelle à Mara comme cadeau de rupture avant de récupérer la propriété et de s’y installer lui-même. L’église de style provençal est fermée tout comme le cimetière attenant. De l’esplanade, on a une vue magnifique sur la vallée et sur le Mont Ventoux.
Comme il est encore trop tôt pour s’arrêter, nous continuons notre route jusqu’à un autre village suspendu, Bonnieux. Le temps de trouver un endroit pour stationner et nous filons vers l’OT qui ferme à 18h en cette saison.

Dimanche 4/11/07 haut de page

 

Réveil sous un soleil radieux. C’est à peine croyable un ciel si bleu un début de novembre ! Tout d’abord, nous grimpons sur la terrasse dominée par l’ancienne église. De là, panorama sur les vignes colorées. La terrasse est ombragée par des cèdres du Liban. Au loin, toujours la silhouette du Mont Ventoux. Nous dévalons les 86 marches qui mènent à l’ancienne mairie qui s’appelle curieusement « hôtel Deville ». De calades en ruelles, nous aboutissons à l’OT. Certaines maisons sont très bien restaurées, souvent par des Allemands, Suisses, Anglais, voire Australiens. Les nombreuses fontaines de Bonnieux sont en mauvais état et à sec. N’ayant pas été entretenues, elles sont hors d’usage alors qu’il y a 50 ans à peine le village n’avait pas l’eau courante et c’est un seul puits fonctionnant avec des godets qui répartissaient l’eau pour tous les habitants.
Petit détour par le musée de la boulangerie mais les chiens n’y sont pas acceptés. Tant pis … nous poursuivons notre chemin !

Nous reprenons la route pour un autre village perché : Lacoste situé juste en face de Bonnieux. Le château apparaît au loin comme une vieille carcasse, ouverte à tous les vents. Nous arrivons sur les coups de midi et le village est totalement désert malgré le grand beau temps. Un seul restaurant est ouvert où nous goûtons des spécialités régionales.

Lacoste est le village du marquis de Sade qui y a passé une partie de sa vie lorsqu’il n’était pas en prison.

Aujourd’hui son château, devenu propriété de Pierre Cardin, est bien délabré malgré les restaurations entreprises depuis quelques années par le grand couturier.

Après le repas, nous entreprenons la montée vers le château à travers calades et ruelles pavées. Quelques bâtiments sont occupés par l’académie Savannah d’art et de design. Sur l’esplanade du château, nous découvrons une exposition de statues originales sur le thème des doigts. Les statues en treillis métalliques recouvertes d’un enduit blanc brillent au soleil.

Nous quittons le Lubéron pour la Drôme avec un arrêt technique sur l’aire de Carpentras. A Isle sur Sorgue nous repérons l’aire de service fermée seulement après quelques mois de fonctionnement. Quel gâchis ! Un beau parking occupé par deux voitures alors que c’est la foire annuelle des antiquités et que les camping-cars sont obligés de stationner en bordure de route.

Nous nous arrêtons à Gigondas pour faire l’appoint de notre cave. Vénus que nous avions adoptée l’espace de nos vacances en 2005 traîne à nouveau sur la place. Son maître s’en occupe toujours aussi peu !
Malgré qu’il y ait deux autres camping-cars garés sur la place derrière la poste, nous décidons de ne pas y passer la nuit. Des jeunes pétaradant à mobylette laissent présager une nuit bruyante.

Nous gagnons alors, par les petites routes du vignoble, entraînés par July, Nyons où nous retrouvons notre place.

Lundi 5/11/07 haut de page

 

Nuit toujours aussi paisible et beau soleil au réveil. Par contre, le vent est revenu.

Nous nous arrêtons au musée de l’olivier mais il est fermé le lundi matin. Pourtant le prospectus mentionne le contraire … C’est ça aussi le charme du sud !

Nous poursuivons jusqu’à Taulignan et son musée-atelier de la soie.
Le musée, installé dans l’ancienne église du village, présente sur deux niveaux les différentes étapes de la fabrication de la soie : sériciculture, filature, moulinage, tissage.

La sériciculture est l’élevage du ver à soie. La soie a été importée de Chine dès le XVème siècle. En France, en 1540, le roi accorde le monopole de la production de soie à la ville de Lyon et celle-ci devient au XVIème siècle la capitale européenne de la soie. La sériciculture perdure jusqu'à la Première Guerre mondiale après avoir dû faire face à plusieurs épidémies.

La visite commence par l’élevage du ver à soie qui se faisait à la maison. Les larves ou graines de bombyx doivent incuber pendant une quinzaine de jours à une température progressivement ramenée à 20° dans des incubateurs ou tout simplement dans de petits sacs de toile que les femmes portaient sur elles. Lorsque les graines éclosent, elles donnent naissance à une chenille qui après cinq mues successives va s’enfermer dans un cocon après avoir cessé toute alimentation et s’être perchée en hauteur. Le ver grandit vite car il mange beaucoup. On le nourrit deux fois par jour de feuilles de mûrier. Pour former son cocon, il va durant 2/3 jours secréter de la soie dont il va s’entourer. Lorsqu’on laisse faire la nature, le ver se transforme en chrysalide avant de percer le cocon et de s’envoler. Pour l’industrie de la soie, les éleveurs tuent la chrysalide afin de récupérer le cocon entier.
On immerge le cocon dans de l’eau chaude pour faire fondre la colle puis le fil est dévidé et filé avec d’autres fils pour qu’il soit plus solide.
Dans le Drôme, les nombreux moulins à eau permettaient de bobiner le fil. Le tissage, étape ultime, s’effectuait à Lyon.

Un diaporama présente plus clairement l’industrie de la soie à Taulignan où David Armandy est à l’origine des orphelinats industriels. De jeunes orphelines étaient employées 10 heures par jour au travail de la soie. Payées environ 20 francs par mois, elles en reversaient environ 18 pour leur entretien. Pendant leur temps de libre, elles avaient le droit de confectionner leur trousseau.

Après le repas, nous faisons le tour de la cité médiévale. Faire le tour est bien le terme adéquat car le bourg fortifié est entouré d’une enceinte circulaire dans la-quelle s’insèrent les habitations. Les remparts datent du XIVème siècle et ont conservé par endroits leurs onze tours, leurs mâchicoulis, courtines et chemin de ronde. L’église St Vincent, construite au XVème siècle sur un ancien prieuré a été remaniée plusieurs fois. Elle abrite dans une chapelle latérale les tombes des seigneurs du lieu. Le cœur de l’un d’eux est exposé dans une boite en plomb. Juste à côté, on trouve un ossuaire composé d’une rigole fermée par une ou plusieurs pierres généralement amovibles ce qui permettait de rajouter des os.

Après la visite de Taulignan, nous reprenons la route jusqu’à Sainte-Croix afin d’acheter de la clairette bio. Notre journée se termine à Crest.

Mardi 6/11/07 haut de page

Le vent a soufflé toute la nuit et à 8h20, nous avons la surprise d’entendre frapper à la porte. C’est une «encaisseuse» …3,41euros la nuitée depuis le 1er octobre ! Ce n’est stipulé nulle part et le parking sert à tout le monde : voitures, camionnettes, voire camions. Seuls les camping-cars doivent payer ! Heureusement que la pogne du petit déjeuner fait passer la pilule.

Même si le ciel est bleu, la température a chuté. Nous sentons que nous revenons vers le nord. Crest est une petite ville qui n’a pas vraiment de charme, surtout comparée aux sites visités durant la semaine écoulée. Petit tour au marché avant de grimper courageusement jusqu’au pied de la tour la plus haute de France avec ses 52 mètres. Malheureusement, elle n’est visitable que les après-midis. Les ruelles pavées qui y mènent sont très pentues et de son pied, aucune vue sur la ville. Ce n’est que dans la descente que Crest se révèle peu à peu. Nous aboutissons à l’église dont la façade a un air grec à cause de ses colonnes doriques et son fronton triangulaire.

Retour au camping-car pour reprendre la route vers l’Alsace avec un arrêt pour la nuit à Villard les Dombes. Les vacances sont terminées.

 

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